27/07/2015 – 08h00 Bretagne (Breizh-info.com) –Le bulletin statistique du ministère de l’Agriculture, Agreste, vient de sortir le bilan de l’artificialisation des sols depuis 2006 jusqu’en 2014. L’artificialisation, c’est le remplacement des sols naturels (arables ou non) par des infrastructures ou des emprises urbanisées. Celle-ci ralentit à cause de la crise économique, mais les sols artificialisés gagnent 55,000 hectares par an en moyenne à cause de 2008, surtout en Bretagne, dans le Maine, en Touraine et les côtes bordelaise et provençales. Ce sont essentiellement les zones périurbaines qui sont concernées, dans des régions où la démographie se porte bien et où il y a peu de contraintes liées à la géologie ou au relief.

Les sols agricoles représentent encore avec 28 millions d’hectares 51% du territoire, tandis que les sols naturels (bois, landes, friches, sols nus, marais) près de 40%. Les sols artificialisés pèsent désormais 5,1 millions d’hectares soit 9,3% du territoire. La première cause d’artificialisation, avec 46% des 491,000 hectares artificialisés sur la période, soit 228,000 hectares, concerne la construction de l’habitat individuel – les fameux lotissements. Le second facteur est l’extension du réseau routier – 79,000 hectares pris aux champs. La troisième raison est l’agriculture elle-même – nouveaux bâtiments, chemins d’exploitations ou aires de stockage prennent 40,000 hectares. Les chantiers du BTP en consomment 30,000, les commerces 20,000 et l’industrie 10,000.

artificialisation2006-14

La diagonale du vide – de Givet jusqu’à Foix et Mende, reste épargnée. L’artificialisation des sols ralentit aussi en raison de la réduction des mises en chantier. C’est aussi le fruit des politiques actuelles d’aménagement public. Elles tendent à réduire l’étalement urbain, soit en urbanisant les délaissés (dents creuses), soit en constituant des zones agricoles protégées (ZAP) ou, dans les secteurs soumis à la fois à la croissance des friches et à une forte pression foncière, des périmètres de protection des espaces agricoles et naturels aussi appelés PEAN. Bien que la Bretagne développe ce genre de mécanismes de protection, l’urbanisation va plus vite – aidée parfois par les projets politiques tels que l’aéroport de Notre-Dame des Landes – ce qui donne quelques inquiétudes quant à l’avenir.

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