Restaurant. Un mutin pas taquin pour se poser à Crozon

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Le Mutin gourmand n’attire pas le regard de celui qui passe en voiture à Crozon, pressé de rejoindre un des points de vue spectaculaires qu’offre la presqu’île. Au cœur de la petite ville, la façade est pimpante, mais sans ostentation, flanquée à sa gauche par un bistro, le café de Bretagne, pour ceux qui préfèrent un en-cas sur le pouce venu de la même cuisine à une bonne pause déjeuner.

Quand le restaurateur affiche son nom, celui de son épouse et de son fils au-dessus de la porte on peut se dire qu’il est à la fois orgueilleux de son travail et fier comme Artaban. Une fois franchi le seuil de l’établissement, on comprend à voir le patron en salle que c’est un peu des deux.

D’un physique généreux qui révèle un long parcours en cuisine, Joël Euzen, le pater familias, ancien chef de la maison ayant cédé la place aux fourneaux à son fils Erwan, accueille les visiteurs avec amabilité mais aussi avec une indéniable autorité. On comprend vite qu’ici que si le client est roi, ce n’est pas un monarque absolu…

Le décor est élégant sans excès dans l’apprêt. La table est mise avec classicisme tout en offrant la touche d’originalité qui marque la proximité avec la mer : le beurre est servi sur un galet.

La lecture de la carte nous révèle d’emblée que nous sommes dans une maison à principes. Ici règnent à la fois la proximité et l’amitié. Autant que possible, les produits sont d’origine locale et livrés par des producteurs qui partagent avec le maître des lieux son goût pour l’excellence. Certes, sa notion du local est parfois géographiquement étendue, ses viandes viennent du Pays de Galles mais c’est tolérable tant qu’on reste en terre celtique.

D’emblée on nous apporte du pain accompagné d’un beurre que la serveuse présente avec ferveur comme si elle nous proposait les joyaux de la couronne, un beurre maison, dit-elle. Étonné par cette affirmation téméraire, j’interroge le maître des lieux qui convient qu’il n’en est rien. C’est un beurre livré en vrac par la maison Bordier et qu’il remalaxe en ajoutant 5 % de fleur de sel de Guérande.

Le résultat est délicieux et ce beurre se déguste avec plaisir sur un pain frais à la croûte épaisse et craquante. C’est tellement bon qu’on en redemande.

Le Mutin propose non seulement une carte originale et innovante où l’on remarque un croustillant chaud de véritable andouille de Guéméné aux épinards, un Filet de bœuf au grué de cacao de Sao Tomé, sauce au vin de Loire, un homard bleu du pays rôti au beurre d’Espelette ou encore un moelleux tiède au chocolat de San Felipe, poire pochée et glace vanille de Madagascar mais aussi un menu Armor-Argoat à 38 € en mesure de satisfaire tout honnête homme.

Inspirés par un temps maussade, nous avons opté pour des plats riches en calories. Comme entrée, un mille-feuille de foie gras de canard extra aux pommes, poivre Timut et fleur de sel qui nous a enchantés par le moelleux du foie gras, cuit en douceur et présenté avec des lamelles de pommes séchées. Rien de très original mais parfaitement réalisé. Ensuite, nous avons opté pour un agneau en deux cuissons, émulsion ail et fines herbes, légumes nouveaux qui cette fois ne venait pas d’Irlande ou du Pays de Galles mais plus prosaïquement des monts d’Arrée. Cet agneau breton s’est révélé une parfaite réussite, croquant et tendre, à la saveur douce et bien mise en valeur. Enfin, comme dessert, une belle trouvaille, des cannellonis croustillants pistache, cumbawa et fraises de Plougastel qui ont enchanté notre palais par des contrastes intéressants de parfums et de textures. Le goût de la fraise rivalisant avec celui de la pistache et du cumbawa sans que l’un nuise à l’autre.

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Intelligemment, le patron propose à ses clients des vins au verre qu’il choisit en accord avec les mets. Joël tire de sa cave de crus de Loire, muscadets et autres merveilles qui permettent de boire juste ce qu’il faut pour apprécier sa cuisine sans pour autant risquer des mésaventures avec la maréchaussée.

Ouvert toute l’année grâce à une clientèle fidèle de marchands de canons venus vendre leur quincaillerie à la Marine, très implantée tout autour du Mutin, cet hôtel restaurant est une halte obligée pour tous ceux qui passent à hauteur de la presqu’île de Crozon car la maison n’est qu’à 35 minutes de la quatre voies de Quimper à Brest.

Restaurant Le Mutin Gourmand – Place de l’église -29160 Crozon
Ouvert du mardi soir au dimanche midi.
En saison, tous les jours sauf le lundi midi.
Renseignements et réservations : (+33) 2 98 27 06 51
[email protected]

Crédit photo : DR et Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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