26/06/2015 – 07H00 France (Breizh-info.com) –  Guillaume Faye est un personnage majeur de la Nouvelle Droite et du GRECE (Groupement de recherches et d’études sur la civilisation européenne). Depuis les années 70, cet esprit libre enquête, écrit, et analyse la société française et européenne. Il avait également travaillé pour Le Figaro, Paris Match, ou VSD, à l’époque où les grands médias avaient encore une certaine liberté de ton.

En 2000, il publia un de ses ouvrages fondamentaux, et profondément visionnaire, intitulé « la Colonisation de l’Europe, discours vrai sur l’immigration et l’islam », livre presque introuvable aujourd’hui, qui l’amena directement devant les tribunaux, pour avoir simplement décrit la France telle qu’elle deviendrait demain. Dans ce livre, il expliquait que les Européens, déjà à l’époque, étaient en train de se faire coloniser.

Il expliquait que cette colonisation était due à une volonté de conquête des « Allogènes », et en raison de « l’ethno-masochisme » des Européens qui pratiqueraient une sorte de « suicide » civilisationnel. Selon lui les Européens sont affaiblis par une sorte de « dévirilisation », par le traumatisme des guerres du 20ème siècle et de la décolonisation, et par une pression morale « antiraciste » qui agirait comme la « destruction des défenses immunitaires » face à une invasion.

Auteur d’ouvrages de référence, comme L’Archéofuturisme, Avant-Guerre, Pourquoi nous combattons ?, Guillaume Faye a publié récemment Mon Programme, dans lequel, se basant sur des programmes politiques de nombreux pays du Monde, il établit un programme « choc » pour sauver l’Europe.

Alors que les vagues d’immigration quotidiennes qui se jettent sur l’Europe semblent s’accélérer, il nous a paru intéressant d’interroger celui qui – à l’instar d’un Jean Raspail dans Le Camp Des Saints – a eu une vision prémonitoire de notre époque.

Breizh-info.com : Lorsque vous aviez sorti La Colonisation de l’Europe, au début des années 2000, quelles ont été les réactions à l’époque ? Aujourd’hui, n’avez vous pas eu raison avant tout le monde ?

Guillaume Faye : Peut-être. Disons que j’ai osé faire un diagnostic, formuler ce que certains pensaient sans se risquer à le dire. À l’époque, j’ai donc subi un procès pour ce livre (et pour un autre) et écopé d’une lourde amende.

Ce qui prouve effectivement que j’étais lucide. Seuls ceux qui disent la vérité ont des ennuis. Les Cassandre ne sont pas aimés. Mon prochain essai « Comprendre l’islam » s’inscrira dans le même registre. J’ai prédit ce qui allait arriver et ça c’est produit. Et je vais aller encore plus loin : nous allons malheureusement vers la guerre civile ethnique en France avec un risque de partition territoriale.

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous la passivité à la fois des pouvoirs publics, mais aussi du peuple, face à la vague migratoire actuelle, sans précédent ?

Guillaume Faye :  Je l’explique par la lâcheté générale, la puissance de l’idéologie dominante (et non pas majoritaire) et par le fait que la marée migratoire n’a pas encore atteint un seuil suffisant pour provoquer une révolte des autochtones, si jamais elle se produit.

En réalité l’explication globale pourrait bien être une sorte de fatigue générale, d’épuisement physique et moral des peuples européens vieillissants, alourdis par leur histoire, paralysés par leur mémoire au point de l’oublier. Quand on ne fait plus d’enfants et qu’on accueille des masses de migrants prolifiques, on est condamné à disparaître. Nous avons peu de temps pour réagir.

Breizh-info.com :  Les mouvements dits nationalistes ou patriotes semblent muets, également. Avez-vous une explication ? Le Front National est il encore dans l’histoire ?

Guillaume Faye : Ces mouvements sont paralysés par le système lui-même, ils ne sont pas réellement révolutionnaires. Soit ils composent avec le système, l’esprit du temps, par esprit politicien, soit ils se réfugient dans un folklore extrémiste et impolitique, un entre-soi nostalgique. Le FN aurait pu être dans l’histoire, l’ultime recours du peuple autochtone.

Mais, s’alignant sur le vieux jacobinisme et les mots d’ordre du républicanisme français, il s’affadit. Je partage avec le FN la critique des institutions européennes actuelles, catastrophiquement nulles, (et anti-Europe) mais mon combat a toujours été non pas celui du nationalisme français mais de l’identité européenne, la vraie.

Le FN actuel, en succombant à la doctrine de l’intégration et de l’assimilation (impraticables) a les mêmes positions que le RPR des années 90. En se focalisant sur la lutte contre l’euro, il va décevoir son électorat. Le sursaut viendra, comme toujours dans l’histoire, d’un nouveau mouvement, totalement imprévisible.

Breizh-info.com :  Si vous étiez conseiller politique de Manuel Valls et de François Hollande, quelles mesures d’urgence préconiseriez vous pour la France ? Pour l’Europe ?

Guillaume Faye :  II suffit de lire un de mes livres,”Mon Programme” (Éd du Lore.) : arrêt de là pompe aspirante de l’immigration par abolition de toutes les mesures d’aides sociales même minimales aux étrangers et suppression du statut de réfugié ou de demandeur d’asile comme du regroupement familial, abolition de la progressivité de l’impôt et flat tax (capitation décimale) de 10% pour tous le monde, abolition de l’ISF et des 35h, suppression de tout impôt sur l’épargne et le capital, abolition des seuils sociaux, déréglementation sociale, doublement du budget militaire, division par 3 en dix ans du nombre de fonctionnaires, interdiction de toute subvention aux syndicats ou associations, arrêt du développement des énergies éoliennes ou solaires et retour massif au nucléaire, restauration de l’école républicaine disciplinaire et élitiste, enseignement systématique des deux seules langues « régionales » qui subsistent, le celto-breton et l’italo-corse, refus de l’islamisation, démigration, alliance globale avec la Russie. etc.

Mais de telles mesures sont impensables pour l’oligarchie actuelle, de droite ou de gauche.

Je suis partisan de la forteresse Europe alliée à la Russie, avec un système économique schumpétérien, c’est-à-dire hyperlibéral à l’intérieur et musclé à l’extérieur, antimondialiste, et ce, à l’échelle continentale. Mes positions sont purement personnelles et n’appartiennent à aucun groupe.

Breizh-info.com:  Ne peut-on pas admettre – comme semblent le faire des millions de compatriotes – que la civilisation européenne telle qu’elle existait jusqu’à présent est vouée à disparaitre ? Est-ce un problème ? L’histoire n’est-elle pas un perpétuel recommencement ? 

Guillaume Faye : L’histoire n’est pas un recommencement (ce qui est advenu n’adviendra plus jamais et ce qui adviendra n’est jamais advenu) mais une modification, une métamorphose incessante, plus exactement un combat où le plus fort gagne.

Le tribunal de l’histoire n’est pas moral mais pragmatique, c’est la loi de la concurrence, de la compétition, de l’intelligence, de la ruse et surtout, surtout de la démographie. Ceux qui ne se reproduisent plus disparaissent, même si leur civilisation est pensée comme ”supérieure”.

Le problème majeur des peuples d’origine européenne est leur déclin numérique, leur vieillissement, leur colonisation migratoire et la baisse de tonus ethnique de leurs élites.

Cela dit, je ne suis pas pessimiste, car l’histoire est ouverte et n’est pas un long fleuve tranquille. L’histoire est comme une colonie de fournis : elle change sans cesse de route. Tout peut arriver, les surprises existent.

Breizh-info.com : Comment voyez-vous la France dans 10 ans, dans 50 ans ?

Guillaume Faye : Si rien ne change, la France n’existera plus dès le milieu du XXIe siècle. Pour une simple raison ethno-démographique. Immigration de peuplement et de colonisation massive incontrôlée, conjuguée à une natalité en berne, à une émigration des forces vives et à une islamisation accélérée, le scénario est arithmétiquement plié.

Sans renouvellement des générations, un peuple meurt, comme un rosier qui n’est pas arrosé. Sans parler d’un effondrement culturel global. Mais je peux évidemment me tromper. Il peut y avoir une révolte de la dernière chance. Ou bien nous vivons actuellement la fin de l’automne, les derniers beaux jours, l’été indien (la ”mort tiède” sont parlait Konrad Lorenz) ou bien nous sommes dans l’avant-guerre.

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8 Commentaires

  1. Même si je trouve que les mesures proposées par M. Faye pour redresser la situation vont trop loin, je suis en revanche d’accord sur l’analyse des forces profondes en action. La partition se déroule de façon implacable et il n’y a que nos gouvernants pour ne pas voir ce qui se passe. Nous devrions inscrire un principe de responsabilité des élus dans la constitution qui pourraient être poursuivis bien après leur mandat sur la conséquence des actions politiques qu’ils ont menées pour récolter des voix.

  2. Les gens qui ont prédit les événements actuels ne sont pas des prophètes, des extra-lucides. Ce sont simplement des gens qui ont eu le courage d’énoncer des évidences. Tel Julien green en 1958 :

    « Qui ne souhaiterait de mourir avant les événements fantastiques que n’importe qui peut prévoir ? Dans quelques dizaines d’années, nous dit-on, il y aura tant de monde sur la terre que les foules sous-alimentées domineront la politique. Nous irons alors vers un indescriptible chaos dans lequel je n’arrive pas à voir clairement la place de la littérature … »

    (Julien Green, “Journal”, 24 octobre 1958.)

  3. C’est au moment où, intellectuellement, socialement, par le développement de l’aisance, des arts, par l’élévation du niveau général, les nations paraissent s’être le plus perfectionnées et avoir atteint la situation la plus brillante, qu’elles donnent des preuves d’arrêt dans leur croissance et même de recul par la réduction progressive de la natalité.

    […]

    La natalité peut être insuffisante au point de vue relatif et au point de vue absolu.

    L’insuffisance de la natalité est relative quand, tout en excédant la mortalité, la natalité dépasse celle-ci beaucoup moins dans une nation que chez les nations voisines et concurrentes, de façon que les proportions numériques et l’équilibre des forces soient modifiés au détriment de la nation la moins prolifique.

    Cette insuffisance relative de la natalité a surtout des inconvénients politiques et militaires ; elle peut conduire, toutefois, à l’assujettissement ou à la subordination des peuples les moins prolifiques aux peuples les plus prolifiques.

    L’insuffisance absolue de la natalité se présente quand celle-ci est, d’une façon fréquente ou continue, inférieure à la mortalité ; c’est alors un vrai et terrible fléau ; la nation qui en est atteinte est destinée à se recroqueviller et à perdre graduellement, non seulement son rang parmi les nations, mais son individualité si elle arrive à conserver encore son nom, ce nom ne couvre plus qu’un alliage d’éléments divers où l’élément purement national tient une place s’amoindrissant chaque jour. »

    (Paul Leroy-Beaulieu, “La question de la population”, Livre III, chap. Ier ; Librairie Félix Alcan, 1913, pp. 180-181.)

  4. Il y a au moins trente ans un vieux fourlan croisait dans la rue de ma ville du vaucluse me disait en souriant et en se poussant pour laisser passer une matrone voilée; laissons passer les envahisseurs, il y a bien longtemps qu’il est retourné dans sa province italienne prendre sa retraite où il repose maintenant………. Il fallait être aveugle pour ne pas voir ce qui allait arriver et que nous sommes en train de vivre de nos jours… complètement hors circuit et désintéressé de la France et des français depuis bien longtemps nos politiciens (je me pose des questions pour savoir s’ils n’ont pas des avantages financiers particuliers en gérant la situation de cette façon, certains pays dy golfe ont des gros très gros moyens)…..

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