St Brieuc. Adsav, le parti du peuple breton, tiendra son congrès le 28 février prochain. [interview]

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19/02/2015 – 20H00 St-Brieuc  (Breizh-info.com) ‑ Depuis que les Bonnets rouges se sont réveillés en Bretagne, Adsav !, le parti du peuple Breton, semble avoir retrouvé une certaine vigueur qu’il avait perdu depuis quelques années.

L’implication d’Adsav dans le collectif opposé au projet de construction d’une mosquée à Quimper ainsi que les affiches que l’on voit fleurir dans les Côtes d’Armor ou en Loire-Atlantique sont là pour témoigner de ce renouveau. «Renouveau national » sera d’ailleurs le thème du prochain congrès organisé par le parti indépendantiste breton, le samedi 28 février prochain, près de St-Brieuc.

Pour faire le point sur le congrès, ainsi que sur ce « renouveau », nous avons interrogé Ronan Le Gall, président et porte-parole d’Adsav.

adsav - copie

Breizh-info.com : Fondé au début des années 2000, Adsav! organise un congrès le 28 février prochain intitulé « renouveau national » . Quel en sera la thématique principale, ainsi que les invités ?

Ronan Le Gall : La thématique principale sera bien évidemment axée autour de l’indépendance de la Bretagne. Nous allons aborder différents sujets et notamment revenir sur l’espoir déçu des Bonnets rouges mais également sur la liberté d’expression et la liberté de la presse ou encore l’engagement des jeunes en politique, l’Europe. Enfin, nous aborderons certaines questions économiques avec des artisans qui viendront témoigner des difficultés actuelles rencontrées et nous achèverons ce congrès par la présentation des élections Bretonnes de 2016 suivi d’un banquet .
Une délégation du Voorpost ( NDLR : mouvement nationaliste flamand) sera présente ainsi qu’une délégation corse.

Breizh-info.com : Où en est votre parti Adsav, qui semblait avoir disparu de la scène politique bretonne ? Que répondez vous aux détracteurs qui vous qualifient de groupuscule ?

Ronan Le Gall :  Adsav est en pleine restructuration depuis mars dernier. Nous avons effectivement été moins présents ces dernières années et l’on peut expliquer cela par un non renouvellement de militants plus jeunes mais également par la concurrence de nouvelles formations en Bretagne comme les Identitaires, ou à l’époque Jeune Bretagne. Pourtant, suites à une récente demande de jeunes à la recherche de leur vraie identité, désirant s’investir dans le combat nationaliste, sous-entendu l’émancipation de notre Nation, il a été décidé de reformer un bureau politique avec ces nouveaux adhérents.

Aux détracteurs nous répondrons qu’en à peine un an nous avons pu constater dans la presse et les médias d’état que nous étions passés de groupuscule à petit parti politique, un changement sans équivoque.La place d’Adsav dans le paysage politique Breton n’est plus un sujet de débat. Nous nous considérons donc pleinement comme un parti, et le seul réellement indépendantiste qui plus est.

Breizh-info.com : Vous parlez de renouveau. Dans le concret, qu’est ce qui va évoluer au sein dAdsav ? Pensez-vous peser sur les prochaines échéances électorales en Bretagne ?

Ronan Le Gall :  Nous parlons de renouveau car aujourd’hui en Europe parler d’indépendantisme n’est plus un sujet tabou. Les sondages nous prouvent que c’est un sujet porteur qui peut intéresser les gens si nous savons les gagner à notre cause. Concrètement cela veut dire que le gros du travail doit être tourné vers la communication mais également la ré-information. Une majorité de Bretons, même s’ils sont les plus attachés d’Europe à leur identité, ne connaissent par leur Histoire. La politique mise en place par la France depuis les années 70 met tout en œuvre pour annihiler cette identité.

D’abord en s’attaquant à notre langue, mais aussi en ne prenant toujours pas en compte l’avis majoritaire des Bretons en faveur de la réunification. Les Bretons doivent savoir que nous sommes différents de nos voisins, par notre culture, notre langue mais aussi par notre identité.

Notre restructuration intervient trop tard pour pouvoir présenter des candidats à ces élections , de surcroit nous avons rencontré quelques soucis administratifs. Nous nous imposerons néanmoins sur la scène politique bretonne.

L’objectif principal d’Adsav ! sera d’ailleurs de pouvoir présenter un maximum de candidats sur tout le territoire Breton aux prochaines élections départementales en 2021. Cela nous laisse 6 années pour nous implanter dans le paysage politique Breton pour travailler afin de rendre sa liberté et son pouvoir de décision au peuple Breton.

 Breizh-info.com : Pourriez vous résumer les grands axes que défend Adsav en 2015 ? Quelles sont vos propositions phares ? La position indépendantiste est souvent incomprise du grand public. Pouvez vous la définir ?

Ronan Le Gall :   Adsav ! se veut le défenseur de l’identité Bretonne. Cela sous-entend la défense de nos valeurs Bretonnes et Européennes, de notre Histoire mais aussi de notre langue. Adsav proposera donc très prochainement à ses adhérents la possibilité d’apprendre le Breton par correspondance. Le projet sera présenté au congrès.
Nous n’avons pas de « propositions phares » mais un ensemble de 210 propositions présentées dans notre programme qui touche à tous les domaines de la vie de la cité.

Quant à l’indépendantisme, c’est un sujet plus que d’actualité en Europe en ce moment. Nos voisins Ecossais ont malheureusement « raté le coche » mais cela démontre qu’un débat sur ce sujet devient possible.

Concrètement qu’est-ce que l’indépendance pourrait nous apporter ? Le pouvoir d’enfin décider localement et donc plus démocratiquement de notre destin. Des pays comme l’Islande ou la Suisse ont certainement une autre conception de la démocratie que nos voisins Français. Ce sont de petits pays et cela ne les empêchent pas de bien vivre leur indépendance.
L’important dans tout cela est aussi la notion de communauté que peut apporter l’indépendance. Resserrer les liens entre des gens qui partagent un même territoire, une même Histoire et une même langue, laisser de nouveau la nature reprendre ses droits. Ensemble, autour d’une même culture nous ne serons que plus forts.

N’importe qui aujourd’hui peut être Français, cela n’implique plus aucune notion d’identité, mais simplement de posséder des papiers administratifs. Redevenir indépendant permettrait donc aux Bretons de pouvoir décider en commun de ce qui est bon on non pour eux. Puisque Paris n’a jamais su nous écouter, il est grand de rendre la parole à la Bretagne !

 Breizh-info.com :  Quel bilan tirez vous de l’état de la Bretagne d’aujourd’hui ? De la France ? De l’Europe ?

Ronan Le Gall :  Consternant… Ce n’est plus un secret pour personne aujourd’hui s’intéressant un tant soit peu à notre Histoire. Depuis son annexion par la France les richesses de la Bretagne n’ont cessé d’être pillées et depuis l’Europe, Bruxelles a pris le pas sur Paris. Ce qui fait qu’aujourd’hui la Bretagne subie et paie pour des décisions prises loin de chez elle, et des décisions qui ne tiennent aucunement compte des intérêts locaux.

Nous  sombrons ainsi comme les autres dans la crise économique. A moins que la France ne crée 10 millions d’emplois et ne rembourse 2 000 milliards de dettes dans les 10 prochaines années nous ne voyons pas comment l’avenir pourrait s’embellir. Si nous rajoutons à ces problèmes économiques des problèmes d’ordres communautaires, religieux et de sécurité, l’addition est salée … Seules des solutions fermes et radicales pourront ramener le calme et la sérénité en Europe.

Tout cela passe par une refonte complète de notre système politique. Les décisions ne doivent plus être l’affaire d’une minorité mais de la majorité, c’est l’essence même de la démocratie. Avoir le droit de s’exprimer sur des sujets qui nous concernent tous ne doit pas être seulement le privilège de certains. Nous pourrions citer la Suisse en exemple, ce pays où chacun à eu l’opportunité de voter sur l’immigration, sur les minarets, sur le salaire minimum …

Il est sans doute plus simple d’organiser des votations à l’échelle de petits pays – qui plus est avec des débats sans doute moins tranchés quand les pays ont une cohésion identitaire. Dans le système français actuel, malgré de fortes mobilisations quand des lois touchent à nos valeurs ou nos traditions, c’est pourtant toujours une minorité qui impose sa volonté aux autres. Nous en arrivons donc encore au fait qu’une Bretagne indépendante serait bien plus démocratique.

Des décisions prisent par des Bretons dans l’intérêt des Bretons… Nous ne voyons que cela pour nous sortir de tout ce marasme dans lequel nous ont plongé la France et l’Europe de Bruxelles. Nous assistons impuissants à la déchéance de notre civilisation et tous les partis politiques, de droite ou de gauche ne font rien pour changer les choses.

Breizh-info.com : Alors que le Front national connait une forte progression en Bretagne, pensez-vous qu’il y a encore la place pour un parti de droite nationaliste ? Comment pensez vous retenir ceux qui seraient tentés par la vague Bleu Marine, qui semble plus forte que le régionalisme breton aujourd’hui ?

Ronan Le Gall : Nous sommes certains qu’un parti nationaliste breton doit s’imposer ! Le Front national profite de la crise pour enfin pouvoir récupérer des voix en Bretagne et les Bretons font une erreur supplémentaire en y croyant.

D’ailleurs à Adsav ! nous n’avons jamais été dupé par ce parti : il est jacobin donc opposé  à la décentralisation réelle et aux identités régionales.  Peut-il encore parler réellement d’ailleurs de défense des identités quand on voit ce qu’il devient ? LEmpire colonial français plutôt que l’Europe, les colonies plutôt que les identités régionales, c’est le monde à l’envers !

Et que dire des propos de Marine le Pen sur notre langue bretonne, ou de sa nièce Marion sur les prénoms bretons, pour se rendre compte que se parti n’aime pas le peuple breton ? A Adsav !, nous pensons que des lobbys se sont emparés du Front national pour en faire un parti abordable, comme les autres, tout en donnant l’illusion aux électeurs qu’en votant pour lui les choses changeraient radicalement.

Pour récupérer les brebis égarées tout passera par la ré-information. Vouloir défendre son identité et ses valeurs quand on est Breton cela ne peut pas se faire par le biais d’un parti français qui refuse de reconnaître les différences régionales, quand à côté il vante celles de ses anciennes colonies.

Le problème du régionalisme breton est qu’il est malheureusement bien trop divisé et possède de profondes lacunes en matière de communication.

Pourtant, contrairement à la notion de « Français » totalement diluée aujourd’hui, être Breton veut encore dire quelque chose.

Les Bretons doivent donc comprendre que la Bretagne de demain ne se fera qu’avec un peuple soucieux de cette notion d’identité, d’enracinement.  Toute  personne pensant qu’une société idéale repose sur ces fondements que sont l’identité, le respect des traditions, du sacré et de la nature a vocation à construire la société bretonne de demain. Toute personne – y compris ceux qui ne seraient pas d’origine Bretonne, mais qui – Européens – partagent le même projet de civilisation.

C’est en défendant ce point de vue que nous espérons toucher les Bretons et leur éviter de se tromper ou d’être trompés par un parti Français de plus.

Breizh-info.com :  Qu’est ce qui explique selon vous la faiblesse des mouvements autonomistes, indépendantistes, depuis des décennies ? Cela va t-il évoluer ?

Ronan Le Gall :  Le Système. Il formate dès son plus jeune âge la masse, qui formera les futurs ouvriers, employés mais aussi consommateurs  de demain. Tout tourne donc autour du fait que nous devons devenir un parfait rouage de ce système. Le travail, la réussite, l’argent, la vie n’est plus qu’une compétition où  les grands décideurs ont tout pendant que les autres se partagent les miettes.

Les gens sont donc tellement absorbés par ce système qu’ils en oublient toute notion même d’identité, y compris personnelle. Ces gens, devenus des individus ont oublié depuis des décennies qui ils étaient. Le système les gère de A à Z, leur crée des besoins, leur vend rêves et aventures, pourquoi donc vouloir être autonome ? Ou indépendant ? Tout va bien, pas d’amalgames nous vivons dans une société parfaite…

Seulement ce système est décadent. Quand on ne sait pas d’où l’on vient on ne sait pas où l’on va. Et ce qui est vrai pour les plantes l’est aussi pour nous ; déracinés nous nous fanons puis mourrons comme si de rien n’était.

L’islamisation grandissante en Europe est le fruit d’un repli identitaire de communautés extra-européenne, que nous comprenons tout en y étant opposé sur notre sol.  Les hommes et les femmes ont besoin de retrouver leurs repères, leurs racines, de se regrouper et de vivre en communauté, de bâtir une nouvelle société qui remettra à l’honneur les identités charnelles.

Aujourd’hui, chaque peuple peut de nouveau croire en son avenir : les nouveaux moyens de communication permettent la réinformation et les gens peuvent enfin apprendre leur Histoire sans passer par un manuel scolaire édité par la maison mère.

Tant que les frontières ne seront pas délimitées par une langue, par une ethnie, nous sommes persuadés que – tout comme en Afrique ou dans les Balkans – nous ne connaitrons jamais réellement la paix. Le système actuel l’a d’ailleurs sans doute bien compris et doit très certainement se sentir menacé actuellement lui qui multiplie les atteintes aux libertés, et notamment à la liberté d’expression.

Oui nous pensons sincèrement que cela va évoluer et que dans les prochaines années s’offriront de nouvelles possibilités pour certains peuples de s’émanciper. Au cours des derniers siècles, pour ne citer que nous Bretons, plusieurs tentatives d’émancipations ont été faites malheureusement sans succès. L’avenir, et nous y croyons dur comme fer, nous redonnera cette possibilité. A nous le moment venu, d’être prêt à tirer notre épingle du jeu.

La France en sortir, c’est s’en sortir !

Crédit photo : DR
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