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30/06/2015 – 08H00 Paris (Breizh-info.com) – « Depuis quelques années, en France, émerge une information d’un genre nouveau, qui coïncide avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux : la réinformation. » Sous le titre « Plongée dans la réinfosphère », Thomas Porcheron livre, sur son blog publié par Mediapart, une analyse critique mais sans préjugés des médias de la réinformation. Une démarche inattendue, très éloignée des poncifs habituels que l’on rencontre dans les médias dominants. Passionnant.
Pour Thomas Porcheron, les médias de la réinformation se dressent « unanimement contre le système médiatique dominant, coupable de ne suivre que les intérêts des dominants (…) ils leur contestent le monopole de l’information au nom du principe de la liberté d’expression ». Estimant leur critique fondée, il leur reproche toutefois de se limiter à une simple dénonciation du « système », et de renoncer souvent à en expliquer la complexité.
Pour l’auteur, si les principales valeurs-clés de la réinformation – « anti-libéralisme, américanophobie, conservatisme social, anti-immigration, antisionisme pour certains, anticharlisme… » – sont des valeurs que l’on retrouve à l’extrême droite du champ politique, « on aurait cependant tort de catégoriser ainsi une nébuleuse plus complexe qu’il n’y paraît et à la production idéologique singulière. » Refusant les interprétations psychologisantes, Thomas Porcheron préfère s’en tenir à une approche politique. Selon lui « l’existence et le succès de la réinfosphère sont révélateurs de la production de l’information confisquée par une caste économique et politique et de l’état de la société française elle-même. Elle pèche certes par des erreurs de méthode, des interprétations erronées, mais elle est d’abord le signe d’une volonté de réappropriation d’un débat public réservé au petit cercle des possédants. »
Après une évocation – nécessairement rapide – de différents médias de la réinfosphère, le blogueur estime que « si une réinformation existe, c’est bien parce que l’information elle-même est, d’une certaine manière, entravée. » Selon lui, si l’entreprise est « laborieuse », elle « n’en n’est pas moins légitime. (…) La réinfosphère a su trouver dans le développement d’Internet et des réseaux sociaux un nouvel espace public dédié à la liberté d’expression ». Citant l’exemple du projet de Traité transatlantique que la presse traditionnelle délaisse prudemment, il estime que la presse de réinformation « fait preuve d’une indépendance d’esprit respectable. »
En conclusion, Thomas Porcheron affirme que « croire que cette nébuleuse est éminemment antidémocratique puisque d’extrême-droite (quand bien celle-ci serait uniforme) relève de la mauvaise foi propre aux grands titres peu enclins à partager leur cher monopole : c’est au contraire de la démocratie que la réinformation entend tirer sa force. C’est cette même démocratie qu’elle désire, dans ses égarements, sauver de son inertie. » On ne saurait mieux dire.
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