06/01/2016 – 06h55 France (Breizh-info.com) – Suite au projet de l’Algérie d’acquérir la Mosquée de Paris qu’elle finance depuis plus de 15 ans, Nicolas Dupont-Aignan, maire et président de l’agglomération de Yerres (Essonne), député de l’Essonne et président du parti souverainiste Debout la France avait demandé sur son site, début décembre, la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Il a fini par se résoudre à déposer lui-même une demande de création de commission parlementaire en ce sens. Celle-ci a été déposée à l’Assemblée Nationale le 4 janvier 2016 et renvoyée à la Commission des Lois. Sur son site, le député expose deux grands axes de sa proposition. Il estime que « l’État doit contrôler tous les mouvements de  fonds importants des culte » et propose « la création d’un fonds national de financement des cultes (taxes à l’abattage,  deniers … ) contrôlé par l’État et qui servira à financer les lieux de culte de chaque religion et l’interdiction du financement des cultes et associations cultuelles par l’étranger. »

Les propositions du député ne sont guère novatrices et s’inscrivent dans la tradition française : lorsqu’il y a un problème, l’Etat doit intervenir, il faut ajouter de la paperasse et des lourdeurs administratives, puis, si ça ne marche pas, taxer. Du reste, interdire le financement des cultes en France – le grand principe juridique d’égalité interdit de ne viser que l’islam – peut faire tiquer d’autres religions, notamment les divers courants orthodoxes, dont les lieux de culte français dépendent parfois très étroitement de divers pays, dont la Russie.

Par ailleurs, le devenir des lieux de culte déjà financés par divers pays étrangers s’annonce comme un sujet très épineux – même subventionnées discrètement, en contournant la loi de 1905, par les collectivités locales, nombre de communautés locales musulmanes sont tout à fait incapables d’entretenir leurs mosquées (ou de rembourser les dettes liées à leur construction) sans le secours de partenaires extérieurs. Alors que les besoins, eux, sont là : la population musulmane en France ne cesse de s’accroître. Il n’est pas exclu que toutes ces années, le gouvernement ait laissé d’autres Etats s’ingérer dans le financement des mosquées pour faire sortir l’islam des caves : les derniers attentats, comme les précédents, montrent que la mosquée n’est pas le lieu de radicalisation. Les salles de prière clandestines, les prêcheurs des prisons ou encore internet sont en revanche des vecteurs très puissants pour les mouvements islamistes radicaux, dont l’Etat Islamique.

Islam de France, ingérence de l’étranger

Le député avançait notamment : « Aujourd’hui, nous n’avons aucune information sur la manière dont les lieux de culte qui se construisent sont financés, en premier lieu les mosquées » et estimait que l’implication de certains Etats était une  « ingérence dangereuse ». Outre l’Algérie, d’autres pays musulmans financent des mosquées ou des associations cultuelles musulmanes en France. Par exemple le Qatar, qui injecte des fonds dans l’UOIF et a payé une grande partie de la mosquée Assalam de Nantes, située dans le quartier sensible de Malakoff. Il y aussi le Maroc, qui depuis très longtemps investit dans l’islam de France, et se livre même à une véritable guerre des mosquées et des imams avec l’Algérie, qui a perdu ces dernières années son emprise sur de nombreux lieux de culte; le conseil français du culte musulman est en effet sous influence marocaine. L’affaire de la mosquée de Paris est peut-être pour l’Algérie l’occasion de se relancer. Autres partenaires étrangers de mosquées françaises : l’Arabie Saoudite , mais aussi le sultanat d’Oman ou encore Dubaï.

Dans ces conditions, « l’islam de France » semble être une expression vide qui cache l’activité de nombreux « agents de l’étranger ». Et on peut se poser beaucoup de questions quand on constate que la même Arabie Saoudite propose de financer 200 mosquées nouvelles pour les réfugiés sur le territoire de l’Allemagne.

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