Immigration à Rennes. Cas d’école autour de l’expulsion retardée d’une famille géorgienne

A LA UNE

28/11/2016 – 06H00 Rennes (Breizh-info.com) –  La mobilisation pour le maintien sur le territoire français d’une famille géorgienne initialement menacée d’expulsion ce lundi 28 novembre – avant que la préfecture ne cède – constitue un cas d’école.

Il démontre sur  ces questions d’immigration et d’application de la loi républicaine que des blocages sont orchestrés – avant validation de ce blocage par un préfet de la République – par la gauche et l’extrême gauche, dont des professeurs de l’Éducation nationale.

La famille, en provenance de Géorgie, est arrivée en France en trois étapes: le compagnon de la mère en 2010, la mère et son fils en 2012 (7 ans à l’époque, 11 aujourd’hui) et la jeune fille en 2014 (10 ans à l’époque, 12 aujourd’hui).  Précisons que le père n’est pas le père biologique des deux enfants.

Sachant qu’il est arrivé en France lorsque le garçon avait 5 ans et la fille 6 ans, cela laisse largement planer des doutes sur l’affirmation du journal « le Parisien » qui explique que « Le père, qui n’est pas le père biologique des enfants mais les élève depuis leur petite enfance,». 

Les faits ?

Le mari (et non pas le père comme l’affirment en boucle les médias qui se sont très rapidement fait écho du communiqué adressé par le collectif de soutien à la famille) a obtenu un titre de séjour d’un an. On apprend qu’il vient de se voir attribuer un logement social. Mais la mère des deux enfants a vu sa demande d’asile déboutée il y a un an et demi.

En effet, la Géorgie est classée, depuis décembre 2013, sur la liste des pays sûrs. Les ressortissants de ce pays ne sont donc plus « éligibles » à une quelconque demande d’asile. La loi française a donc été appliquée et le droit international respecté. Pourtant, un an et demi après cette décision, la Géorgienne est toujours en France, illégalement. Elle se trouve donc sous l’obligation de quitter le territoire français (OQTF), ainsi que ses deux filles. Cette disposition légale devrait être appliquée ce lundi. Elle sera pourtant très probablement annulée par la préfecture, sous les pressions des associations de gauche et d’extrême gauche.

La méthode pour empêcher toute expulsion

La presse subventionnée présente la mobilisation comme celle menée par « un collectif de parents, professeurs et militants associatifs rennais » qui « se mobilise contre l’expulsion imminente d’une mère de famille géorgienne et de ses deux enfants ».  En réalité, derrière l’agitation, on retrouve le RESF (Réseau Education Sans Frontières) avec notamment Carole Bohanne, une militante de tous les combats pour l’immigration, les sans papiers comme nous en avions fait l’écho précédemment.

C’est d’ailleurs elle qui s’exprime souvent au micro des journalistes. En effet, son arme décisive, c’est son réseau d’appuis et de soutiens importants parmi la presse (y compris parmi la presse nationale) mais également au sein du corps enseignant d’Ile-et-Vilaine, où de nombreux militants syndicalistes savent également agiter leurs réseaux.

Une fois que le RESF s’empare de l’affaire, s’ensuit de l’agitation dans l’école primaire Marie-Pape Carpentier qui accueille le garçon et au collège Cleunay où est scolarisée la fille. Mobilisation générale dans l’école et le collège, menée par une poignée de parents d’élèves et de professeurs, obligation, sous peine de reductio ad hitlerum, d’amener les élèves à un rassemblement de soutien à la MJC de Cleunay, l’Antipode, mise à disposition pour l’occasion.

« Cet après-midi, plus de 250 personnes étaient présentes à l’Antipode autour de Marina et ses enfants.» indique le collectif de soutien.  Il suffit de regarder la photo du collectif pour voir que d’une part, il n’y a pas 250 personnes mais la moitié, dont une large partie composée d’enfants, qui ont ainsi été utilisés – reproche fauit aussi en son temps lors des Manif pour tous – comme des petits soldats politiques.

Ouest-France, dont certains journalistes sont en très bon contact avec Carole Bohanne (RESF), titre « Rennes. Parents et profs se mobilisent pour une famille géorgienne », à relativiser tout de même, puisque la majorité des parents et des professeurs du collège et de l’école avaient préféré s’abstenir.

Faire pleurer le lecteur via des cas individuels

Mais comme lorsqu’il s’agit de rédiger la « lettre d’un migrant », les collectifs en faveur de l’immigration sont parfaitement rodés à la communication comme en témoigne le communiqué adressé à la presse afin de permettre de faire pleurer les lecteurs et de les « indigner » :

« Elene (12 ans) et Luka (11 ans), deux brillants élèves scolarisés à Rennes, seront expulsés ce lundi 28 novembre vers la Georgie avec leur maman Marina» . Deux observations : s’ils avaient été mauvais élèves, auraient-ils plus mérité d’être expulsés alors que c’est leur mère, leur responsable légale qui l’est ? Pourquoi systématiquement invoquer les enfants alors qu’encore une fois, il s’agit de la mère, entrée illégalement en France, qui fait payer à ses enfants le prix de ses manoeuvres ?

« Depuis plusieurs jours, le comité de soutien sollicite une rencontre avec le préfet de la Région Bretagne. Enseignants, parents d’élèves, amis et voisins, tous refusent d’accepter que ces enfants, qui suivent une brillante scolarité à Rennes, soient déscolarisés et envoyés vers un pays dont ils ont oublié la langue.».

Le collectif de soutien, qui n’a aucune valeur juridique ni légale, sollicite donc une rencontre (et va l’obtenir) avec le représentant de l’État en Ile-et-Vilaine, pourtant chargé d’appliquer (et non pas d’interpréter) la loi républicaine. Comment des enfants arrivés en France depuis 4 ans et 2 ans auraient-ils pu oublier leur langue maternelle, qu’ils ont pratiqué durant les dix premières années de leur vie ? Ne la parlent-ils pas à la maison avec leurs parents?

Puis le communiqué poursuit avec la traditionnelle famille « appréciée » par « tout le quartier », et le collectif parle d’une pétition « ayant déjà recueilli près de 2500 signatures ». 2292 si l’on s’en fie au site du Réseau Éducation Sans Frontières. Il est impossible là encore d’en avoir confirmation, les signatures n’étant pas indiquées et le site Internet n’étant par ailleurs pas reconnu comme étant un site de pétition en ligne.

Ensuite, le témoignage d’un parent d’élève, pour enfoncer définitivement le clou de la prise d’otage psychologique du lecteur : « Valérie, maman d’élèves, témoigne: «Ma fille ainée est scolarisée au collège de Cleunay, avec Elene. Ma plus jeune, quant à elle, va à l’école Marie Pape Carpentier avec Luka. Nous connaissons bien ces enfants. Personnellement, je n’arrive toujours pas à réaliser qu’ils seront expulsés lundi, en pleine année scolaire. C’est purement impensable. C’est comme si on me disait que mes filles devaient arrêter l’école du jour au lendemain, comme ça… Je comprends qu’autant d’inconnus se sentent concernés. Personne ne peut être indifférent à la situation de ces enfants, qui pourraient être les nôtres ».

« Valérie » se trompe toutefois : elle n’est pas entrée illégalement dans un pays. Ces enfants ne pourraient donc pas être les siens.

S’opposer à l’immigration n’est « pas humain ».

Puis la fin du communiqué tente l’échec et mat.

«Nous aussi avons été stupéfaits d’apprendre que ces enfants allaient être arrachés de leur établissements scolaire, en plus d’être séparés de leur papa. Cela va à l’encontre de la Convention internationale des droits de l’enfant, dont nous venons de fêter l’anniversaire. Et comme beaucoup de nos concitoyens, nous pensions à tort que cela ne pouvait se produire. Et pourtant, lorsque la machine à expulser est lancée, elle s’attaque à tout le monde, même à des enfants, et il est difficile de s’y opposer. »

La machine à expulser n’est autre que la loi française, par et pour le peuple. « Mais les membres du comité de soutien ne désespèrent pas. Ils ont bon espoir d’obtenir rapidement un rendez-vous avec le Préfet en espérant que le dossier d’Elene et Luka sera révisé, de façon à permettre aux enfants de terminer leur année scolaire :   « Ce matin, monsieur le Préfet a déclaré qu’il serait humain. Nous sommes persuadés que l’Etat reviendra sur sa décision. Ces enfants ne prendront pas l’avion lundi ! Notre demande est précise: nous voulons qu’Elene et Luka terminent sereinement leur année scolaire ici, à Rennes. Ce soir à l’Antipode, de nombreux enfants et adolescents étaient présents. Comment leur expliquer que la République puisse expulser ainsi leurs camarades ? « »

Un coup de judo absolument parfait. Le préfet de la République ne serait donc pas « humain » s’il appliquait la loi. Dans une société de l’émotion, c’est imparable. Et l’affirmation comme quoi les enfants ne prendront pas l’avion lundi signe la fin de la provocation. Le collectif a gagné. Il le sait.

L’État ne fera pas son devoir (et non pas ce qui est « humain »). Les deux enfants – qui ne sont pas les protagonistes principaux puisqu’encore une fois, c’est leur responsable légale, la mère, qui a commis une faute – ne seront pas expulsés. Ils achèveront leur année scolaire en Bretagne. Lorsque la fin d’année sonnera, de nouveaux arrangements (papiers, nouvelle mobilisation, etc) auront été trouvés. La famille s’installera définitivement en France. C’est d’ailleurs ce qu’affirme clairement Carole Bohanne, qui connait sa méthode :

« Ce qui complique la situation, c’est que le couple est marié religieusement mais pas civilement, et que le père n’est pas le père biologique. Nous voulons négocier un départ différé pendant les grandes vacances, ce qui permettrait à la dame et à ses enfants de revenir avec un visa, après un mariage civil, pour obtenir un titre de séjour » explique t-elle au Parisien.

La partie est gagnée pour les défenseurs de cette famille :  vendredi soir, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a annoncé que la mesure d’éloignement de la mère de famille géorgienne était reportée. Son expulsion devait avoir lieu lundi. Ses deux enfants pourront terminer leur année scolaire à Rennes.  Le préfet a pris cette décision après avoir reçu une lettre de la mère « qui s’engage à quitter volontairement le territoire français à la fin de l’année scolaire ».

Cette affaire constitue un cas d’école de l’impossibilité de régler la question de l’immigration au cas par cas. Partout, des réseaux parfaitement organisés et opérationnels savent comment « indigner «, « faire pleurer » , en prenant, systématiquement, des enfants en otage.

La méthode – que certains estiment ignoble (nous évoquions dans un article le viol psychologique des Européens concernant l’humanitarisme et les migrants) – n’en demeure pas moins efficace. Personne ne veut assumer le rôle du « méchant » dans une société où le président de la République rend hommage à des centaines de victimes de l’islamisme radical en lâchant des ballons dans le ciel …

Yann Vallerie

Photo : DR
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