Les Alsaciens ont manifesté samedi pour ne pas disparaître

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13/10/2014 – 08H00 Strasbourg (Breizh-info.com) – Parmi les monstres dont l’Assemblée nationale a accouché le mercredi 23 juillet, l’un s’appelle Alsace, Champagne-Ardennes et Lorraine ». C’est ce que prévoit l’article 1er du projet de loi relatif à la délimitation des régions. Autant dire que les élus alsaciens, sont vent debout contre cette construction bizarroïde. Ce mariage forcé, ils ne veulent pas en entendre parler.

Pour contrer ces vents mauvais, Philippe Richert (UMP), président du conseil régional d’Alsace, a ressuscité le Conseil d’Alsace, ce projet de fusion entre la région et les deux départements qui la composent. Le projet avait été rejeté lors d’un référendum local en avril 2013, faute de quorum suffisant et en raison de considérations très politiques, mais il avait l’aval de nombreux élus locaux. Philippe Richert veut transformer ce texte en amendement au projet de loi relatif à la délimitation des régions.

Pour mener cette bataille contre « la grande région à 3 », il mise sur le soutien des élus locaux. Les trois assemblées, régionales et départementales seront consultées sur le projet de Conseil d’Alsace et Philippe Richert souhaite créer « un mouvement politique régional qui sortirait des clivages habituels ». 

Mais la révolte a également un volet populaire puisqu’une manifestation s’est tenue à Strasbourg samedi 11 octobre afin de protester contre l’enterrement de l’Alsace rassemblant entre 10000 et 20 000 personnes. Pour l’occasion, Philippe Richert avait annoncé que les personnes prévoyant de manifester pourraient bénéficier d’un tarif préférentiel dans les TER (5€ quelle que soit le lieu de départ) « afin de permettre à tous les Alsaciens qui le souhaitent de se joindre au mouvement de protestation », selon le communiqué du Conseil régional.

Les Alsaciens sont donc parvenus à rassembler et à mobiliser en nombre. Si toutes les régions hostiles au découpage Hollande-Valls se mettaient à manifester, la fin de l’année pourrait être sportive …

Photo :  breizh-info.com
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4 Commentaires

  1. Passons sur le fait de voir un parti politique utiliser l’argent public pour une campagne publicitaire qui défend d’abord ses intérêts immédiats : il y a là un abus évident de pouvoir de la part de M. Richert – avec un mensuel régional passe très mal les boîtes aux lettres en cette période de restrictions budgétaires.
    Pour le reste, il est clair que le mariage forcé, avec la lorraine ou la champagne est réellement rejeté par la majorité des alsaciens. Le calcul de Paris est évident : l’Alsace a toujours été une région riche, et a toujours payé la solidarité nationale plein pot – égalité oblige. Il faut donc créer un « pôle » ou une région pourra tirer sur une autre. Ce schéma est d’ailleurs déjà présent quelque part, avec Strasbourg qui centralise beaucoup trop de services au dépend des entreprises haut-rhinoises. Avec Mulhouse qui tire la langue d’un côté et Colmar mieux lotie de l’autre, l’Alsace à deux vitesses est malheureusement déjà une triste réalité. La base du problème reste évidemment l’égoïsme humain, et l’incapacité de l’état à gérer correctement le denier public, avec en toile de fond un parti incapable de gérer ses propres fonds de campagne – il est quand même utile de le rappeler ici.

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