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24/06/2015 – 07h00 Vannes (Breizh-info.com) – Si le maire de Vannes, Davis Robo, voulait se faire accuser de clientélisme et de communautarisme, il ne s’y prendrait pas mieux : à l’ordre du jour du prochain conseil municipal, du 26 juin prochain, figure en effet – parmi les 1800 pages de projet envoyé aux élus et que nous nous sommes procurés – l’étude des Contrats de Ville 2015 et notamment ceux liés au « Pilier Cohésion Sociale », présentés par Latifa Bakhtous, adjointe au maire en charge de la vie associative, des quartiers et de la politique de la ville.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la majorité municipale de droite veut privilégier certains quartiers, notamment celui – dit « sensible » – de Kercado, en proie ces derniers mois à un trafic de drogue massif, sans parler de très nombreux actes de délinquance.

« Une traductrice médiatrice en langue turque à mi-temps »

L’un des exemples frappant mais également le plus intriguant est celui de l’emploi depuis 2012 d’une « traductrice médiatrice en langue turque, à mi-temps » . La définition du poste est précise : « Recrutée à mi-temps, la traductrice/médiatrice en langue turque assure au sein du Programme de Réussite Educative (P.R.E.) une action de mise en lien ou de facilitation du lien entre les familles turcophones ne maîtrisant pas pleinement la langue française et les structures scolaires et éducatives de la ville de Vannes.  » Elle inclut notamment « l’interprétariat franco-turc dans le champ éducatif , des actions de médiation à la demande des familles et des institutions et l’appui à la mise en œuvre d’actions collectives ». En résumé, il s’agit ni plus ni moins que d’un emploi financé par l’Etat et destiné exclusivement à l’aide à l’intégration des familles turques, pourtant présentes depuis de nombreuses années dans la cité morbihannaise.

En 2014, cet emploi était financé par l’Etat, en partie au nom du Programme Réussite Educative (PRE) à hauteur de 13 700 € (12 108 € en 2012), ce qui correspond effectivement au montant d’un emploi subventionné à mi-temps, sur une base salariale proche du SMIC.

Pour 2015, ce même poste est maintenu, sous la tutelle d’un coordinateur local de programme et d’un référent de parcours . Le projet qui sera présenté vendredi en conseil municipal (voir la photo ci-dessous) prévoit en effet que la ville de Vannes investisse 61 363 € dans ces postes, contre 33 165€ pour le PRE et 8700 € pour l’Etat, soit un total de 103 297 € pour ces trois emplois concernant essentiellement la communauté turque de la ville.

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Dans le même projet, la municipalité dirigée par la tête de liste des Républicain dans le Morbihan pour les élections régionales attribue d’ autres ressources à la communauté turque de la ville, décidément choyée par un maire qui a décidé par ailleurs de brader un terrain à l’association culturelle des Turcs de l’ouest ( ACTO), notamment pour leur mosquée.

Ainsi, le foyer culturel turc et l’ACTO recevront – si le projet est voté par le conseil municipal vendredi prochain – de la commune  600 € par association, sans compter la mise à disposition de locaux, pour la mise en place d’un soutien scolaire, financé néanmoins en majorité par des dons de particulier ou d’usagers.

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Latifa Bakthous, une adjointe au maire très impliquée auprès des populations immigrées …

Derrière la mise en place de ce Contrat de Ville 2015, signé entre l’Etat, le conseil général, l’agglomération et la ville, il y a notamment Latifa Bakhtous, adjointe au maire et par ailleurs professeur d’arabe à l’IUT de Vannes mais surtout responsable des filières Lettres et Histoire au sein de l’UCO-BS (Université Catholique de l’Ouest). Née à Casablanca, Mme Bakthous réside à Vannes depuis 27 ans maintenant.

Cette dernière, en qui François Goulard puis David Robo ont tout de suite vu le potentiel qu’elle pourrait amener en terme électoral dans les quartiers de Vannes à forte population immigrée, est impliquée depuis des années dans l’association d’accompagnement social et culturel pour l’échange et l’amitié entre les peuples  mais aussi dans l’aide à l’alphabétisation et à l’insertion des femmes turques.

De là à expliquer les subventions de 18 355 € (dont 6700 € de la ville de Vannes, le reste étant financé par la CAF, le conseil général, l’agglomération, l’Etat) prévues pour l’ASCEAP en 2015 dans le cadre du contrat de ville, il n y a qu’un pas…

D’autant plus que l’ASCEAP – fondée notamment par Saïd Bakthous qui n’est autre que …. le mari de l’adjointe au maire de Vannes – malgré ses 30 années d’existence « au service des immigrés » ne fait pas preuve d’une grande transparence, l’utilisation du montant des subventions touchées depuis plusieurs années n’étant pas recensée sur un site Internet qui semble resté figé quelques années en arrière.

On s’étonnera également de cette politique « d’ouverture » mise en place par la droite à Vannes, puisque l’association en question est issue de la « Marche des beurs » orchestrée par la gauche contre la montée du Front national dans les années 80. Bien loin de la droite « décomplexée » donc …

Saïd Bakthous, mari de Latif Bakhtous, est un militant très porté sur « l’autre »,  puisqu’il est également fondateur d’une autre association nommée Vannes-Méditerannée qui a pour objet notamment de « contribuer à promouvoir la vie culturelle du pays vannetais en lien avec le pourtour méditerranéen, organisation de conférences, de débats, de spectacles musicaux, interventions dans les établissements scolaires pour une meilleure compréhension des cultures des différents pays méditerranéens, ainsi que des échanges économiques. ». Rien n’indique pourtant, géographiquement, historiquement ou culturellement, que Vannes soit très portée sur la Méditerranée …

Un Contrat de Ville « discrimination positive » pour Kercado et Menimur

Le contrat de ville est le nouveau cadre contractuel de la politique de la ville en faveur des quartiers « sensibles ». Il est évalué pour 2015 à 2 790 230 € à Vannes, dont 798 893 € financés par la municipalité. Les quartiers de Kercado et de Menimur ont été retenus dans la géographie prioritaire du contrat.  Le contrat de Ville a pour objectif de réduire les écarts de développement entre les territoires prioritaires et le reste du territoire urbain environnant. Il est constitué de 4 piliers qui sont détaillés ci-dessous :

Pilier « cohésion sociale »

  • Favoriser la réussite éducative et soutenir la parentalité
  • Développer la prévention et l’accès à la santé
  • Soutenir l’engagement citoyen de la jeunesse
  • Accéder à la culture et au sport
  • Rendre effectif l’accès aux droits

Pilier « cadre de vie »

  • Améliorer l’habitat et le cadre de vie
  • Favoriser la mixité sociale et les parcours résidentiels
  • Favoriser la tranquillité publique

Pilier « emploi et développement économique »

  • Favoriser l’accès à l’emploi des personnes vivant dans les quartiers prioritaires
  • Développer l’insertion par l’activité économique
  • Soutenir et accompagner la création d’entreprises

Pilier « la République mobilisée contre le racisme et l’antisémitisme »

Les actions de « la République mobilisée contre le racisme et l’antisémitisme » visent à soutenir les victimes, à protéger les utilisateurs d’Internet de la propagation de la haine et à former les citoyens aux valeurs de la République.

Kercado et Menimur comptent 3300 et 3010 habitants (pour 52 000 habitants à Vannes et 139 307 habitants pour Vannes Agglomération. C’est vers ces deux quartiers que vont être orientés les fonds publics, si le cadre stratégique du Contrat de Ville est adopté, ce vendredi.

Pourtant, comme le constate le rapport qui sera présenté ce vendredi et que nous nous sommes procurés en exclusivité, ces deux quartiers ne sont pas les plus à plaindre en terme d’investissements publics : « le quartier de Kercado bénéficie d’un taux d’équipements publics important dont la majeure partie est destination du quartier mais dont plusieurs ont une vocation plus large au niveau de la commune voire de l’agglomération (équipements sportifs, établissements scolaires, maison des associations, médiathèque…) ».

Soulignant l’importance des logements aidés (sociaux) , le rapport stipule également que le quartier est bien desservi par les transports en commun, que le centre commercial n’est pas adapté, et que malgré ces points positifs, « le quartier de Kercado a une image négative principalement due à l’existence d’un important trafic de drogue et à de nombreux actes d’incivilités. Cela se traduit par un nombre croissant de propositions de logements sociaux refusées.».

Même chose pour Menimur, avec néanmoins pour ces deux quartiers une forte précarité, avec un revenu médian très inférieur à la moyenne de la commune.

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44 300 € pour l’intégration des populations non-francophones.

La page 71 du Contrat de Ville indique qu’au nom de l’intégration des populations non-francophones qui « ne peuvent avoir accès à la culture, à l’emploi, aux études, être autonomes dans la vie de tous les jours car elles maîtrisent peu ou pas la langue du pays », 44 300 € seront débloqués, dont 6 000 € par la ville, 4 000 € par l’Etat, 4 500 € par Vannes Agglomération, 3000 € par la CAF, 21 000 par le Bénévolat (rien n’indique en quoi cela consiste) et 5 000 € en « autres » (?).
Le CEAS, porteur de projet, aura pour mission de mettre en place l’acquisition du vocabulaire lié à la vie quotidienne et applications pratiques : participation aux activités de la commune, fêtes de quartier, réunion parent-enseignant, connaissance de son quartier, de sa ville…

En 2014, 230 personnes, majoritairement d’Albanie, de Turquie, de Russie, de Géorgie et d’Arménie, dont une majorité de femmes (67 %), ont assisté  aux cours dispensés dans les centres sociaux de Kercado et Ménimur et/ou au centre-ville, et cela ne concernait des habitants de Kercado ou de Ménimur que dans 39% des cas.

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De l’argent de poche pour « mener collectivement des actions pour réduire l’insécurité dans les quartiers »

Vannes Golfe Habitat est un établissement public local à caractère industriel et commercial (EPIC). Dans le cadre du Contrat de ville, il s’engage à :

– Mener collectivement des actions pour réduire l’insécurité dans les quartiers

– Lutter avec les partenaires concernés contre les incivilités et poursuivre la politique de remise en état suite aux dégradations volontaires du patrimoine

– Poursuivre, en partenariat avec les services de police, les pratiques mises en place pour la prise en charge des véhicules épaves, les ruptures de bail pour troubles de jouissance, les dépôts de plaintes lors de dégradations ou agressions des personnels

– Consolider et poursuivre l’animation dans les quartiers par le maintien du personnel de médiation et le renforcement des relations avec les partenaires locaux (maisons de quartiers, animateurs sociaux,…)

– Mobiliser les jeunes du quartier par le biais du dispositif  argent de poche

– Encourager le développement du tissu associatif par la mise . disposition de locaux collectifs résidentiels.

C’est à cet effet que l’établissement public recevra une enveloppe de 14 000 € ( 5000€ de la ville, 5 000 € de l’Etat, 4 000 € de la CAF) pour mettre en place le dispositif « argent de poche » ; en contrepartie de 2 h 30 de « travail par chantier », les jeunes de 16 à 21 ans résidant dans les quartiers de Kercado, Ménimur, Conleau-Cliscouët, Rohan et La Madeleine peuvent gagner leur argent de poche en effectuant des travaux d’utilité sociale (nettoyage des entrées d’immeubles, ramassage de papiers, petits travaux de peinture, distribution de dépliants des associations, des centres sociaux ou des bailleurs sociaux…). L’indemnité qui leur est versée pour ce temps (2 h 30) est fixée à 14 €.

« Les travaux qui sont confiés aux jeunes concernent principalement les bâtiments ou les espaces gérés par Vannes Golfe Habitat ou la ville de Vannes. » indique le rapport, qui ne mentionne pas qu’il y a pourtant déjà des agents rémunérés à plein temps pour cela.

Des Ateliers d’aide à la recherche à l’emploi (66 400 € en 2015, dont rien n’indique qu’ils ont été vecteurs d’emplois trouvés en 2014) qui font le travail que devraient faire les employés de Pôle Emploi, à la formation « conduire et bien se conduire » ( 5 835 € en 2015) sans oublier la Bourse au permis de conduire (12 600€ pour 26 candidats) l’auto-école sociale ( 58 640 € pour 11 personnes) , l’aide aux déplacements ( 25 500 € pour 29 personnes via des prêts de scooters), plusieurs dizaines de volets ouvrent ainsi le droit à des subventions multiples engagées dans le cadre du Contrat Ville, systématiquement en faveur de publics bien spécifiques, et apparaissant, au final, comme une nouvelle imposition vis à vis des particuliers qui financent ces actions avec leurs impôts locaux et nationaux.

A lire en profondeur le dossier qui sera présenté – et sans aucun doute validé – par la majorité municipale de Vannes ce vendredi, il en ressort que le clientélisme et le communautarisme couplé à l’assistanat et à la redistribution à une minorité de l’impôt du contribuable sont un des ciments de la nouvelle politique de la Ville, voulue par la gauche, et appliquée par la droite, y compris dans les institutions et collectivités qu’elle gère depuis des années.

Photo : DR
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6 Commentaires

    • ça ! c’est de l’analyse ! arretons de parler de droite ou de gauche,ils étaient sur les memes bancs des ecoles d’administration,sont interchangeables et la plupart du temps , sont copains comme cochons !

  1. Et comment cette communauté participe à la vie active de cette belle ville bretonne ? Combien travaillent réellement ? Quel avenir pour ces gens-là chez nous ?????? Et pour la flopée de gosses qu’ils  » pondent  » tous les ans ??

  2. Le brezhoneg laisse à désirer à gwened par contre , tout cet argent pour
    les francos africains du grand n’importe quoi .

  3. […] Le rôle de la municipalité vannetaise dans cette évolution est régulièrement pointée du doigt, comme cette semaine par le site d’information Breizh-info qui a mené une enquête de détail sur la politique de soutien à l’afro-islamisation de ces enclaves, argent public à l’appui (source). […]

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