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14/12/2016 ‑ 07H00 Nantes (Breizh-info.com) ‑ Les vicissitudes du FCNantes accaparent l’attention, mais le football n’est pas le seul sport à problème pour la ville de Nantes. Le futsal, discipline dérivée du football qui se joue en salle (d’où son nom), revendique 30 000 pratiquants en France, mais on ne peut pas exactement dire qu’il ait gagné ses lettres de noblesse. Il a donné lieu vendredi dernier à un vif incident au conseil municipal de Nantes.
Le conseil était invité à adopter une série de subventions à des associations sportives, dont une de 29 000 euros au profit du club Bela Futsal, stationné dans le quartier difficile de Malakoff. Guillaume Richard, élu de l’opposition de droite, s’y est fermement opposé, rappelant les vifs incidents survenus fin octobre lors d’un match entre Bela Futsal et un autre club nantais, C’West, du quartier Bellevue. Des dizaines de jeunes s’étaient violemment affrontés dans la salle du palais des sports de Beaulieu. On avait relevé plusieurs blessés légers. Le lendemain, des coups de feu avaient été tirés à Malakoff ; l’enquête n’est pas achevée, mais la police envisageait un lien entre les deux événements.
Guillaume Richard a aussi rappelé le spectacle lamentable donné par le club lors de son dernier match de première division contre Toulon le 9 avril dernier : en une seule mi-temps, cinq de ses joueurs plus son entraîneur avaient été expulsés sur carton rouge. Son gardien de but avait quitté le terrain sans autorisation et le match avait dû être interrompu. Le club avait promis des sanctions exemplaires, mais au moins deux des expulsés de Toulon, Salym Briki et Bilal Safsaf, figurent encore à son effectif. En 2014 déjà, la multiplication des incidents avait conduit la Ligue Atlantique à interdire les matchs de futsal dans l’agglomération nantaise.
Un échec de la politique de la ville
Mais le futsal n’est pas seul en cause. Hamza Zenaidi, président de Bela, le proclame lui-même : les incidents sont des affaires de quartiers dits sensibles. « Conscients des tensions violentes et récurrentes entre certains jeunes des quartiers de Bellevue et Malakoff », déclarait-il dans un communiqué, « nous avions travaillé à l’unisson avec les partenaires institutionnels et la ligue de football pour faire en sorte que cette rencontre sportive puisse avoir lieu. »
Le club ne cache pas son engagement militant. Dans un dossier de financement participatif, il affirmait sa volonté d’« utiliser [le futsal] pour véhiculer des valeurs fondamentales, tels que la citoyenneté et l’intégration des jeunes des quartiers populaires dans la société ». Il a obtenu pour cela le soutien de la ville de Nantes, du département de Loire-Atlantique, de la région des Pays de la Loire et de la direction régionale de la jeunesse et des sports, ainsi que de quelques entreprises comme l’Intermarché de Malakoff et la banque franco-marocaine Chaabi Bank, qui explique : « Plus que jamais nous nous situons aux côtés des Africains du Monde ».
Guillaume Richard a enfoncé le clou en rappelant la déclaration stupéfiante de Malek Boutih, député socialiste de l’Essonne et ancien président de SOS Racisme, à l’antenne de France Inter le 19 janvier 2015 : « vous recevez discrètement des gens et vous leur donnez des petites revendications, un local ; vous acceptez qu’il n’y ait pas de magasin qui distribue de porcs au milieu du quartier, vous acceptez telle ou telle chose et puis dans les urnes, comme par hasard, vous gagnez les élections ».
Cette mise en cause de la politique de la ville a suscité une vive réplique de plusieurs conseillers municipaux de gauche : Ali Rebouh, qui présentait la proposition de subvention, Alassane Guissé, Gilles Nicolas et surtout David Martineau. Tremblant de fureur, cet élu de Malakoff a lancé à l’adresse de son collègue Les Républicains : « Ali [Rebouh] vous a invité à venir avec lui voir Bela Futsal. Je vous conseille de vous faire accompagner, je vous le conseille, je vous le conseille… y aura pas de violences contre vous. »
Cette menace très directe a eu un effet immédiat : les élus de droite ont quitté la salle du conseil municipal. Mais elle a aussi suscité quelques interrogations au sein d’un P.S. local très divisé, où la personnalité de David Martineau fait de moins en moins l’unanimité.
Crédit photos : extraits d’écrans de l’enregistrement vidéo du conseil municipal du 9 décembre 2016 sur www.nantes.fr. Le passage concerné débute à 3:32:57
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3 réponses à “T’var ta gueule à la mi-temps : les menaces d’un conseiller municipal nantais (PS) à propos du futsal”
L’entraîneur du Bela Futsal expulsé à Toulon s’appelait Martinho. Un lien de parenté avec ce Martineau ?
[…] il y a 3 jours 1 Commentaire […]
[…] par une quarantaine de jeunes délinquants qui ont tabassé supporters et joueurs ( l’affaire a provoqué un clash au sein du conseil municipal nantais). Rue d’Angleterre, des tirs ont eu lieu le 8, le 21 et le […]