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07/09/2015 – 08h00 Nantes (Breizh-info.com) – L’église Sainte-Croix est installée dans le centre de Nantes depuis le XIe siècle au moins. Flanquée par le prieuré des moines de Marmoutiers – dont la chapelle a disparu, mais le bâtiment subsiste et a été restauré en 2009-2010 par le diocèse – elle est reconstruite et ornée d’une façade classique à la fin du XVIIe siècle, entre 1669 et 1685. Endommagée lors de la période révolutionnaire, elle est restaurée en 1822. Entre 1839 et 1841 l’architecte Nau lui ajouta un choeur voûté de pierre. Réparée après la dernière guerre, elle a été entièrement restaurée à la fin du siècle dernier par la Ville de Nantes. C’est aujourd’hui l’église du quartier historique du centre-ville – le Bouffay.
Elle est surmontée par un très curieux clocher, qui n’est autre que le beffroi communal du XVIIe posé de 1664 à 1848 sur la tour du Bouffay, puis réinstallé en 1860 sur le clocher de Sainte-Croix. La chambre de l’horloge, bâtie par M. Driollet, permet aux 4 cadrans de faire face aux 4 points cardinaux. Une grande croix fut posée sur le tout, et la grosse cloche du Bouffay, 8096 kg, la plus grande de Nantes, fut donnée à la paroisse. Des anges braquent leurs trompettes vers les 4 coins de l’horizon et quatre prophètes (David, Daniel, Jérémie et Isaïe) surmontent le tout.
Ce clocher, nous l’avons visité. Pour le visiteur occasionnel de l’église Sainte-Croix, son accès ne se devine qu’à peine – un lourd colimaçon de pierre à l’entrée, côté droit de l’église. Au dos de la porte, presque une pièce de musée – un carnet de relevés de compteur de gaz de l’usine à Gaz de Nantes, daté de 1898. L’escalier donne accès à la tribune, délaissée et poussiéreuse, puis à la base du beffroi. Là s’interrompt l’escalier de pierre, alors qu’on découvre une imposante charpente au sein de laquelle s’enroule un colimaçon de bois. Dans un coin entre les poutres, l’on distingue deux cloches superposées, fondues par le nantais Voruz, pour sonner les heures. Nous sommes au-dessus de la crête de la toiture, sur laquelle ouvre un oculus. Devant, le château des Ducs de Bretagne s’offre à la vue, et plus loin, les grues au chevet de Malakoff.
Une ouverture malcommode permet de se glisser au-dessous, dans le comble. Une passerelle est jetée sur la voûte de la nef – si la façade avait été construite alors avec de riches ornements, la voûte avait été faite par économie, en bois, et aussi parce que les terrains ne pouvaient porter le poids d’une voûte de pierre. Des échelles courbées comme la voûte permettent de descendre pour accéder aux combles des bas-côtés. Un plancher de bois se trouve au milieu du comble. Au-delà, la voûte est en pierre, même s’il y a toujours une passerelle – c’est le dessus du choeur du XIXe, flanqué de solides contreforts.
Il ne reste plus qu’à émerger des combles, et à enrouler le colimaçon. Pas pour aller très haut. Un étage plus haut, on accède difficilement aux réduits étriqués et vitrés qui abritent les mécanismes. D’abord une belle horloge – de la maison sarthoise Gourdin spécialisée au XIXe dans les horloges de clochers – avec ses engrenages brillants à force d’être bien huilés et entretenus. Dans un autre réduit, l’on voit le tambour à ergots qui tourne et actionne un système de tringles et de leviers qui entraînent les cloches – une bonne douzaine, là-haut, autour de la grosse cloche de 1663 ramenée du beffroi du Bouffay. Dans ce même réduit aux tringles, franchement défraîchi, on trouve derrière une cloison de fer qui semble être celle d’un bateau un des cadrans du beffroi. Au-dessus, une échelle de coupée courbe remonte vers une trappe. A droite, un fenestron permet d’admirer l’Hôtel de Ville.
Reprenons l’escalier, pour monter encore, déverrouiller une dernière porte un brin revêche et arriver en haut en pleine lumière. Sur la terrasse du beffroi, dominée par la toiture et la lourde cloche du XVIIe. Autour d’elle, pendues en plusieurs endroits, superposées sur deux colonnes pour les petites, la douzaine de cloches de 1861 qui forment le carillon. Aux coins, les fameux trompettistes de Sainte-Croix – ces anges qui jouent de leurs trompettes dorées pour les Nantais. Au-dessus de la grille en fer forgé aux pointes dorées, la vue s’ouvre tous azimuts, sur les églises – y compris l’infortunée basilique des Enfants Nantais – la Cathédrale, le château, et le centre-ville de la capitale bretonne. Plus loin, on peut distinguer Sainte-Anne de Chantenay, la Cité Radieuse, l’église de Carquefou, la Beaujoire ou encore les grues Titan. Bref, on voit toute la beauté de Nantes. Une vision magnifique que Nantes gagnerait à faire partager – au moins occasionnellement – aux habitants et aux touristes.
Crédit photos : Breizh-info.com
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Une réponse à “Nantes. Découvrez l’intérieur du clocher de Sainte-Croix”
Bravo, très intéressant et photos spectaculaires