L’interview choc d’Eric Zemmour dans la revue Eléments

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04/02/2015 – 07H30 Paris (Breizh-info.com) – Aujourd’hui Eléments est l’une des plus anciennes revues d’idées d’expression française – elle paraît sans interruption depuis près de 40 ans. Cette revue s’est donnée pour objectif, selon ses propres termes, «d’interroger, numéro après numéro, l’histoire et les arts, de mettre en perspective les recherches scientifiques et les travaux des philosophes, d’analyser les mouvements d’idées et d’offrir une tribune à tous ceux dont le travail contribue à identifier, raffermir et faire croître les racines d’un futur européen qui est notre passion commune.»

Dans sa dernière livraison (numéro 154 – Janvier/Mars 2015), dont on conseillera vivement la lecture à tous ceux qui s’intéressent au mouvement des idées, on pourra lire, outre les rubriques habituelles, un remarquable article d’Alain de Benoist consacré « au grand bouleversement contemporain des idées », un article de Fabrice Valclérieux consacré au philosophe Michel Onfray, un autre de Pierre Bérard (« L’Ukraine, la Russie, l’Occident et le destin de l’Europe »), un très bel interview de l’écrivain breton Philippe Le Guillou et enfin la réponse de Charles Robin à Charles de Négroni concernant la notion de « décence commune » (Georges Orwell).

Zemmour : « Marx a fait une analyse brillantissime et prophétique du capitalisme » 

Mais c’est bien sûr l’exceptionnel interview qu’Eric Zemmour a accordé à Alain de Benoist qui retient l’attention. A des années lumières de la superficialité de ceux réalisés par les journalistes des médias du Système, celui publié par Eléments va au fonds des choses.

Ainsi, par exemple, quand l’auteur du Suicide français affirme : « Marx a fait une analyse brillantissime et prophétique du capitalisme, qui se mondialise et qui détruit toutes les structures traditionnelles en se déployant. Il n’y a rien à enlever. Comme tous les lettrés de cette époque, Marx avait de surcroît le sens du style et de la formule quand il dénonçait les « eaux glacées du calcul égoïste ». Il ne faut pas faire l’impasse sur Charles Maurras. Il est intéressant en tant que critique de son temps, de la Troisième République, aboulique, ingouvernée et ingouvernable. Le général de Gaulle lui doit énormément, notamment son analyse de la France seule, qui marque à mon sens  la dernière partie de son mandat présidentiel. Effectivement, les enjeux d’aujourd’hui renvoient davantage à Marx qu’à Maurras, même si la question de la souveraineté nationale reste essentielle, mais dans un contexte radicalement différent. Le clivage droite-gauche s’étant littéralement évaporé au contact de la mondialisation, nous revenons au clivage de la place et du balcon, qui était celui des petites cités et des villes italiennes avant l’instauration du clivage droite-gauche issu de la Révolution française. La nouveauté, c’est que les citoyens qui occupent la place ne peuvent en aucun cas prétendre accéder au balcon. Le dit  balcon étant désormais à

Warren Buffet.

Warren Buffet. Le milliardaire américain pense avoir gagné la nouvelle lutte des classes

New-York, Singapour ou Shanghai. Comme le milliardaire américain Warren Buffet a eu la franchise de le dire, je pense que nous sommes en train de vivre une nouvelle lutte des classes, car évidemment elle existe bel et bien, et les riches sont en train de la gagner. La situation est d’autant plus alarmante que la France cumule une lutte des classes économique avec une lutte ethnique sur son sol. Cette division géographique entre immigrés de fraîche date, immigrés plus anciens et Français de souche est la conséquence d’une séparation culturelle, voire civilisationnelle à l’intérieur de nos frontières. Les deux conflits s’imbriquent et le rendent explosif ».

Lutte de classes et lutte ethnique 

Cette analyse est extrêmement importante parce qu’elle inscrit la problématique actuelle dans une perspective inattendue, celle d’une lutte ethnique doublée d’une lutte des classes dans laquelle s’affrontent la « Nouvelle Classe » mondiale et les peuples qu’elle domine économiquement et politiquement. Cette «Nouvelle Classe» qui martyrise les peuples a renoncé à toute nationalité et à toute appartenance ; elle est devenue étrangère aux peuples dont ses membres sont issus. Notons que la lutte ethnique est une conséquence de l’immigration de masse qui est organisée par la «Nouvelle Classe» (pour faire baisser les salaires et pour satisfaire son idéologie du métissage). Lutte ethnique et lutte des classes sont donc de ce fait intimement liées ; c’est ce que Mélenchon et ses épigones ne veulent pas comprendre, tout comme les « libéraux-conservateurs » d’ailleurs. Ces derniers ne voient que la lutte ethnique tandis que Mélenchon ne voit que la lutte de classes. Seul le discours du Front national est perçu par les électeurs comme intégrant le fait que ces deux luttes vont de pair, ce qui explique sans doute la raison de son succès.

Vous avez dit droitisation ? 

 Pour les médias de l’oligarchie la « zemmourisation des esprits » est l’autre nom de la « droitisation » de notre pays. Le problème c’est que le concept de « droite » est aujourd’hui synonyme de « droite libérale » et que le libéralisme n’est pas seulement de droite mais aussi de gauche. Comme l’a bien montré Michéa, le libéralisme de « droite » et le libéralisme de « gauche » sont complémentaires et indissociables (de ce point de vue, les médias de « gauche » et les  « libéraux-conservateurs » commettent la même erreur en voyant une opposition droite/gauche là où il n’y a qu’une continuité libérale).

Ce n’est pas à une « droitisation » que nous assistons mais à une sécession à l’égard des élites oligarchiques libérales auxquelles une grande majorité des peuples européens reprochent à la fois l’inféodation aux puissances d’argent et une politique de destruction de leurs cadres culturels de vie traditionnels. Comme l’a bien exprimé le philosophe Vincent Coussedière, le populisme du peuple (qui est souvent très différent de celui des partis dits populistes) est fondamentalement une réaction visant à la conservation de la sociabilité et de la culture populaires lesquelles sont menacées par la politique menée par l’oligarchie libérale mondialisée en même temps que sont menacés les salaires, les emplois et les systèmes de protection sociale sur fond d’insécurité culturelle laquelle est une conséquence de l’immigration.

L’obsolescence du clivage droite/gauche est de plus en plus évidente et Eric Zemmour a raison de penser que nous allons assister à la cristallisation d’un bloc libéral UMPS qui fera face au Front National (c’est la dernière solution dont les libéraux disposent pour se maintenir provisoirement au pouvoir). Cette évolution très probable concrétisera la nouvelle ligne de fracture idéologique qui sépare les patriotes (ceux qui pensent l’humanité en termes de différences et d’enracinement) des mondialistes (ceux qui la pensent en termes d’unification généralisée et de nomadisme). Cette ligne de fracture traverse les sociétés européennes mais elle sépare aussi, au plan géopolitique, les états patriotes (Chine, Inde, Russie…) des états mondialistes (l’Occident inféodé aux Etats-Unis) et constitue le clivage essentiel du XXIème siècle lequel prend une tournure très conflictuelle en Ukraine.

La défaite idéologique de la gauche

Cambadélis. Pour le Premier secrétaire du PS, la gauche a perdu la bataille des idées

Cambadélis. Pour le Premier secrétaire du PS, la gauche a perdu la bataille des idées

 Il est devenu évident pour une part croissante des élites de gauche que cette dernière a perdu le combat idéologique ; ainsi Jean-Christophe Cambadélis a dit que la gauche avait perdu ce combat depuis déjà dix ans ! Ce qu’il convient de préciser c’est qu’elle a perdu ce combat non pas parce que la droite ou les populistes l’auraient gagné mais parce que il est devenu évident pour une majorité de Français que le discours de la gauche est totalement déconnecté du réel et que son idéologie s’oppose profondément à ses intérêts et à ses valeurs. D’une façon générale, la droite n’a pas produit grand-chose au plan intellectuel depuis soixante ans ; la « droite libérale » s’est rapprochée naturellement de ses cousins libéraux libertaires de gauche (au grand dam des « libéraux-conservateurs » qui perdent pied) et les populistes n’ont rien produit de très consistant dans le domaine des idées (c’est leur très grande faiblesse).

La dénonciation, par les populistes, des maux liés à l’immigration et aux errements libéraux de l’Union Européenne fait mouche, tout particulièrement chez les ouvriers et employés qui sont les perdants de la « mondialisation heureuse » ; mais il ne peut pas y avoir de victoire politique durable sans victoire décisive au plan culturel/philosophique et là, tout reste à faire ; au-delà des péripéties électorales, l’affirmation d’un nouveau corpus philosophique et culturel qui devra se substituer à celui des élites soixante-huitardes est une nécessité absolue. Eléments, qui est en première ligne depuis plus de quarante ans, occupe une place de choix au sein du mouvement de contestation de l’ordre libéral/libertaire.

Bruno Guillard

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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2 réponses à “L’interview choc d’Eric Zemmour dans la revue Eléments”

  1. […] article L’interview choc d’Eric Zemmour dans la revue Eléments est apparu en premier sur Breizh-info.com, Actualité, Bretagne, information, […]

  2. Gilles helger dit :

    Une seule erreur mais de taille croire que l’UMP et le PS sont libéraux ou que les libéraux sont au pouvoir chez nous en France pays au plus haut point d’étatisme!

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