Nombreuses sont les bandes dessinées sur l’imaginaire arthurien. La série intitulée Merlin, même si elle s’écarte de la légende christianisée par Chrétien de Troyes, fait partie des réussites. Explorant la jeunesse de Merlin et d’Arthur, elle conte la lutte entre les anciens dieux celtiques et la nouvelle religion chrétienne.

Le premier cycle (10 tomes) de cette série raconte la jeunesse de Merlin. Au début du Moyen-âge, le christianisme s’étend en Bretagne insulaire. Mais la déesse celte Ahès veut retrouver sa place dans le cœur des hommes. Pour ne pas tomber dans l’oubli, elle ordonne la naissance d’un messie, fruit d’une union entre la vierge Maëlle et Elaüm, un esprit des airs. Nommé Merlin, celui-ci est instruit par sa mère et un prêtre, anciennement druide, du nom de Blaise. Durant sa jeunesse, Merlin apprend de Blaise le druidisme, mais aussi la religion chrétienne, ce qui déplait à Ahès. Craignant une traîtrise de la part du prêtre, Ahès décide de s’occuper elle-même de l’éducation de Merlin. Puis elle crée une gigantesque armée et envahit les terres chrétiennes. Son objectif est de détruire Avalon, terre autrefois druidique mais qui se christianise. Pendant ce temps, le chevalier Brendann est toujours à la recherche de la sainte coupe, le Graal qui fut déposé par Joseph d’Arimathie sur l’ile d’Avalon. Le roi chrétien Constantin lance à son tour son armée afin de protéger les dames d’Avalon. Puis Merlin trahit Ahès. Mais celle-ci mène une campagne sanglante contre les tenants de la nouvelle religion, Constantin et les dames d’Avalon, l’endroit où se trouve le Graal…

Le tome 11 entame un nouveau cycle consacré au règne d’Arthur. Livrée aux invasions des Saxons, des Pictes et des Scots, la Bretagne a besoin d’un roi unificateur. Merlin a tout préparé, aidé en particulier par Viviane, la Dame d’Avalon. Les principaux chefs de guerre de Bretagne sont présents autour d’un rocher où est plantée l’épée Excalibur. Ceux-ci tentent de retirer l’épée mais échouent. Même le seigneur Urien n’y arrive pas. Mais contre toute attente, à la demande de Merlin, le jeune Arthur sort Excalibur du rocher ! Merlin annonce qu’il est l’élu, fils de dame Ygraine et du roi Uther Pendragon.

Scénariste, dessinateur et directeur des collections Soleil Celtic, Jean-Luc Istin s’est spécialisé dans l’adaptation en bandes dessinées des légendes celtiques.

Dans la série Merlin, il mêle astucieusement l’imaginaire arthurien (Merlin, le roi Arthur, la quête du Graal…), les légendes bretonnes (la ville d’Ys) et l’univers de Tolkien.

Istin explique ainsi l’origine du projet : « ma première idée était de raconter la genèse du personnage, son initiation par le père Blaise et la déesse Ahès. Ce Merlin peut aussi se percevoir comme une dualité entre mon côté païen et mon éducation chrétienne ». Istin réinvente donc le personnage de Merlin pour en faire un être ambitieux assoiffé de pouvoir. Au début défenseur des anciens dieux païens, Merlin transmet l’épée Excalibur à Arthur qui défendra la religion chrétienne.

merlin planche

Istin a créé tout un univers de bandes dessinées autour de la légende arthurienne. L’histoire de Merlin comprend également la série Merlin, le prophète (4 tomes), qui fait le pont entre les deux cycles. Indépendamment de la série Merlin, il a également scénarisé les séries La quête de l’épée (5 tomes), Lancelot (4 tomes) ainsi qu’Excalibur chroniques (3 tomes).

Le dessin fin et expressif d’Eric Lambert est superbe. Il fait bien transparaître la psychologie des protagonistes au travers de leurs traits. Les décors naturels sont particulièrement soignés. La colorisation de Sandrine Cordurié et de Digikore Studios est également une réussite.

Merlin, t. 11, Le Roi Arthur, 13,95 euros, Editions Soleil.

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