17/11/2014 – 09H00 Guimgamp (Breizh-info.com) – A en croire le Canard Enchaîné (12/11/14) les habitants de Guingamp ont perdu une bonne occasion de payer l’eau nettement moins cher qu’aujourd’hui. Le renouvellement du contrat de distribution et d’assainissement aurait été aussi trouble qu’un fond de fosse septique.

Tout d’abord, un audit avait démontré que la mise en place d’une régie publique coûterait moins cher qu’une gestion publique déléguée. « Trop compliqué » pour les élus. Ensuite, le 26 octobre, au moment du vote par Guingamp communauté (PS) , le rapport d’un cabinet d’expert indiquait que parmi les quatre propositions reçues de la part de la Lyonnaise des Eaux, titulaire du contrat, la Saur, Veolia et la Nantaise des Eaux, il fallait privilégier la dernière, la mieux-disant en termes de prix et de qualité, avec une économie de 4.30 millions d’euros sur la durée du contrat. La Nantaise des eaux, comme son nom ne l’indique pas, est une filiale depuis 2009 d’un groupe alleman , Gelsenwasser. La société est basée à Sainte-Luce sur Loire (Loire-Atlantique) depuis sa création en 1953.

Et pourtant, c’est la Lyonnaise qui va être choisie, pour huit nouvelles années, car elle a su se montrer plus convaincante. D’abord en faisant planer le licenciement des 22 salariés qu’elle emploie – même si la loi rend obligatoire l’embauche par le nouveau prestataire des salariés affectés à un service précis (par exemple le ménage d’une gare ou d’une entreprise, ou, dans le cas présent la gestion des infrastructures de distribution et d’assainissement de l’eau). Ensuite, en se trouvant un bon avocat – en l’espèce une élue qui s’est employée à démontrer que l’avantage financier de la proposition de la Nantaise n’était qu’un trompe l’oeil. Pourquoi tant de zèle? Peut-être, comme le fait remarquer le Télégramme, car elle a été des années durant comptable au sein de la Lyonnaise des Eaux. Enfin parce que la Lyonnaise a aussi menacé de quitter la ZI de Guingamp, délocalisant 70 emplois.

Des arguments que rejette en bloc la Nantaise, qui a décidé d’attaquer la délibération en référé  et espère un nouveau vote favorable cette fois dans deux semaines. L’entreprise a déjà eu une autre mésaventure en Bretagne – à Quimper cette fois – où elle s’était retrouvée face à une « offre anormalement basse » émise par la SAUR. Sans que le juge administratif ne trouve rien à y redire. Deux illustrations parfaites du verrouillage quasi-parfait par la Saur, Veolia et Suez de l’assainissement en France, où le capitalisme de connivence et l’illusion d’un marché libre règnent en maîtres.

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1 COMMENTAIRE

  1. J’ai été elu a Digne-les-Bains a un moment où nous avons fait le choix de passer d’une gestion déléguée de l’eau a une régie Ca a été une des plus grande réussite de ce mandat puisque le service à été largement amélioré sans conséquence sur l’emploi des salariés du délégataire et surtout tous les bénéfices sont réinjectés desormais dans l’entretien des réseaux Evidemment c’est un peu plus compliqué que de confier cette prestation à un tiers mais le jeu en vaut largement la chandelle et la il s’agit d’oeuvrer pour le bien des populations et de la collectivité

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