20/09/2015 – 06H00 Vannes (Breizh-info.com) – En mai, nous nous faisions écho d’une souscription pour la publication d’une vie illustrée de Sainte Thérèse de Lisieux en breton. Publiée par les éditions Imbourc’h, c’est la traduction d’un album illustré français paru en 2012 aux éditions Clovis et réédité cette année. Cette vie illustrée en bande dessinée est parue fin août.

Traduit par Fabrice Coupechoux et diffusée par le blog d’information catholique breton Ar Gedour Mag, cet album de 44 pages peut être commandé sur ce site (12€ port compris, 20€ pour deux exemplaires). On pourra aussi le trouver à la librairie de Sainte-Anne d’Auray, à la Procure de Vannes et dans d’autres librairies religieuses du Morbihan. L’album a été préfacé par l’évêque de Vannes Mgr Centène, qui se bat depuis plusieurs années pour redonner à la messe en breton la première place dans son diocèse.

L’album retrace la vie chronologique de sainte Thérèse de Lisieux, proclamée docteur de l’Eglise par le pape Jean-Paul II. À l’âge de 14 ans, elle voulu devenir religieuse carmélite. Elle mourut «consumée d’amour» à 24 ans. Elle est la sainte patronne des Missions et a écrit un livre intitulé « L’Histoire d’une âme ». Cet album s’inspire en partie du livre de la sainte pour décrire son cheminement vers le Seigneur. Selon Eflamm Caouissin, fondateur d’Ar Gedour et interrogé par RCF Sud Bretagne, « cet ouvrage est exactement le même que la version française, le texte a été traduit fidèlement. La différence, c’est que ça pourra toucher certaines personnes qui n’ont pas l’habitude de s’intéresser à la vie des saints, parce que les personnes s’intéressent à la langue bretonne. Comme c’est breton, elles liront par curiosité, et ensuite seront peut-être touchées par la vie de cette sainte. » La BD est rédigée dans un breton simple, très accessible pour les enfants des écoles bilingues, pour lesquels l’ouvrage a été fait.

Si l’on ne peut que saluer l’initiative – les œuvres évangélistes sont rares de nos jours, surtout si elles sont catholiques et bretonnes, donc très appréciables, l’on s’étonnera cependant de l’opportunité de choisir une sainte française. Et même normande. Bien d’autres saints et saintes tout à fait bretons, dont l’oeuvre a été grandement reconnue au-delà des limites de la Bretagne et même de l’Europe, restent dans l’ombre pour les bretonnants. Par exemple Jeanne Jugan qui a fondé la congrégation des Petites Soeurs des Pauvres dont plus de 200 établissements dans le monde accueillent plus de 13.000 retraités isolés ou nécessiteux à travers le monde. Ou encore le missionnaire, catéchiste et enseignant Louis-Marie Grignion de Montfort dont l’oeuvre vit toujours à travers la congrégation enseignante des Frères de Saint-Gabriel.

santez-teresa

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

3 Commentaires

  1. Trugarez da Vreizh Info evit bezañ kemennet embannadur al levr-se.

    Merci à Breizh info d’avoir parlé de l’édition de ce livre.

    C’est vrai que l’on peut trouver bizarre que les porteurs de ce projet aient choisi d’éditer la vie d’une sainte française (Normande) plutôt que d’éditer directement la vie d’un saint breton, d’autant plus que la Bretagne ne manque pas de saints !

    Il y a cependant plusieurs raisons à cela :

    1) La première, une raison purement pratique pour les porteurs de ce projet : il n’y avait que cette vie de sainte immédiatement disponible et techniquement exploitable dans le fond des éditions Clovis : Un texte déjà composé, à traduire tout simplement, et des images toutes faites avec des droits d’auteurs simples à négocier.

    Il y a beaucoup de saints Bretons, mais leurs vies sont très peu éditées et illustrées. Il y a un véritable vide éditorial sur ce créneau, et c’est bien dommage. Ca s’explique en grande partie par la déchristianisation du milieu régionaliste breton. Nous avons cherché désespérément une vie de saint Yves joliment illustrée pour les enfants et nous n’en avons pas encore trouvée (c’est encore plus vrai pour saint Hervé, Saint Samson, Saint Ronan, Le Père Maunoir, etc.). Pour éditer la vie d’un grand saint breton, il faut donc engager et payer un auteur et un illustrateur pour une création inédite, puis faire traduire le texte en breton. Tout ceci est beaucoup plus cher et plus long à faire qu’une simple traduction d’un livre qui existe déjà.

    2) En soi, Ce n’est pas du tout choquant que l’on raconte en breton la vie de sainte Thérèse de Lisieux. C’est une très grande sainte pour l’Eglise catholique, son message et l’exemple de sa vie sont universels. La langue bretonne est aussi capable de raconter et de décrire le monde que les autres langues. L’histoire d’une âme de sainte Thérèse a été traduite dans plusieurs centaines de langues et dialectes. Le faire en breton permet de montre tout simplement que la langue bretonne est une véritable langue, qu’elle est capable d’exprimer des pensées humaines universelles. Si on se limite à raconter des vies de saints ou de grands personnages bretons en breton, alors les bretonnants ne pourraient jamais parler dans leur langue de la vie Jean-Paul II, de l’histoire de la Chine, du communisme ou du cinéma américain, et c’est bien dommage. Le Breton est une véritable langue, capable de décrire le monde au delà des frontières de la Bretagne, et ce petit livre en est une preuve parmi beaucoup d’autres.

    Pour vous consoler : les porteurs de ce premier projet travaillent en ce moment à d’autres projets qui verront le jour dans les prochains mois et les prochaines années. Leurs moyens sont cependant très limités, ils prennent sur leurs temps libres et leurs loisirs pour faire avancer les choses en Bretagne, pour permettre à un public bretonnant déchristianisé de redécouvrir la religion catholique sous son vrai visage, loin des caricatures grotesques des mass-médias. Si vous voulez nous aider, rejoignez-nous. Nous avons besoin : de traducteurs français-breton, de techniciens pour mettre en page les livres ou réaliser des montages audio-visuels, d’attachés de presse et de commerciaux pour diffuser et faire connaitre nos travaux, et bien sûr, d’un peu d’argent. Si vous vous sentez un âme de missionnaire, contactez Ar Gedour. Nous aimerions publier une vie de saint Yves l’année prochaine, mais tout reste à faire.

    L’un des artisans du projet Santez Tereza (BD) en breton.

Comments are closed.