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11/10/2016 – 06h30 Nantes (Breizh-info.com) – Le syndicat national des journalistes (SNJ) tenait son congrès à Nantes depuis le 5 octobre. Très marqué à gauche, le SNJ est adhérent à la confédération Solidaires-SUD proche du mouvement trotskyste. Il pèse très lourd dans la profession (48 % des suffrages aux élections pour la carte d’identité des journalistes).
Il organisait dans le cadre du congrès un débat public sur le thème : « Journalistes, la confiance perdue ?- Une profession en mal être ? » Un sujet très actuel.
La première intervenante Dominique Pradalié, journaliste à France télévision et secrétaire générale du syndicat, déclare tout de go que la crise de sa profession est due au « climat général » marqué par « la montée de l’extrême droite et des populismes ». Le ton était donné.
Le second, Hervé Kempf directeur du site écologiste « Reporterre « » et de sa publication, mérite l’intérêt. Selon France Inter : « Depuis 1998, il assurait la chronique Ecologie du quotidien national Le Monde. Mais en septembre 2013, il en démissionne car il ne peut y réaliser les reportages qu’il souhaite sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Depuis il se consacre entièrement au site Reporterre ». Un site qui a consacré plus de 90 articles depuis le début de l’année à NDDL et aux zadistes dont l’un appelle même au sabotage dans l’édition du jour. Comme Hervé Kempf déclare « vivre de Pôle emploi », il ne doit pas consacrer beaucoup de temps à la recherche d’un emploi.
Pour lui on ne doit pas parler de « maintien de l’ordre » mais de « politique de répression ». Il affirme que : « Le mal être des journalistes est celui du système » et dénonce son responsable, la main mise de la finance sur la grande presse : « les 4/5 appartiennent aux banques, aux grandes entreprises et à celles de la téléphonie ». Cela conduit à la servilité des journalistes qui dans un rapport dominants/dominés deviennent des domestiques.
Jean-Christophe Boulanger est président du Syndicat de la presse d’information en ligne( SPIIL) qui revendique 150 adhérents. Pour lui le Web est « plus pratique et permet de faire de la meilleure qualité que le print » et avec le web « le journaliste n’ a plus le monopole de fournir de l’info ». Il reconnait que « les gens n’ont plus confiance dans la presse » mais cite le journal La Croix avec bienveillance. Pour lui, l’information est un métier qui a sa propre déontologie, les blogueurs n’en ont pas.
Le dernier intervenant Patrick Eveno est le président de l’Observatoire de la déontologie de l’information (ODI) dont le but est : « d‘effectuer une veille en matière de déontologie journalistique, en s’attachant à déceler les causes de dysfonctionnements et les bonnes pratiques de l’information ». Ce qui n’empêche pas Eveno de déclarer que : « le droit de vote ne sert à rien si le public n’est pas éclairé par des journalistes » et de s’étonner de l’importance donnée par les médias à « la chemise déchirée du DRH d’Air France » alors qu’on ne parle pas « des jeunes blessés par la police dans les banlieues ». Curieuse déontologie.
Face au mal être des journalistes, les invités du SNJ devaient trouver « des raisons d’espérer ». Il n’y en eut guère. On continua à dénoncer « le raidissement du capitalisme » et « le pouvoir policier ». On parla de journalisme coopératif, de mondialisation de l’information, de mutation technologique sans rien proposer de précis.
Les références au modèle Mediapart, à Politis, à Acrimed ou à la nantaise Lettre à Lulu suffisaient-elles à faire croire que « le public est là quand il y a de la bonne info » ? Si le principe des aides à la presse n’est pas remis en cause, on souhaite les conditionner au respect par les propriétaires de journaux de la législation sociale et de la déontologie dont le contenu apparaît pour le moins flou.
Le débat du SNJ devait être un temps fort de son congrès. Ce fut un vrai flop. La parole fut monopolisée par les journalistes.. FR 3 Pays de la Loire en annonçant le débat écrivait : « L’exigence légitime de rigueur, de qualité et d’équilibre de l’information passe par une prise de conscience » Ce ne fut pas le cas.
Les vraies causes de la désaffection du public pour la presse subventionnée, les raisons de la perte de confiance dans les journalistes ne furent ni étudiées ni même évoquées
Il leur restait pour se consoler le plantureux buffet offert avec l’argent des contribuables, par Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole. Elle leur devait bien ça !
Photo : DR
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2 réponses à “SNJ. Crise de la presse, mal être des journalistes … un débat pour rien à Nantes”
En tant que profession, les journalistes n’ont apparemment pas compris qu’ils doivent faire des journaux que les lecteurs ont envie de lire. Sans lecteurs, pas de journaux, pas de journalistes — sauf ceux que l’Etat persiste à subventionner, ce qui n’est pas une garantie d’indépendance. Mais si les journalistes ne comprennent pas cela, comment être sûr qu’ils comprennent davantage les sujets dont ils nous entretiennent dans leurs journaux ?
Oui. Hélas le gauchiste ne raisonne pas comme cela. Il y a en France un record mondial de gens opposés à l’économie de marché.
Le gauchiste se voit journaliste parce que son totem : l’état planifie le nombre de journaux, le nombre de journalistes et le contenu des journaux. Via les subventions, la France se transforme en état socialiste.
Il est aussi incroyable que tout les milliardaires propriétaires de ces journaux, autrefois s’exprimant très à droite (et ils le sont toujours), sont maintenant pour une politique de gauche qui produit de la consommation.
C’est ainsi que l’on retrouve un paquet de gauchistes sincères et honnêtes (voir l’ambiance de l’article) qui tombent en dépression quand ils réalisent qu’ils n’ont pas réussi à faire le bonheur des gens (ex : le dégraissement de France Telecom, dans les ONG …). Ils réalisent que tout en haut derrière l’état il y des humains très cyniques.