Thierry Spitz (Alliance Police) : « certaines cités de Nantes sont des poudrières prêtes à sauter ».

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25/10/2015 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – La récente flambée de violence à Nantes n’étonne pas le syndicaliste policier Thierry Spitz, secrétaire régional adjoint d’Alliance Police. « Il y a des périodes comme ça, ça canarde partout pendant une semaine puis ça s’arrête. Le problème il est surtout dans le fait que ça fait des années que tout le monde met la poussière sous le tapis – à commencer par la mairie – au prétexte que Nantes est d’abord la ville où il fait bon vivre. C’est aussi la 6e ville de France avec des cités qui bougent ! ».

Qui sont même très actives, « à la fois à cause de l’économie parallèle – la drogue, mais aussi les cigarettes par exemple – et la lutte des bandes pour le contrôle des quartiers ». C’est cependant difficile, selon le policier, de relier tous les faits entre eux : « il y a à la fois des querelles qui commencent parfois pour des motifs futiles, un crachat ou un SMS, et des cycles de vengeance ». Ainsi que des stratégies d’appropriation des quartiers : venir tirer chaque nuit à Malakoff signifie en gros que le tireur vient sur le territoire d’une bande ennemie comme chez lui et il y fait la loi.

La gravité des blessures – trois balles dans la région du cœur pour le blessé de la Bottière, des blessures graves à la poitrine et au visage pour le blessé d’hier à Malakoff – ainsi que le passé des blessés, tous deux défavorablement connus des forces de l’ordre, laissent cependant penser qu’ils n’ont pas été blessés par des balles perdues et que ce sont des règlements de compte. « En moyenne, il y a trois à quatre morts par an à Nantes à cause des règlements de comptes entre bandes », estime le policier.

Toutefois il prévient : « il y a des cités dont on ne parle pas et qui sont des poudrières prêtes à sauter, notamment le Chêne des Anglais et le Bout des Landes ». Des trafics s’y étalent au vu de tous, des guetteurs sont déployés, « et on n’intervient qu’avec de gros dispositifs, ce qui n’empêche pas des cailassages réguliers. Les habitants ont peur, l’omerta règne », explique Thierry Spitz. « Et tout le monde sait que la situation s’aggrave, mais quand ça finira par sauter tout le monde sera étonné », continue-t-il.

Pour apaiser à nouveau la capitale bretonne, il a deux solutions. « Il nous faut des renforts. La demi-compagnie de CRS qui est censée être déployée pour sécuriser les cités lors des flambées de violence manque vraiment. » Et puis surtout, « il faut en finir avec le laxisme judiciaire : quand on met un caïd sous les verrous, la situation s’apaise pendant quelques mois au moins. Après, la nature a horreur du vide évidemment… mais c’est toujours ça de gagné ». Or, aujourd’hui, « la politique semble être de mettre le moins de monde possible sous les verrous, résultat ils sont dehors, les trafics se développent et ils règlent leurs comptes ouvertement ».

 Photo : DR
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4 Commentaires

  1. Non seulement les racailles bénéficient du laxisme judiciaire, mais à cela s’ajoute le chantage qu’elles effectuent au travers des cycles de violence qui sont récompensés par des subventions massives, du laxisme et une volonté d’apaisement qui ne fait que renforcer les futures montées de violence.

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