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23/06/2016 – 06H00 Londres (Breizh-info.com) –L’Irlande du Nord et le Pays de Galles se sont qualifiés avec brio pour les huitièmes de finale de l’Euro 2016. Avant de revenir assister aux matchs qui se dérouleront samedi pour les Gallois (à Paris) et samedi ou dimanche pour les Nord Irlandais (à Paris contre le Pays de Galles ou à Lyon contre la France), une grosse partie de ces supporteurs sera rentrée au pays, afin de prendre part au vote sur le Brexit. Qu’ils soient Gallois ou Nord-Irlandais, la plupart des supporteurs que nous avons rencontré (à Lens, lors d’Angleterre – Pays de Galles, à Nice et à Paris, lors d’Irlande du Nord – Pologne et Irlande du Nord – Allemagne) pensaient aller voter ce jeudi 23 mai.
Et la majorité de ceux que nous avons interrogé exprimaient le souhait de quitter l’Union européenne. « C’est parce que nous sommes attachés à l’Europe que nous ne voulons plus de cette Union européenne » nous confie Mark, supporteur de Linfield FC et de l’Irlande du Nord. « A Bruxelles, ils sont totalement déconnectés des réalités», surenchérit Georges, de Bushmills, qui « espère que d’autres pays d’Europe suivront le chemin du Brexit pour permettre la fondation, à terme, d’une nouvelle Europe ».
Bien souvent au coeur des débats, la question de l’immigration : « Nos frontières sont des passoires » poursuit Mark, qui est persuadé que « le Royaume-Uni pourra mieux les contrôler en ne faisant plus partie de l’Union européenne », tout en admettant que « les gouvernements successifs au Royaume-Uni ont déjà accepté une immigration folle depuis trop d’années ». Il est vrai que l’argument d’un « Royaume-Uni plus fort seul pour maîtriser son immigration » a du plomb dans l’aile, et a d’ailleurs été très attaqué par les partisans du maintien dans l’Union européenne.
Côté Gallois, il y a toutefois une crainte de voir « Londres chercher à renforcer son pouvoir central au détriment du Pays de Galles ou de l’Ecosse » explique James, qui espère lui aussi que ce vote permettra « l’explosion d’un système à bout de souffle ».
Contrairement à ce qu’affirme depuis des semaines une certaine presse, les partisans du Brexit semblent – tout en gardant leurs spécificités insulaires – profondément attachés à l’Europe des peuples. Au même titre qu’une partie des « eurosceptiques » dans le reste de l’Union européenne, c’est Bruxelles et sa bureaucratie qui sont particulièrement détestés. Les règles, les normes, sont jugées particulièrement « lourdes » et « contraignantes».
La plupart des fans interrogés lundi et mardi commençaient toutefois à s’inquiéter des répercussions de l’assassinat de la député travailliste Jo Cox, assassinat très rapidement imputé à un « partisans du Brexit ». « Quand ça les arrange, il n y a plus de fou ou de dérangé, mais des gens qui vont contre leurs idées » souligne Kate, une anglaise de Leicester qui accompagnait son mari de Belfast pour suivre le match Irlande du Nord – Allemagne. « Cet assassinat horrible arrive quand même au très bon moment pour les partisans du statu-quo ». Une réflexion qui a le don de ne pas plaire du tout à son voisin de table, de Belfast également : « Le débat a été haineux, des deux côtés d’ailleurs, et cela aboutit à des drames comme celui là. Mais vous voulez quoi ? Qu’on remette des barbelés et des soldats à la frontière avec l’Irlande ? Qu’on s’enferme sur notre île ? On va couler si on quitte l’Union européenne ».
Verdict du référendum vendredi midi. Avant pour certains fans, de reprendre l’avion à destination de la France, afin de replonger dans la détente, la compétition sportive et la consommation (parfois excessive) de houblon, comme depuis le début de l’Euro 2016.
Crédit photo : breizh-info.com
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