25/07/2016 – 05H30 Rennes (Breizh-info.com) – A Bain-de-Bretagne, une commune du sud de l’Ille-et-Vilaine, un collectif de soutien aux migrants se retrouve éclaboussé par une étrange mésaventure. Une pétition avait circulé dans la commune en 2012 pour soutenir la famille Meloyan, déboutée du droit d’asile, mais dont les deux enfants, Liza et Romain, sont nés en France, afin de réclamer leur régularisation. Problème : le chef de famille a depuis été condamné pour escroquerie.

L’Éclaireur (15/07/16) nous apprend en effet qu’Artur Meloyan est passé en juin devant le tribunal correctionnel de Rennes pour tromperie et escroquerie sur les véhicules. Associé à un concessionnaire automobile local, Dany Berner, déjà condamné pour escroqueries, ils ont trafiqué des compteurs de voiture en 2014-2015, au préjudice de 42 victimes, de façon à diminuer nettement le kilométrage réel des véhicules. Le ressortissant arménien a été condamné à un an de prison avec sursis, cinq ans d’interdiction de gérer et dix ans d’interdiction d’exercice dans le négoce automobile, tandis que son complice local a eu trois ans dont deux ferme, une interdiction de gérer pendant cinq ans et une interdiction définitive d’exercer dans le négoce automobile.

Au tribunal, il avait affirmé avoir fait cela par besoin d’argent. Non régularisé puisque ses trois demandes d’asile ont été refusées entre 2009 et 2012, comme pour sa conjointe, il ne peut donc pas travailler librement. Et la famille ne touche que 300€ par mois pour les deux enfants, qui eux sont nés en France. Cette situation kafkaienne est liée à la volonté de l’administration française de ne réserver l’emploi qu’à ceux qui sont en situation régulière, c’est à dire aux ressortissants français, de l’UE ou aux personnes dotées d’un titre de séjour en règle. En réalité, elle pousse de nombreux immigrés vers le travail au noir ou la délinquance.

Par ailleurs, Artur Meloyan affirme ne pouvoir retourner en Arménie, car il s’était opposé à la réélection du président Sarkissian, qui avait fini par s’imposer après des remous et une mobilisation emmenée par l’opposition qui dénonçait alors des élections truquées. Parti en Russie, comme beaucoup d’Arméniens – qui le font, eux, pour des raisons économiques – il s’était finalement rendu en France en 2009, après avoir payé 3000 $ avec sa femme – une somme qui n’a rien de négligeable.

Pour l’OFPRA (office français de protection des réfugiés et des apatrides), l’Arménie est considérée comme un pays sûr. Les demandes d’admission en France ont donc peu de chances d’aboutir – seules 5.8% ont été satisfaites en 2014 selon le rapport d’activité officiel (page 53) pour les 1000 premières demandes (dont trois en centre de rétention), cependant même déboutés, une très grande majorité des migrants restent en France. Ce que la Cour des Comptes n’a pas manqué de souligner en 2015, affirmant  que 96% des migrants déboutés restent sur le territoire national ; le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui contestait le chiffre de la Cour, affirmait quant à lui que 20% seulement des déboutés quittent la France – ce qui en fait 80% qui restent.

Après la condamnation d’Artur Meloyan, sa crédibilité semble entachée et ses soutiens sont mal à l’aise. La pétition, envoyée au député Jean-René Marsac (PS) et signée par 265 personnes  a été fermée. Elle avait été émise par l’Abri bainais, une association créée pour accueillir une famille syrienne dans la commune.

Une conseillère municipale, Marie-Céline Hurel, adjointe à la communication, au cadre de vie et au tourisme, s’était aussi beaucoup investie pour cette famille. Dans les colonnes de L’Éclaireur, elle ne manifeste aucun regret : « elle veut toujours, par conviction et conformément à ses valeurs, soutenir cette famille ». Pas sûr toutefois que les clients qu’il a floués partagent son sentiment.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

3 Commentaires

  1. Certes, il ne pouvait pas travailler légalement, pour autant il pouvait (comme beaucoup) travailler illégalement sans arnaquer des gens dans le pays auquel il réclame l’asile !

  2. « par conviction et conformément à ses valeurs » …. je ne connais ni les convictions ni les valeurs de Mme Céline HUREL, représentant de la république, mais c’est l’activisme de ces personnes qui créer ce terreau d’insécurité et de mal honnêteté dans des villes où n’existaient qu’une délinquance mineure !!!

    Si cette personne n’était pas accueillie en France « terre d’accueil »…cela ne se produirait pas. Concernant l’association « abri bainais », aspirateur de migrants, comment vit-elle? …avec des dons ou un dossier bétonné pour toucher des juteuses subventions provenant de nos impots !!!
    Encore toutes mes condoléances pour les arnaqués.

Comments are closed.