Ebola : l’Armée française en première ligne

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05/11/2014 ‑ 07H00 Afrique (Breizh-info.com) – Alors qu’Ebola vient d’atteindre le Mali, la mobilisation internationale continue pour tenter de contenir l’épidémie qui a déjà touché plus de 10.000 personnes et fait de l’ordre de 5.000 morts, pour les seuls cas connus.

Le 25 octobre, Ebola a touché le Mali – une jeune fille venue de Guinée est morte à Kayes dans l’ouest du pays. Les autorités maliennes ont placé en quarantaine une cinquantaine de personnes dont 10 à Bamako, la capitale, dans l’espoir d’endiguer la maladie, ce qui pour l’heure paraît réussi.

Cependant, l’arrivée d’Ebola au Mali met en lumière une nouvelle cible : l’armée française. Présente au Mali, mais aussi dans toute l’Afrique de l’Ouest et appelée à protéger des installations françaises de lutte contre l’épidémie, l’armée française sera directement soumise au risque de contagion… sans pouvoir s’y soustraire comme le peuvent les personnels navigants d’Air France. Mais à la différence des derniers, personne ne pense à nos militaires.

Qui pourtant pourraient protéger l’hôpital de la Croix Rouge au coeur de l’épidémie, en Guinée – même si l’installation d’un hôpital de campagne complet annoncée par François Hollande a été abandonnée sous la double pression du manque de moyens français et de réticences guinéennes à voir l’ancienne puissance coloniale débarquer à nouveau.
En Guinée justement l’épidémie a amorcé une légère décrue ; cependant la Croix Rouge et d’autres organisations demandent de ne pas relâcher l’effort et font état d’une zone grise entre Sierra Leone et Liberia où l’épidémie fait rage, mais l’accès aux malades est plus que difficile, entre insécurité, réticences des familles ou des tribus et peur de l’appareil médical occidental.
480 signalements mais aucun cas en France
Et pendant ce temps en France les signalements affluent – dans un relatif silence médiatique. Une autocensure collective justifiée par le combien pratique prétexte de ne pas affoler outre mesure les citoyens. Sur les 480 signalements reçus, 17 étaient possibles mais aucun cas n’a été avéré, du moins officiellement. Près de 40% des signalements proviennent d’Ile de France, 13% du Nord-Pas-de-Calais, 10% en Pays de Loire et autant en Midi-Pyrénées.
La France a par ailleurs décidé d’étendre les contrôles aux ports qui sont aussi des points d’entrée potentiels de l’épidémie sur le territoire. En Bretagne, cela pourrait concerner Brest et Saint-Nazaire-Montoir qui peuvent recevoir des navires du monde entier.
Enfin l’expulsion des étrangers en situation irrégulière (ILE) vers la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone est suspendue jusqu’à nouvel ordre depuis le 13 octobre. Conséquence logique : les avocats et les associations spécialisées pourront demander (et obtenir) la libération des étrangers concernés dans les centres de rétention administratifs et autres locaux de garde à vue. Et ce, tant que l’épidémie n’est pas achevée – moment auquel la consigne du ministère, basée sur une habitude officieuse de ne pas expulser des étrangers vers des pays où sévissent des épidémies ou des guerres civiles, ne sera pas rapportée.
Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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