Nantes : vente de drogue au vu de tous à la station Commerce

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12/04/2016 ‑ 06h00 Nantes (Breizh-info.com) – Commerce, Pirmil, Souillarderie. Ces trois stations du réseau de tramway de Nantes connaissent d’importants problèmes de deal de drogue, selon les syndicats de la SEMITAN (CFDT, CFTC, UNSA, CGT) qui ont rendu public le 3 mars un courrier traduisant l’exaspération des agents face aux agressions, aux incivilités et au trafic qui s’étale chaque jour sous leurs yeux. La première est située au centre de Nantes, la seconde donne accès aux quartiers de la rive sud de la Loire, la troisième est située près du quartier sensible de la Bottière, à l’est. Un mois après, au cœur de Nantes, qu’est-ce qui a changé ? Rien ou presque. Une image flagrante du laisser-aller total offert par les autorités à la délinquance quotidienne dans la capitale bretonne.

Les incidents avec les dealers à Commerce sont récurrents depuis la fin de l’année 2015. En février, la CGT de la SEMITAN signalait qu’une agression physique a été évitée de justesse, ainsi qu’un vol aux abords du local de la TAN à la station Commerce. Le 11 mars 2016, lors de la réunion des délégués du personnel, le sujet est abordé par les élus de la CFDT : « malgré les courriers aux autorités, une action de la BSTC le 29 février sur les quais de la ligne 1 à Commerce, les agents de la SEMITAN ne sont plus en sécurité. Est-ce qu’il faut attendre une agression sur un agent pour qu’un plan et une action de fond soient mis en place ? ». La direction répond alors que la police municipale et la police nationale seront présentes sur les lieux pour une durée indéterminée.

Toujours dans cette réunion du 11 mars, « suite aux problèmes avec les dealers sur les stations Commerce, Pirmil, Souillarderie, la CFDT demande l’installation de bornes WiFi à proximité de ces stations permettant de visualiser et de télécharger au plus vite les images de vidéo-protection des tramways et des bus à proximité ». La direction botte en touche et renvoie à Nantes Metropole.

De son côté, la CGT a publié un Flash en mars sur son site internet : « au mois de décembre et janvier la CGT a signalé à de multiples reprises la situation à Commerce du fait de la présence d’un groupe de personnes qui importunent les usagers mais également les salariés. Accrochés au local conducteur comme des berniques à leur rocher, ils gênent l’accès à la salle et perturbent la tranquilité publique. Ils consomment des substances et s’alcoolisent fortement. Plusieurs altercations ont eu lieu avec les agents », précise le syndicat. « La CGT a déposé une alerte de danger grave et imminent au CHSCT. Cette alerte a eu pour effet immédiat la présence sur le secteur des forces de l’ordre et l’interpellation de quelques individus. Malgré tout cela n’a pas décroché les berniques de leur rocher et la situation n’a fait que se dégrader », déplore l’organisation.

Pourtant, les personnes qui composent le groupe en question – et les autres groupes de Pirmil et la Souillarderie – sont connues des forces de l’ordre. A la Souillarderie, ce sont des jeunes du quartier de la Bottière, souvent mineurs, qui s’adonnent à la vente de drogue, ne cessant de traverser les voies, d’interpeller agents et voyageurs parfois agressivement, de se livrer de temps à autre à des vols à la tire et de squatter l’ascenseur de la station. A Pirmil, une dizaine de dealers se livrent à leur commerce sous la halle. Quant à la station Commerce, elle n’a jamais aussi bien porté son nom : le vin qui y était déchargé au XVIIe, puis les épices au siècle suivant ont été remplacés par le cannabis. Selon les heures, ils sont de dix à cinquante à se livrer au deal. Ce sont là encore des personnes jeunes voire très jeunes, majoritairement d’origine immigrée. Certains sont clandestins et se débrouillent en déclarant à chaque fois une identité nouvelle lorsqu’ils se font arrêter, et pas de domicile, ce qui ne les empêche pas apparemment de bénéficier de la mansuétude de la justice.

Ce 5 avril, rien n’a changé, encore, ou si peu. Il est presque 17 heures et les premières « berniques », comme les appelle la CGT, sont déjà accrochées au local de la TAN ; il y en a une dizaine, dont une qui remonte le quai. Elles se font discrètes sous leur capuche, et non moins discrètement ces dealers proposent de la drogue, ou se font accoster par leurs clients réguliers. A côté, d’autres parlent en attendant que les affaires commencent à partir de 18 heures. Trois agents de la TAN regardent, exaspérés et lassés. « Ce n’est pas à nous de faire la police. Mais c’est dingue de voir que malgré le courrier début mars et la pression des syndicats, ça continue au vu et au su de tous, en pleine ville », s’insurge un contrôleur.

« Il y a encore des altercations de temps à autre », précise un autre, « même si les polices nationale et municipales font des rondes et qu’ils sont un peu moins présents. Mais dès qu’ils arrivent ils vont en face à Baco ou place du Commerce, puis dès que les patrouilles s’en vont, ils reviennent », précise l’agent, qui ajoute « maintenant ils se mettent plus souvent au bout du quai, près de nos WC », côté quai de la Fosse. Un conducteur qui attend de prendre son service se joint à la conversation : « le deal ? Mais on voit que ça ! Là encore, l’autre jour, devant moi, y en a un qui vient, file un billet de 20 à un jeune à capuche, et repart avec un petit truc gris ». Une barrette de résine de cannabis probablement. Un contrôleur acquiesce, et ajoute « ils n’ont pas grand chose en came sur eux quand ils se font prendre, et c’est arrivé. La justice est plus indulgente pour une barrette qu’un pavé de résine de cannabis. Mais ils restent là des heures, et doivent faire du chiffre. Si ça se trouve, il doit y avoir de la drogue tout autour de nous ici, les cachettes ne manquent pas hélas. Si les policiers venaient avec un chien, ils ne seraient pas au bout de leurs surprises… »

Crédit photo  :DR

Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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6 Commentaires

  1. « Une image flagrante du laisser-aller total offert par les autorités à la délinquance quotidienne dans la capitale bretonne. » Dans la capitale bretonne ????? Revoyez votre géographie ! Nantes n’est plus rattaché à la Bretagne depuis plusieurs dizaines d’années !

    • De par son histoire politique et sociale, Nantes était, est et reste la capitale bretonne.
      Rennes n’est qu’un chef-lieu de canton, érigé en « capitale » tout à fait administrative par la France, afin de diviser pour mieux règner, et casser la solidarité entre les milieux marchands de Nantes, St Malo et Vannes face aux impôts (déjà) énormes et autres dérives budgétaires de la France royale au détriment de ses provinces. *
      Le jour où l’Etat se désengage (et c’est déjà largement en cours), Rennes n’est plus rien.

  2. Ah si les manifestants de NDDL n’avaient pas détruit le commissariat Cours Olivier de Clisson ! mais là aussi les casseurs ont gagné face aux forces de police …

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