Ai’ta !. Disentiñ ! – Désobéir pour la langue bretonne

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Les éditions Yoran Embanner ont édité, début 2016, un ouvrage célébrant plus de dix années du combat en faveur de la langue bretonne mené par Ai’ta ! Ai’ta !, ce sont ces jeunes vêtus de t-shirts orange que vous avez pu croiser au détour d’une poste occupée, d’une gare sncf qui refuse la signalétique bilingue, ou encore d’un fest-noz ici ou là.

Des festoù-­noz sauvages dans les gares aux actions spectaculaires et humoristiques du style « Green Peace » dans les bureaux de poste, des campagnes d’auto­collage aux concours de démontage de panneaux, le collectif Ai’ta ! (« Allez ! » en breton) a su se distinguer depuis sa création en 2005. Son but ? Que la langue bretonne puisse être lue, entendue et parlée partout dans la vie publique en Bretagne. Que les Bretons puissent vivre leur langue sans restriction et la transmettre librement. En un mot : « Brezhoneg  yezh vev ! » (Le breton langue vivante !).

Ecrit par des membres du collectif, ce livre retrace la  lutte quotidienne des militants. Il explique leur choix de la désobéissance civile et non-violente pour se faire entendre, ce qui n’empêche pas de nombreux procès ! Au­-delà des témoignages, il constitue également une réflexion sur les moyens de se réapproprier une langue et une culture ultra-minorisées. Il se veut enfin un rappel : en matière de droits linguistiques, rien n’est jamais acquis, tout est à conquérir de haute lutte !

Les articles principaux du livre sont écrits en Français, mais beaucoup de témoignages ne sont qu’en langue bretonne. Ce ne pourra qu’inciter les lecteurs à s’inscrire dans les nombreux stages organisés par de multiples organismes qualifiés pour enseigner la langue bretonne, y compris sous forme de cours du soir.

On retrouve également de nombreuses photos des actions menées par ces jeunes insoumis, et bien entendu, un retour sur les grands moments de la vie du collectif, qui a récemment adressé une lettre ouverte à Jean-Yves Le Drian concernant la politique linguistique de la région Bretagne.

Les revendications d’Aï’ta ! sont les suivantes :

  • Atteindre un minimum de 10 heures de programmes en langue bretonne diffusés chaque semaine par la télévision publique à des heures de grande écoute. Alors que le projet Breizh Creative de web media, porté par la région, vient d’être lancé, nous ne pouvons que constater que la langue bretonne a été oubliée en cours de route (site internet et plateforme web media KUB).
  • Atteindre 5 heures par jour de programmes variés en langue bretonne diffusés sur la radio publique et développer les fréquences des radios associatives en langue bretonne sur l’ensemble des cinq départements bretons. Alors que, là encore, les technologies évoluent fortement, le projet de la région semble se contenter de continuer à soutenir un site internet de mutualisation des radios associatives sans réelle prospective.
  • Installer une signalétique bilingue français-breton sur les routes nationales de Bretagne, conformément aux engagements de la nouvelle convention Etat-Région. Le refus de la DIRO d’installer une telle signalétique bilingue se base aujourd’hui sur l’interprétation du principe dit de « lisibilité » contenu dans une circulaire datant de 1982 (cc 82-31 du 22/03/82). Depuis fin 2015, la DIRO procède au remplacement systématique de l’ensemble des panneaux de signalisation sur la RN 165 entre Auray et Vannes en ne respectant aucunement la nouvelle convention. Il en ira probablement de même pour le nouvel échangeur en cours d’achèvement à Muzilllac. L’interprétation de cette circulaire semble différente, notamment en Corse, sur les routes nationales d’Etat (messages électroniques compris).
  • Développer la place de la langue bretonne, tant à l’oral qu’à l’écrit, à la SNCF et à la Poste (signalétique bilingue complète et paritaire). Malgré la convention qui stipule que « la Région souhaite que les gestionnaires d’infrastructures et exploitants s’engagent dans la mise en place progressive d’une signalétique bilingue paritaire » , la SNCF continue à vouloir traiter la langue bretonne comme une langue étrangère. Nous attendons également réponse du dernier courrier adressé à la région sur ce point en janvier 2016.
  • Poursuivre la mise en place d’une signalétique bilingue complète et paritaire systématique pour les équipements sous maîtrise d’ouvrage de la Région et conditionner le conventionnement avec la région à la présence de langue bretonne traitée de façon paritaire au français dans les ouvrages subventionnés. Le nouveau musée de Pont-Aven financé à hauteur de 1,3 M€ par la région illustre de manière caricaturale l’absence de volonté de la région sur ce point. Le musée est entièrement bilingue français–anglais sans la moindre référence à la langue bretonne… Il en a été de même pour la cité de la voile à Lorient où la langue bretonne présente à son ouverture a disparu au profit de l’allemand dans la nouvelle scénographie du musée en mai 2015.
  • Augmenter le budget « langue bretonne » afin de pouvoir assurer de façon effective les missions de développement de l’EPCC Office public de la langue bretonne. Les engagements pris par les collectivités publiques, en terme d’objectifs de la charte « ya d’ar brezhoneg »  et d’atteinte de niveaux de labélisation, ne sont pas respectés, comme l’illustre clairement l’abandon de la charte en catimini par la commune de Theix-Noyalo dans le Morbihan. Cette charte est pourtant le seul outil dont dispose la Région pour développer la présence et l’usage de la langue bretonne dans les autres collectivités territoriales en Bretagne. Les conventions ne sont pas suivies selon les chiffres rendus publics par l’office publique de la langue bretonne : sur 183 communes signataires de la charte et 13 communautés de communes en 2015, seules 28 communes et 2 communautés de communes ont été labellisées au niveau 2, seul niveau où des efforts réels pour la langue bretonne commencent à être fournis. Seules deux communes en Bretagne ont obtenu le niveau 3 !
    D’autre part, il paraît urgent de développer un nouveau service au sein de l’EPCC afin de traiter des nouvelles technologies. A titre d’exemple, il est ainsi possible de traduire via la plateforme de traduction Google le mot « fromage » du gallois en corse mais pas en breton. Cet exemple illustre le risque de décrochage bien réel de la langue bretonne sur les supports numériques.
  • Renégocier un additif à la convention portant sur l’enseignement bilingue prévoyant un objectif réévalué et un plan de développement pluriannuel chiffré et défini par zones géographiques (à décliner en plans d’actions annuelles) pour les ouvertures de classes bilingues ou transformation de classes monolingues sur le modèle de l’académie de Strasbourg. L’objectif d’atteindre 20 000 élèves en filières bilingues en 2020, soit seulement 3 % des élèves de l’académie de Rennes, ne peut être accepté en l’état ! Cet objectif avait déjà été fixé initialement pour 2010 dans le premier plan de politique linguistique de la région en 2004. Ce seul chiffre démontre le “sur-place” de la région en la matière.

Désobéir pour la langue bretonne – Disentiñ evit ar brezhoneg – Stourmerien Ai’ta ! – Yoran Embanner – 18 € – à commander ici

 

Crédit photo : DR
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