Le gouvernement veut enterrer l’Alsace

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26/09/2014 – 07H00 Strasbourg (Breizh-info.com) – Lors de la discussion en première lecture du projet de loi relatif à la délimitation des régions, les députés alsaciens de droite ont vaillamment combattu l’idée saugrenue défendue par le gouvernement tendant à constituer une méga région Alsace, Champagne-Ardennes et Lorraine. Un machin dans lequel la personnalité alsacienne serait noyée. Notons qu’à cette occasion, un axe Alsace-Bretagne s’est constitué puisque Marc Le Fur (UMP) les a soutenus avec ardeur. Malheureusement, la majorité socialiste a imposé cette bizarrerie qui figure dans l’article 1er du projet de loi adopté le mercredi 23 juillet.

Mercredi 27 août, Philippe Richert (UMP), président du conseil régional d’Alsace, a relancé le projet de « Conseil d’Alsace », réalisant la fusion entre la région et les deux départements qui la composent. Le projet avait été rejeté lors d’un référendum en avril 2013, faute de quorum suffisant et en raison de considérations très politiques, mais il avait l’aval de nombreux élus locaux. Philippe Richeux veut transformer le texte en amendement au projet de loi relatif à la délimitation des régions lorsqu’il arrivera en deuxième lecture.

Tout aussi original, le projet du président alsacien visant à créer « un mouvement politique régional qui sortirait des clivages habituels » (Les Echos, 28 août 2014). On peut s’étonner que la droite alsacienne n’y ait pas songé depuis longtemps. L’exemple allemand avait pourtant tout pour l’inspirer : la droite démocrate-chrétienne possède son parti (CDU) et la branche bavaroise le sien (CSU).

Vaguement affilié à l’UMP et à l’UDI, un parti alsacien pourrait jouer le rapport de force et le parti charnière – comme les radicaux de gauche à l’Assemblée nationale et au Sénat. Ce qui lui permettrait de tirer les marrons du feu. Et, en ces temps difficiles, la chose n’aurait pas de prix pour les « vrais » régions dont les intérêts ne sont défendues ni par l’UMP-Vaugirard, ni par le PS-Solférino.

Lorsque les députés alsaciens prennent la parole au Palais-Bourbon pour plaider la cause de leur patrie, non seulement ils sont noyés parmi les 577, mais encore ils ont droit aux ricanement des députés socialistes les plus jacobins. Lesquels ne voient que des avantages à la constitution du machin « Alsace, Lorraine, Champagne-Ardennes ».

Mais tout ne semble pas perdu pour les Alsaciens. On laisse entendre en effet qu’un deal pourrait être envisagé lors de la discussion du projet de loi en deuxième lecture au Sénat en octobre. Après les élections du 28 septembre, la droite (UMP et UDI) y sera majoritaire. Grâce à une bonne négociation, l’Alsace retrouverait son « indépendance » tandis que la droite (UMP et UDI), tout en rejetant le texte, ne compliqueraient pas la vie du gouvernement en ne se lançant pas dans une guérilla parlementaire destinée à faire traîner les débats.

En effet, il est nécessaire que la loi soit bouclée pour la fin novembre (vote définitif et examen par le Conseil constitutionnel) car les élections régionales sont prévues en décembre 2015. Et un délai d’un an est nécessaire entre l’adoption et l’élection.

Photo : DR
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Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine. 

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2 Commentaires

  1. Les limites des entités administratives ne sont pas à l’origine du délitement des cultures régionales. Elles ne sont pas non plus ce qui constitue l’essentiel de l’identité des communautés régionales ou locales (en 1950, avant la création des régions administratives, la Bretagne avait une forte personnalité qui était liée au nombre important de locuteurs du breton, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui). L’abandon des langues bretonne et alsacienne n’a aucun lien avec les régions administratives. L’affirmation récurrente des régionalistes selon laquelle les pouvoirs publics sont les responsables principaux de la mort des cultures et langues locales n’est pas pertinente. Elle permet, en reportant la faute sur l »’Etat Jacobin », d’avoir bonne conscience à bon compte mais elle déresponsabilise. Nous, Bretons, sommes collectivement responsables du déperissement de la langue bretonne et de ce fait, de ce qui constituait l’essentiel de notre identité.
    En 1950, le gallois et le breton étaient dans une situation identique; ces deux langues soeurs étaient considérées comme étant en danger de mort. Les Gallois ont relevé le défi parce qu’ils tenaient vraiment à leur langue nationale (ce que n’ont fait ni les Irlandais, ni les Ecossais qui ont abandonné le gaélique); cette langue est considérée aujourd’hui comme étant hors de danger, contrairement au breton qui est plus que jamais à l’article de la mort. Le pouvoir londonien n’a pourtant rien fait pour aider les Gallois lesquels n’ont compté que sur eux-mêmes. Quand un peuple ne veut plus faire l’effort de parler une langue, cette langue est morte (le cas irlandais est pathétique; malgré les moyens importants mis en oeuvre par l’Etat irlandais depuis 1922, le gaélique est devenu une langue très confidentielle réservée à l’usage familial dans quelques paroisses des gaeltacht).
    Nous en sommes réduits à faire des limites d’une entité administrative la marque principale (sinon unique) de la spécificité de la Bretagne (ou de l’Alsace…), ce qui en dit long sur la vacuité de cette spécificité. Il est vrai qu’on parle d’autant plus d’identité que celle-ci a disparu; c’est une constante universelle.

  2. Découpages et tripatouillages électoraux… Ça fait trente ans que ça dure; il ne faut pas s’étonner !
    Tant que les élus ne seront pas issus d’une vraie proportionnelle, ça continuera à tourner en rond dans le panier de crabes.

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