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04/05/2015 – 12H00 Paris (Breizh-info.com) – Fin octobre 2014, alors que la Bretagne est en guerre contre l’écotaxe, les principaux médias subventionnés et le gouvernement tentent encore de persuader les Français qu’on ne change pas de cheval au milieu du gué et qu’abandonner l’écotaxe serait une énorme gabegie. L’heure est grave : dans toute la France, les radars brûlent chaque nuit et plusieurs portiques de l’écotaxe ont déjà été incendiés.

Le Figaro sort alors un article dont les informations sont reprises par la plupart des grands médias et des chaînes d’information en continu. Le démantèlement des 173 portiques installés y est chiffré à une somme « entre 7 et 13 millions d’euros« , soit de 40.000 à 75.000 euros par portique. Ce qui s’explique, selon ce quotidien, par le fait que « le démontage de ce matériel très lourd nécessite de gros engins de levage, des convois exceptionnels pour l’acheminer sur les lieux de stockage, du travail de nuit pour ne pas trop perturber la circulation, du personnel un peu partout en France« .

Logiquement, alors que l’Etat a lancé un appel d’offres pour démonter lesdits portiques, ce chiffre devrait être confirmé. Surprise ! On apprend que le coût du démantélement ne revient qu’à 10.000 euros par portique pour Europe 1, 12.000 pour Le Monde. Soit pour 160 portiques dont 138 en état de marche une facture de 1.6 à 2 millions d’euros.

Le ministère de l’Ecologie a quant à lui publié une note selon laquelle ce marché est à bons de commande, avec un coût total compris entre 1.6 et 7 millions d’euros, selon le nombre de portiques qui restent à démonter. Tous ne le seront probablement pas : l’Alsace a demandé à conserver ses quinze portiques, ce à quoi Hollande a déjà donné son accord. Les Alsaciens veulent faire appel à l’opérateur allemand de l’écotaxe LKW Maut, en partie détenu par Cofiroute (Vinci). La Lorraine veut aussi conserver sa petite dizaine de portiques. Les deux régions veulent expérimenter une écotaxe régionale pour détourner les camions allemands qui circulent gratuitement sur les routes françaises afin d’économiser l’écotaxe allemande. Paradoxalement c’est en Lorraine qu’a été démonté le premier portique non incendié par les manifestants : sur le site même d’Ecomouv à Metz-Frescaty où il servait à faire des essais.

Les chiffres annoncés aux Français cet automne par les médias ont donc été nettement gonflés, ce dont les médias ne semblent plus se souvenir. Du reste, le gros des pertes liées à l’écotaxe le sont à cause d’un contrat délibérément négocié sous Sarkozy contre les intérêts de l’Etat et que les gouvernements Ayrault et Valls n’ont pas eu le courage de dénoncer. Une affaire qui fleure bon le capitalisme de connivence, comme celle du cloud français (encore 150 millions d’euros jetés par les fenêtres ). Dans les deux cas, ce sont les contribuables qui paieront…
Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. c’est sur que pour démonter les portiques, la méthode bretonne avec 2 pneus usagés et 5 litres d’essence revient moins cher…en tout cas en apparence….Au fait, la crise de la filière porcine en Bretagne est-elle résolue ?

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