Saint-Aignan-de-Grandlieu. Eric Cabanas, invité d’honneur du 22ème Salon d’art

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22/10/2014 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – Jusqu’au 2 novembre, 29 peintres et sculpteurs exposent  leurs œuvres au Salon d’art qui se tient  à Saint-Aignan-de-Grandlieu (Loire-Atlantique). Invité d’honneur pour cette 22ème édition, le journaliste et peintre nantais Eric Cabanas.

Les peintres qui se sont consacrés à Nantes ne sont pas très nombreux. On peut citer Grandjouan, Laboureur mais la ville n’occupe pas une place centrale dans leur œuvre. Ce qui n’est pas le cas de René Pinard (disparu en 1938), graveur d’exception à la hauteur des plus grands et dont Jean-Armand Brégeon (1908-1977) fut un des plus justes élèves. Puis rien, ou presque, avant Eric Cabanas qui revient à Nantes avec un dessin d’architecte, presque technique, d’une minutie totale qui s’épanouit sur des surfaces blanches renforçant l’irréelle matérialité de son art, pour risquer cet oxymore.

Le « Nantes » de Cabanas nous renvoie à une histoire proche. C’est la mise en scène d’un patrimoine, vieux de plusieurs siècles, inséré et même, par endroits, noyé dans un magma urbain en pleine effervescence. La « forme d’une ville » pour reprendre l’expression de Julien Gracq, fait désormais coexister le pire et le meilleur, s’entrechoquer le palais de Justice de Jean Nouvel et le petit hôtel particulier du XIXème siècle, à sa droite, juste conservé… la tour Bretagne, toujours aussi pataude et la basilique Saint-Nicolas, chef d’œuvre du néo-gothique. Cabanas aime les grues, les « Titans » et les autres. Il saisit la ville en mutation, sans s’occuper de ce qui est laid, beau ; l’incongru, le disparate le stimulent. Tout cela trouve forme et même sens pour s’inscrire dans un futur qui est déjà le nôtre.

Si l’art figuratif est à l’honneur avec Eric Cabanas, « les inconditionnels de l’abstraction lyrique et les amateurs de narratif trouveront dans ce salon, parmi les 29 artistes et les 120 oeuvres exposées, de quoi satisfaire leur goût et leur curiosité artistiques », souligne Pierre Péran, adjoint au maire de Saint-Aignan, dans sa préface de la plaquette de présentation.

sur les routes
Béatrice Fortin. Des toiles hautes en couleur

Parmi les artistes présents, les œuvres de Béatrice Fortin, artiste angevine et ancienne élève d’Andrew Painter attirent l’attention. Hautes en couleurs, ses toiles rappellent les années soixante en Grande Bretagne, notamment « En Route Pour Les Vacances ». Les bagages posés sur le toit d’une coccinelle Volkswagen semblent avoir vu du pays. Une femme, en arrière plan, est allongée, endormie. Sa robe se mêle aux collines de manière chamarrée. Une ambiance qui rappelle le film « Yellow Submarine » des Beatles, notamment la séquence de « Lucy In The Sky With Diamonds ». Béatrice Fortin invite à l’imaginaire, « La Belle Du Carroussel » atteint le même psychédélisme.

Marie L'Houtellier. Le visage peint de cette vieille femme inspire une mystérieuse confiance dans son regard.
Marie L’Houtellier. Le visage peint de cette vieille femme inspire une mystérieuse confiance dans son regard.

Dans un autre univers, Marie L’Houtellier, de Saint-Hilaire-De-Clisson. Ce qui frappe en premier, c’est le visage peint de cette vieille femme, qui inspire une mystérieuse confiance dans son regard. C’est un tableau dans l’esprit école hollandaise, mettant l’accent sur l’ombre et la lumière. Fantomatiques, les toiles évoquent des portraits fondant vers les rebords du support, comme si la peinture suintait encore. Ses visages expressifs de détresse («Sans Titre I») ou de dureté («Sans Titre II») sont à la fois déconcertants et reposants, voire spectraux.

Les toiles d’Amélie Vogel, par une multiplicité de matière, de reflets et de reliefs contrastés, construisent une nouvelle poésie dans le rapport que nous entretenons avec notre environnement. Un univers qui n’est pas sans rappeler certains artistes de l’école futuriste. On songe en particulier à l’architecte italien Sant’Elia. Superbe.

Le visiteur sera invité à voter pour un artiste pour décerner le Prix du Public. Les œuvres sont proposées à la vente, l’organisation tenant à disposition le catalogue. «Notre salon a pour ambition de soutenir et de populariser un art majeur, parfois confisqué par des élites, que chacun est en mesure d’apprécier à l’aune de sa propre sensibilité», tient à rappeler Pierre Péran. Le visiteur ne peut que s’en féliciter.

Nicolas Migné

Salle de L’Herronière à Saint-Aignan-De-Grandlieu. Du 17 octobre au 2 novembre, de 15 h à 18 h en semaine et de 14 h à 18 h le week-end. Remise des prix du jury le vendredi 17 octobre à 18 h 30. Remise des prix du public le dimanche 2 novembre, à 18 h. Entrée libre.

Photos : Breizh-info.com
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