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19/08/2015 – 07H00 Saint-Brieuc (Breizh-info.com) – La crise porcine, qui n’est pas étrangère aux sanctions prises par la France contre la Russie, a explosé au printemps 2015 après avoir couvé de longs mois. Une crise que le gouvernement semble avoir le plus grand mal à résoudre.

Après avoir « sorti le chéquier » pour parer une nouvelle fois à cette nouvelle crise agricole, le gouvernement avait préconisé à la mi-juin un prix d’achat du porc à 1,40 euro/kg (la moyenne du coût de production), un prix finalement atteint le 23 juillet au Marché du porc breton (MBP) de Plérin (Côtes-d’Armor).

Mais ce prix a été jugé inacceptable par les  principaux acheteurs au MPB que sont Bigard et la Cooperl (*). Ces deux entreprises d’abattage et de transformation se sont donc retirées, la semaine dernière, des transactions, provoquant une réunion d’urgence ce lundi au ministère de l’Agriculture.

Ces deux géants de la filière veulent en effet le retour au « marché libre »  – c’est à dire sans prix minimum d’achat du porc – la « mise en place d’une aide européenne d’urgence visant à dégager le marché intérieur de la surproduction conséquente à la fermeture du marché russe », l’obligation d’un « étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés » ou encore un allégement des charges sur le travail « pour retrouver une compétitivité face au travail détaché auquel ont recours à grande échelle les opérateurs allemands ».

Alors que Marine Le Pen est intervenue à plusieurs reprises pour apporter son soutien aux les éleveurs et les producteurs, nous avons interrogé Gilles Pennelle, tête de liste aux élections régionales pour la Bretagne, sur les solutions que préconise le FN  pour résoudre la crise :

Breizh-info.com : sur la Bretagne, l’élevage intensif est la règle , avec les conséquences environnementales, mais aussi sanitaires . Quelles solutions préconisez-vous ?

Gilles Pennelle : il faut d’abord rappeler que le modèle d’élevage intensif a surtout été imposé par l’Europe de Bruxelles qui, avec la PAC, a fait le choix de subventionner la quantité. Les éleveurs bretons ont fait beaucoup d’efforts pour améliorer ce type de production et ont considérablement réduit les impacts sur l’environnement ; on ne le dit pas assez! Leur culpabilisation est le fait des écolo-bobos des villes. Aller vers un élevage plus qualitatif est un objectif souhaitable.  Mais aujourd’hui les éleveurs ne peuvent plus investir et sont confrontés à la concurrence des éleveurs allemands et espagnols qui produisent encore plus intensivement.  Pour aller vers une agriculteurs plus raisonnée, il faut d’abord permettre aux éleveurs de vivre de leur travail et les protéger de la concurrence déloyale. Le système européen aujourd’hui l’empêche.

Breizh-info.com : Le Front national propose le « patriotrisme alimentaire » notamment via les collectivités. Est-ce un gage de qualité dans les assiettes ? Le porc breton élevé en batterie est-il meilleur qu’un cochon allemand bio ? 

Gilles Pennelle : Le FN exige en effet que les collectivités locales servent du porc français. Mais là aussi, l’UE voulue et construite par l’UMPS et l’UDI l’interdit. Quant à la qualité, le porc breton est très satisfaisant. Le porc allemand est très loin d’être bio.

Breizh-info.com : En Bretagne, l’abattage halal devient une pratique courante et les abattoirs publics ferment. Que préconisez vous au niveau de la région ? du département et des collectivités ? Notamment en ce qui concerne les cantines scolaires

Gilles Pennelle : le développement de l’abattage Halal même pour des consommateurs non musulmans est un scandale! Le conseil régional doit exiger que la viande servie dans les lycées ne soit pas abattue selon ce rite. Seul le FN le dit haut et fort. Les Bretons n’ont pas à s’adapter aux coutumes religieuses des immigrés musulmans.

Breizh-info.com : N’est-ce pas l’ensemble du modèle agricole qu’il faut repenser ? Celui des années 70 est-il toujours viable ? Les agriculteurs ont ils encore conscience d’être les fermiers au service de leur peuple, eux qui sont noyés dans la mondialisation ?

Gilles Pennelle : Le modèle agricole imposé par la PAC est effectivement à bout de souffle. Le FN propose de remplacer la PAC par une politique agricole française. Je rappelle que la France verse chaque année  21 milliards d’euros à l’UE et n’en reçoit que 13 milliards, PAC comprise! Avec cet argent, l’Etat français pourra accompagner ses paysans vers une agriculture de grande qualité. Le modèle français de l’exploitation familiale doit être préservé.
Si nous continuons dans le sens voulu par les eurocrates soutenus par les politiciens français, nous aurons partout des fermes de mille vaches et des élevages de porcs de dimension gigantesques.
Je veux aussi attirer l’attention des Bretons sur le catastrophique projet de Traité transatlantique de libre échange négocié en secret avec les USA par les technocrates de Bruxelles. Son adoption signerait la fin de l’agriculture française! Au parlement européen, seuls les députés du Front national le combattent.

Les parlementaires des Républicains, du PS et de l’ UDI font comme d’habitude à Bruxelles le contraire de ce qu’ils disent dans les médias bretons!

*La Cooperl a récemment été condamnée – uniquement financièrement et à du sursis –  par la justice pour avoir délibérément mis sur le marché 1500 à 2000 tonnes de porc contaminé aux salmonelles selon un processus bien rôdé. 

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine. .

6 Commentaires

  1. « Les élections approchent : j’ai raté la marche aux Départementales à cause de « X », aux Européennes à cause de Joëlle Bergeron alors ce coup-ci aux Régionales, il me faut la gamelle ».
    La démagogie est de sortie :
    Pennelle accuse, comme un bon petit soldat du néoFN-RBM, Bruxelles. Il répète sagement les phrases préparées par le carré à Nanterre.
    Il n’a pas l’air de vouloir que la production intensive en Bretagne s’arrête alors même que ce modèle est obsolète. Les agriculteurs sont aussi des électeurs donc pas trop de vague. Contrairement à ce que dit Pennelle, l’Europe n’empêche pas les Français ni les Bretons de changer de modèle agricole, ce sont les syndicats, les gros agriculteurs et les transformateurs qui veulent le garder. Pennelle est aussi pour en tant que Jacobin.
    Le fait que les agriculteurs ne vivaient que sous perfusion de la PAC ne le dérange pas non plus. il dit qu’ils ne peuvent plus investir : en effet, pour certains agriculteurs, l’investissement s’est plutôt orienté vers l’immobilier au détriment de leur outil de travail. Donc ce n’est pas à cause des agriculteurs mais à cause de Bruxelles encore une fois. Que pense t-il de la FNSEA et de Beulin ? Silence radio, sujet sensible.
    Le porc Allemand est loin d’être Bio dit-il. En effet, il est comme ceux produits en Bretagne de façon intensive. Pas Bio.
    Les agriculteurs Bretons n’étaient-ils pas pour l »Europe ? Si mais uniquement pour les exportations.
    Amis de Poutine, les marinistes devraient le convaincre de lever l’embargo sur la viande de porc.
    Pennelle ne veut pas que l’on s’adapte aux coutumes religieuses des musulmans en ce qui concerne l’abattage halal : mais où était t-il ce charmant monsieur lors des manifestations contre la mosquée à Quimper ? Le mot d’ordre était : le néoFN-RBM ne peut pas y aller, on ne connait pas le dossier, allez-y à titre privé, il a la mémoire courte. Il a participé à combien de manifestations ce monsieur en Bretagne ?
    Le Normand sort du bois juste pour les élections, il a faim.
    La qualité du porc Breton est satisfaisante dit-il : quelle qualité mange t-il alors ? A-t-il visité un élevage de porcs en batterie ? ça coupe l’appétit.
    Etre contre l’élevage intensif c’est être considéré comme des écolos bobos des villes par Pennelle.
    Pour combattre au Parlement Européen, faudrait-il déjà que les élus du néoFN-RBM y soient avec beaucoup plus d’assiduité.
    Il se présente aux Régionales alors même qu’il est pour la suppression des régions : par ici la bonne soupe.

  2. Discours complètement stupide, mais typique des jacobins :

    « l’UE voulue et construite par l’UMPS et l’UDI l’interdit »
    L’Europe (500 millions de personnes) est donc aux ordres de 2 partis français jacobins….! A la grandeur de la France!

    « Mais aujourd’hui les éleveurs ne peuvent plus investir et sont confrontés à la concurrence des éleveurs allemands et espagnols qui produisent encore plus intensivement. »
    Comme en 1870, 1914 et en 1939, c’est toujours la faute de l’autre : celui qui a pleins de boutons sur le nez et qui n’est pas Français! Sont un peu sorcier vous savez, ces « pas comme nous » vivant en Europe! Et puis, ils ne sont même pas français! Les Bretons, oubliez que vous êtes Bretons!!!

    « Le modèle français de l’exploitation familiale doit être préservé. »
    Justement, c’est le modèle de base de toute l’économie allemande, et pas seulement des paysans… mais, bon, les Allemands sont des « pas comme nous »!

    « Le FN exige en effet que les collectivités locales servent du porc français. »
    A 66%, c’est du porc breton… donc pas français! C’est parfois utile de le rappeler!

    « Le FN propose de remplacer la PAC par une politique agricole française. »
    Vu qu’à 66%, le soi-disant « porc français » est du porc breton, c’est plutôt une politique agricole bretonne qu’il faut mettre en place!
    N’oublions pas que la Bretagne, 1ère région agricole d’Europe, est pratiquement la seule à ne pas disposer de son propre Ministère!
    C’est aux Bretons d’organiser leur filière, pas aux intramuros parisiens pour lesquels travaille le FN, tout comme ses confrères PS, UMP et NPA!

  3. Le FN complètement demeuré comme d’habitude. Penelle est dans la « ligne » officielle de l’économie selon le FN, expliquée d’ailleurs sur BI qui est allé interroger son créateur… et ce programme est consternant http://www.breizh-info.com/24661/actualite-economique/quel-est-reellement-le-programme-economique-du-fn/

    Ce sont Bigard et Cooperl qui ont raison. Le modèle est à bout de souffle, l’Etat français transforme en merdier sans nom tout ce qu’il touche et il faut règler le problème fiscal de toute urgence. Là, y a deux solutions : soit on embauche des roumains détachés par une boîte de là-bas et payés 400 € pour 35 h contre 1200€ pour un français (avec 20% de charges en + contre 55% pour un français), soit l’imposition des entreprises passe de plus de la moitié du CA à moins de 20%. C’est ça ou la mort. There is no alternative.

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