État d’urgence. La Réserve militaire refuse des candidats répondant aux critères

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06/04/2016 – 05h00 Vannes (Breizh-info.com) – Le Monde du 10 mars dernier titrait : « vaste campagne de recrutement de réservistes dans l’armée ». Depuis les attentats de novembre et les attaques islamistes, la réserve militaire opérationnelle, qui permet à des civils de servir dans l’armée à plusieurs périodes de l’année, est particulièrement mise en avant, et nombreux sont les politiciens qui souhaitent optimiser son utilisation.

« Plus que jamais, nous avons besoin des réservistes pour faire face à la menace terroriste inédite», avait déclaré Jean-Yves Le Drian, qui annonçait « 40 000 réservistes opérationnels étaient attendus pour la fin de l’année 2018, avec une capacité de déploiement de 1 000 réservistes par jour, ainsi que la création d’unités de réserve supplémentaires au sein de chaque arme et la mise en place d’une réserve de cyberdéfense, en avril, cette année.».

Le premier ministre Manuel Valls ayant déclaré en novembre que « la France est en guerre », l’un de nos journalistes a voulu lui aussi contribuer à l’effort de guerre régional, en postulant auprès de la réserve militaire opérationnelle (et servir 30 jours par an environ), tout en indiquant sa qualité de journaliste sur son CV. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un véritable parcours du combattant, digne du Domaine des Dieux dans Astérix, pour pouvoir franchir la première étape : obtenir un contact physique dans un régiment.

Le site – bien fait et attrayant – de recrutement de la Réserve Opérationnelle indique qu’au préalable, celui qui souhaite devenir sous-officier de réserve doit « constituer son dossier auprès du CIRFA le plus proche ». Après un contact téléphonique établi avec le CIRFA de Saint-Brieuc, un rendez-vous est fixé, deux semaines plus tard. Arrivé au rendez-vous, surprise, le soldat à l’accueil eu manifestement des difficultés à retrouver trace du rendez-vous, avant d’y parvenir enfin. Tout cela pour appeler son supérieur qui déclara, pressé : « la Réserve ne recrute pas dans les Côtes d’Armor », transmettant une feuille avec quelques adresses de régiment en Ille et Vilaine ainsi que dans le Morbihan.

Nous étions alors début Décembre , en début de l’état d’urgence, et à la rédaction, nous eûmes la naiveté de penser que l’armée avait pourtant besoin de bras …

Il fut par la suite difficile d’avoir un interlocuteur entre les régiments de Rennes et ceux de Vannes, nombre d’appels téléphoniques se révélèrent infructueux (pas de réponse, puis « appelez tel ou tel numéro » etc) jusqu’à parvenir enfin, via le CIRFA de Vannes, très professionnel et compétent, à avoir les coordonnées de la réserve opérationnelle du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes.

Mi-décembre, répondant aux critères fixés par le Ministère de la Défense pour devenir sous officier de réserve de l’Armée de terre  ( – avoir la nationalité française, avoir plus de 17 ans, être médicalement apte, être en bonne condition physique et mentale, avoir effectué sa journée Défense et citoyenneté (JDC), jouir de ses droits civiques ) , on demande à notre journaliste de faire parvenir un CV ainsi qu’une lettre de motivation afin d’intégrer la réserve du 3ème RIMA de Vannes. Aussitôt dit, aussitôt fait ; nous sommes exactement le 15 décembre 2015 et la prochaine préparation militaire (15 jours de formation initiale) est prévue durant les vacances de Pâques, nous informe-t-on alors, ce qui laisse quelques mois pour faire l’entretien, les tests médicaux, et pour se préparer physiquement.

Pourtant, malgré des relances en janvier, en février, puis en mars, aucune réponse à la candidature. Un interlocuteur administratif nous expliquera ce retard par de nombreux dossiers à traiter et une administration militaire débordée. Inquiétant pour un pays « en guerre » selon son premier ministre.

Début avril, enfin, une réponse, émanant d’un officier en charge du recrutement dans la réserve. Et celle-ci nous interpelle : « J’ai bien reçu votre candidature à servir la réserve opérationnelle du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes, et vous sais gré pour l’intérêt que vous portez à nos forces armées. J’ai toutefois le regret de vous informer qu’après une étude attentive de votre dossier, je ne peux retenir votre candidature car votre profil ne répond pas aux critères exigés. Avec mes meilleures salutations, ».

Ainsi donc, après avoir fait patienter plus de trois mois un candidat à la réserve opérationnelle militaire, un officier de l’armée renvoie un email de trois lignes, pour refuser une candidature qui pourtant, correspondait en tous points aux critères exigés pour intégrer l’armée. Malgré nos demandes d’explications, nous n’avons reçu, à ce jour, aucune réponse sur ce refus.

Le statut de journaliste serait-il incompatible avec celui de réserviste ? Ou bien alors le recrutement de la réserve opérationnelle était-il un simple effet d’annonce de Jean-Yves Le Drian afin de rassurer les Français ? Il est vrai qu’à voir le peu de contrôles opérés dans les grandes gares (nous avons là aussi testé, sur plusieurs allers-retours, les gares parisiennes de Montparnasse et de Lyon, l’aéroport de Roissy, sans constater ni d’état de guerre, ni de sécurité renforcée), toute cette mise en scène et cette communication paraissent de moins en moins crédibles …

Crédit photos : DR
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14 Commentaires

  1. Bjr, je vis à Montpanasse et ils ont renforcé la secu. mais comme je leur dit svt, qu’ils mettent des chiens renifleurs d’explosifs. Bonne jrnee, Paul.

  2. Le « journaliste » voulait être sous-officier direct. Est-il ingénieur, fonctionnaire de catégorie A ou sportif de haut-niveau pour prétendre avoir des galons sans passer par le stade « troufion » ? Laissez-nous en douter. Il n’a donc pas les compétences et il n’est pas étonnant que son dossier ait été refusé. Voilà ce qui arrive quand on a les yeux plus gros que le ventre.

      • Oui, sur le papier, il suffit d’avoir validé un bac +2. Mais il y a tellement de gens qui demandent à être sous-officiers que la sélection se fait sur d’autres critères car l’armée ne peut accepter tout le monde. Et les profils compétents que j’ai cités sont prioritaires.

        Il suffirait aussi de valider un bac +5 pour être officier…Donc, valider un master de psychologie ou de sociologie – avec le type de profil qu’on reconnaît à ce type d’étudiants – suffirait à être officier dans l’armée selon cette logique. La bonne blague !

        Par ailleurs, en tant de guerre ou d’état d’urgence, l’armée a besoin de soldats, pas de sous-officiers ou d’officiers. Elle en a largement assez dans la régulière pour encadrer les réservistes.

        De plus, sachez que même si ce journaliste avait été retenu pour être sous-officier de réserve, il n’aurait été que très peu appelé car un sous-officier de réserve coûte plus cher qu’un soldat réserviste. Donc, très peu voire pas de mission pour lui. Sans intérêt.

        Un conseil à ceux qui veulent entrer dans la réserve de l’armée : voyez vos ambitions à la baisse, restez humbles et demandez à être soldats de réserve. Ca n’est pas sûr que votre profil soit retenu mais vous avez plus de chance d’y parvenir qu’en étant trop gourmand et prétentieux. De plus, si vous êtes appelés, vous serez souvent sur le terrain.

          • La sélection se fait sur dossier et il n’y a pas de test. Par ailleurs, comme toute entreprise, l’armée recrute selon ses besoins et ses critères propres. Au 3° RiMa, je ne pense pas qu’ils veulent un journaliste. Par contre, ce candidat se serait adressé au Sirpa ou au GIACM ou dans des cellules spécialisées COM, cela les aurait intéressé. Pour être officier en recrutement direct réserve, il faut un BAC+4 ou 5 et faire une préparation militaire de 2 semaines. Il me semble que pour les sous-officiers il est toujours possible de passer militaire puis sous-officier sans condition de diplôme. Dans tous les cas, renseignez-vous sur le régiment et/ou sur les spécialisation du service par rapport à vos motivations/compétences, cela sera gagnant.

        • Vos arguments ne sont pas contestés. L’article pointe plutôt une com habituelle. Le gouvernement fait de la com sur l’embauche de militaires pour faire de la politique et rassurer les gens. En sous-jacent bien entendu la peur suscitée par les attentats. Accessoirement a t-on vu un militaire intervenir dans un attentat en France depuis 40 ans; ça n’est pas leur compétence. En pratique, ça se passe autrement, il n’y pas de budget sauf en marge pour la com.

  3. Avoir un journaliste qui cherche à faire de l’investigation dans les rangs de l’armée, heureusement ils ne l’ont pas recruté. En effet il ne correspondait pas aux « critères » de confidentialité. Pour entrer dans la réserve, c’est pourtant très simple pour un jeune…encore faut-il être motivé car cela se voit au premier entretien. Les militaires ont au moins une qualité, ils savent évaluer les femmes et les hommes.

  4. Michel Drucker, qui n’a pas le bac, est colonel de réserve. De même, Jean-Vincent Placé qui n’est pas connu pour ses qualités sportives est colonel des forces spéciales. Certes, on ne leur demande pas de faire des tractions mais des missions de liaison entre l’armée et la nation. Cependant, j’imagine que les opérationnels doivent les regarder comme des boulets. Ils ne donneront jamais d’ordres à des combattants et ne seront salués que par des administratifs…

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