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30/05/2015 – 07h00 Josselin (Breizh-info.com) –Un abattoir de porcs breton en échange d’une amende moins salée ? La reprise de l’abattoir Gad (Josselin) par Intermarché a fait l’objet de discrets échanges avec le gouvernement. C’est ce qu’indique Le Figaro Economie .
Intermarché aurait racheté Gad en octobre contraint et forcé. Avec Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Economie, à la manoeuvre.
Le gouvernement disposait depuis juin de preuves des pratiques illicites du distributeur dans ses relations avec ses fournisseurs ; il les aurait utilisées pour achever de convaincre les Mousquetaires de reprendre l’abattoir, en liquidation judiciaire, pour renforcer leur outil industriel.
Au coeur de l’été, la priorité du gouvernement était de sauver l’abattoir Gad et ses 800 salariés. Pour peser sur la décision d’Intermarché (qui reprendra 500 salariés), Bercy n’a bien sûr jamais promis d’enterrer le dossier ouvert par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
En échange d’une petite amende (2 millions d’euros) et d’une absence de publicité de la part du gouvernement, Intermarché a donc repris Gad. A la vérité, opération qui ne devrait pas lui être trop compliquée car d’une part le groupe dispose des débouchés et d’autre part il cherche depuis longtemps à intégrer ses fournisseurs. Par exemple en Bretagne : une compagnie de pêche à Lorient et une usine de couches-culottes à Ploërmel. C’est à Jean-Pierre le Roch, premier président du groupe et ancien lieutenant d’Edouard Leclerc , que l’on doit cette politique bretonne.
L’administration reproche à Intermarché de multiplier les abus contre ses fournisseurs pour casser les prix. Alertés en mars 2014 par l’IlLEC, une association réunissant soixante-dix industriels de l’agroalimentaire et des produits de grande consommation, les services de la DGCCTF avaient opéré au début de l’été dernier, des descentes dans la plupart des centrales d’achats des distributeurs.
Et récupéré de nombreux documents liés aux négociations tarifaires annuelles achevées fin février 2014.
Après des mois d’enquête, ils ont accumulé des preuves accablantes à l’encontre du groupement des Mousquetaires. Aucun des autres distributeurs visités par les enquêteurs (Leclerc, Carrefour, Auchan , Casino, Système U) n’a fait l’object d’assignation.
Tout simplement parce qu’ils n’avaient pas laissé de traces écrites …
Les Mousquetaires, en revanche, ont laissé suffisamment de traces de pratiques illégales pour être renvoyés devant le tribunal de commerce d’Evry. La centrale d’achat d’Intermarché aurait, en particulier, demandé par écrit une garantie de marge équivalent à 3,5% du chiffre d’affaires réalisé avec chaque industriel.
Cette clause illégale offrait l’assurance, pour Intermarché, d’engranger le même niveau de bénéfice, et ce même s’il lui fallait baisser ses prix pour riposter à l’offensive tarifaire de Leclerc, Carrefour, Auchan et Géant.
Dans ce cas, les fournisseurs devaient s’acquitter rétroactivement d’une compensation de marge à l’enseigne.
Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
Une réponse à “Josselin. L’Etat passe un deal de voyou avec Intermarché pour sauver Gad.”
Dans votre article, vous parlez de la reprise de GAD (site de Josselin), mais déjà GAD n’était plus depuis la fermeture du site de Lampaul guimiliau et son cortège de 900 licenciés. Vous ne faites pas mention non plus du projet Lampaul Agro, projet pour lequel de nombreux ministres ont œuvré pour qu’il n’aboutisse pas. Selon ces grands stratèges parisiens et leurs complices de la CECAB pour sauver la filière il fallait fermer un site, aujourd’hui on peut mesurer les conséquences de ces choix. Maintenant le fait que la puissance publique et la grande distribution marchent main dans la main, ce n’est pas une découverte.