Manifestations contre la loi Travail à Nantes : au moins 50 blessés en mai 2016 selon les street medics

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 30 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

29 300 € réunis sur 60 000 € (49 %) — il manque encore 30 700 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 60 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

60 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information ASPA : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

17/06/2016 – 05H00 ‑ Nantes (Breizh-info.com) – Depuis bientôt trois mois, les manifestations contre la loi Travail se succèdent dans les centre-villes de Nantes et de Rennes. Accompagnées de débordements et d’émeutes, elles donnent lieu régulièrement à des affrontements en ville avec les forces de l’ordre, au cours desquels des manifestants sont blessés, soit par des projectiles lancés par d’autres manifestants, soit par ceux des forces de l’ordre. Au sein de la manifestation, des bénévoles se dévouent pour soigner les manifestants blessés : ce sont des street medics, des médecins de rue, souvent étudiants en médecine ou infirmiers de métier.

Selon un état publié sur le média d’extrême gauche Indymedia, ces street medics ont recensé en mai des dizaines de blessés. Les manifestants peuvent être blessés en manifestation soit par des projectiles lancés par des manifestants (pavés, bouteilles de verre etc.), soit par des projectiles des forces de l’ordre (palets de gaz lacrymogène, grenades de désencerclement, balles de lanceurs de balles de défense). L’usage intensif du gaz lacrymogène peut aussi provoquer chez certains manifestants des conséquences graves : crise de panique, crise d’asthme, malaises, difficultés respiratoires…

Lors des manifestations de mai – et jusqu’au 2 juin, les street medics ont recensé 15 blessés le 12 mai, alors que d’importantes émeutes avaient eu lieu à Nantes, 16 le 17 mai, lors d’une manif accompagnée d’émeutes et de l’incendie d’un scooter  devant le Carré Feydeau, 3 encore le 19, lorsque se tenait une manifestation sauvage, interdite par la Préfecture, et qui s’est accompagnée de casse, 5 le 26 mai et enfin de 8 à 10 le 2 juin, alors que la manifestation s’est accompagnée de plusieurs incidents. A ces blessés il faut ajouter les personnes qui ont des difficultés notoires après un gazage : environ une centaine qu’il a fallu soigner.

Ces chiffres de manifestants blessés ne sont qu’un dénombrement partiel, pour deux raisons. La première, c’est que les street medics sont en nombre insuffisant et toujours débordés par la demande. La seconde, qu’ils dénoncent avec force, c’est qu’ils se trouvent régulièrement privés de leur matériel médical par les forces de l’ordre. Ils ne peuvent donc pas tous être présents en manifestation, alors que pourtant l’accès des secours classiques – pompiers, SAMU etc. – est particulièrement malaisé et retardé en raison des gazages et, souvent, des affrontements ou de la présence d’éléments hostiles, tels que les casseurs.

Dans le même temps, suite aux émeutes incessantes et aux accrochages entre casseurs d’extrême-gauche ou des cités et police, les forces de l’ordre ont eu 92 blessés à Nantes de mi-mars à mi-mai 2016, soit 26% des blessés policiers sur le territoire national. Depuis mi-mai et la forte mobilisation des policiers contre les violences qui leurs sont faites, « il n’y a pas eu plus de policiers blessés à Nantes, ce qui est plutôt bien », nous apprend Arnaud Bernard, délégué Alliance Police 44. Le syndicaliste policier l’explique aisément : « avec le temps, nous nous sommes mieux préparés aux différents types d’agression ». Les policiers nantais ont aussi reçu plus d’équipements de protection individuelle et collective.

Certaines blessures mentionnées par les street medics sont assez graves, notamment lorsqu’elles sont causées par des impacts directs de palets lacrymogènes ou des éclats de grenade de désencerclement. Ainsi, le 19 mai vers 16 h 30, les medics font état d’une « jeune fille de 12 ans avec un doigt brûlé à cause d’un jet de gaz lacrymogène ». Le 26, dans le parking surélevé rue François Albert sur l’île de Nantes, entre 16h30 et 16h45, il y a plusieurs blessés graves : « Un homme s’est pris un fragment de grenade de désencerclement dans le ventre, c’est dans ce laps de temps qu’une autre jeune fille à été blessé à l’œil, elle n’a pas de décollement de la rétine mais toujours une tache noire qui l’empêche de voir correctement. Il y a eu a ce moment tellement de gaz, de grenades et de LBD qu’on a forcément pas vu tout les blessé-e-s. » Le 2 juin vers midi devant le mur anti-émeute sur le pont de la Motte Rouge, il y a encore « un blessé à la main à cause d’un pétard » qu’il a voulu sans doute lancer sur les forces de l’ordre. Et, un peu plus tard, près de la piscine de l’île Gloriette en centre-ville : « un blessé à l’arcade (hôpital, il s’en sort avec une grosse cicatrice et un énorme hématome : deux points de suture et une brûlure assez profonde du visage). Un médic a reçu une grenade de désencerclement sur le sac, il a 3 impacts dans le dos et 2 dans le coude. Une grosse crise de panique. Un LBD dans une épaule. Un bout de grenade de désencerclement dans un bras. Une ouverture à l’arrière de la tête. »

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Politique

Terra Nova : les électeurs de Philippe, Attal et Glucksmann ont peur, ceux de Le Pen veulent le changement

Atlantique

Environnement, International

Coraux : 96 % des récifs étudiés menacés d’effondrement d’ici 2075

International

Les Amish, dernier « groupe témoin » d’une Amérique qui a tout délégué à l’État

Politique

Sondage : les Bretons veulent plus d’autonomie

Politique

Notes de lecture

Sociétal

Interdiction du colloque Remigration de Polémia : quand la menace de l’extrême gauche devient un motif pour l’anarcho-tyrannie

Culture & Patrimoine, Histoire

Les bonnes consciences et les comptes de l’esclavage

Economie, Social

TPE : 61 % des patrons voient leur chiffre d’affaires baisser, 51 % se paient moins que le SMIC

viol

Société, Tribune libre

Dérive à Rennes 2 : une féministe relègue le viol au rang de « dommage collatéral » des émeutes urbaines [L’Agora]

Politique

Murielle Lepvraud (LFI) : le Mali vient au secours de la Bretagne

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

NANTES

Répression du stationnement à Nantes : les soignants libéraux dénoncent des PV en pleine tournée

Découvrir l'article

Sociétal

Émeutes d’octobre : l’ancien chef de la DGSE Pierre Brochand prédit des éruptions de violence plus fréquentes et plus intenses

Découvrir l'article

NANTES

Pillages à Nantes : face aux casseurs, l’État et la mairie sortent les mesurettes

Découvrir l'article

Sociétal

Fédéralisme, langues régionales, réunification : le sondage qui bouscule le centralisme

Découvrir l'article

NANTES

Loire-Atlantique : un Guinéen recherché pour viols arrêté en pleine rue à Nantes

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

Saint-Jacques de Pirmil, 8 siècles d’histoire et une charpente qui cède

Découvrir l'article

Animaux, Culture & Patrimoine, Patrimoine, Sciences

Nantes : un dinosaure de 10 à 12 mètres exhumé dans le Wyoming trônera au Muséum en 2029

Découvrir l'article

NANTES, Politique

Drogue à Nantes : amendes à 500 €, maraudes et « salle de shoot », le RN dénonce des « mesurettes »

Découvrir l'article

A La Une, NANTES

Nantes : 6 millions d’euros pour raccorder à l’eau potable des bidonvilles censés disparaître

Découvrir l'article

NANTES

Nantes : le campus du Tertre évacué, l’université dévastée après 4 jours d’occupation

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.