29/12/2016 – Londres 08h15 (Breizh-Info) – Dans un rapport publié le 5 décembre dernier, Louise Casey, haute fonctionnaire anglaise, dévoile les dessous du modèle multiculturel britannique. A la différence de beaucoup d’autres pays, dont la France, le Royaume-Uni est beaucoup plus permissif et ne réclame pas cette « assimilation » dont tout le monde parle en France. Le rapport de Dame Casey démontre que la situation britannique est très inquiétante. On y voit des phénomènes de ségrégations ethnico-religieuses très forts. Le vivre-ensemble a du plomb dans l’aile de l’autre côté de la Manche.

Le vivre-ensemble à l’épreuve du réel

Lorsqu’elle rend son rapport, Louise Casey sait pertinemment que ses conclusions fragilisent le mythe du vivre-ensemble. « Je sais que pour certains, le contenu de cette étude sera difficile à lire. J’ai beaucoup hésité à laisser ou non certaines découvertes, notamment car je sais que cela pourrait mettre certaines communautés – notamment musulmanes pakistanaises et bengali – sous le feu des projecteurs et y ajouter encore plus de pression.
Trop de dirigeants ont décidé de choisir la facilité lorsqu’ils étaient confrontés à ce genre de problématiques. Parfois cela a été fait avec de bonnes intentions mais cela a souvent mené à cacher les problèmes en permettant leur expansion. »

Alors Dame Casey prend toutes les précautions d’usage. Elle mentionne bien entendu qu’elle rend ce rapport afin de ne pas « laisser le terrain à l’extrême-droite et aux islamistes ». Elle répète le mantra selon lequel le vivre-ensemble est une force : « Nous avons toujours été plus forts quand nous étions unis. Nous sommes meilleurs grâce à une société ouverte et inclusive. Toute personne, dans chaque communauté, dans chaque recoin du Royaume-Uni, doit se sentir partie de notre nation et avoir toutes les opportunités d’y réussir. »

Ce présupposé idéologique se heurte néanmoins à des difficultés importantes. Au Royaume-Uni, le multiculturalisme est acté. Le vivre-ensemble n’est pas un vain mot. Nul besoin pour la musulmane de se départir de son voile par exemple. Toutes les croyances sont respectées de manière large. L’assimilation n’est pas une obligation.
Mais le multiculturalisme semble avoir apporté son lot de désenchantements. Ne serait-ce que par son coût : 6 milliards par an selon une étude citée par Louise Casey.

L’influence de l’immigration sur la population

La haute fonctionnaire est claire : « Nous sommes de plus en plus divers. » La population blanche britannique a diminué de 400 000 personnes alors que les autres groupes ethniques (blancs non-britanniques compris) ont eux augmenté. Les populations indiennes et pakistanaises ont ainsi gagné 400 000 membres de plus chacune.
Autre élément d’analyse, entre 2001 et 2011, le Royaume-Uni a compté 1 200 000 musulmans de plus.

Comme nous l’avions étudié dans un autre article, l’immigration au Royaume-Uni a un caractère massif. Pour Louise Casey : « En 20 ans, l’immigration a doublé, d’environ 300 000 personnes en 1997 à plus de 600 000 en 2015. »

« Beaucoup des changements dans notre populations sont dus à l’immigration et à la fertilité importante de certaines communautés » déclare Dame Casey dans son rapport.
En 2001, 12 % des Britanniques déclaraient appartenir à une minorité ethnique. Selon les données de 2011, ce chiffre s’élevait à 20 %.
Le nombre de naissances de mères extérieures au Royaume-Uni représentait 27 % des naissances totales de 2014.

Comme le dit la directrice du rapport : « Les conséquences de ces changements sont très vastes. »

Une ségrégation ethnico-religieuse

Plus de la moitié des membres des minorités ethniques en Angleterre vivent à Londres, Birmingham et Manchester.
Dans le reste des pays du Royaume-Uni, on constate une même concentration ethnique.

Les Pakistanais et Bangladais sont les moins volontaires pour le vivre-ensemble. Ce sont les plus repliés des immigrés extra-européens. Par exemple, en 2001, 12 circonscriptions comptabilisaient plus de 40 % de Pakistanais. En 2011, le nombre de ces circonscriptions avait doublé.
Cette ségrégation ethnique est particulièrement visible à l’école. Près de 50 % des enfants de minorités ethniques sont scolarisés dans des établissements où la majorité des enfants appartiennent à des minorités ethniques.
Cette concentration ethnique influe à tel point sur la perception de l’environnement que dans l’une des écoles visitées, les enfants croyaient que la population britannique était majoritairement pakistanaise et indienne.

Si l’on observe cette ségrégation par le prisme religieux, on retrouve des circonscriptions à Blackburn, Birmingham, Burnley ou Bradfor dans lesquelles on compte entre 70 % et 85 % de musulmans. Vivre-ensemble, oui. Mais entre musulmans.

La place des femmes inquiète

« J’ai découvert des pratiques religieuses dans certaines communautés qui entravent certains citoyens et vont même à l’encontre de nos valeurs et parfois de nos lois. Parfois, j’ai constaté que les femmes et les enfants étaient les cibles de ces pratiques régressives. » Pour Louise Casey, il est clair que le Royaume-Uni est un modèle de l’égalité entre les sexes. Mais ce rapport démontre que dans un certain nombre de communautés, cette égalité n’existe tout simplement pas. « Les femmes de certaines communautés affrontent un double une inégalité sexuelle combinée à des barrières religieuse, culturelles et sociales les empêchant de posséder les droits basiques d’une citoyenne britannique. Et [dans ces communautés] les violences contre les femmes restent trop présentes. »

Ces inégalités et divisions persistent et même empirent dans certaines communautés selon le rapport.

Des pratiques politiques trop conciliantes

Pour Louise Casey, il est évident que trop d’institutions publiques « ont été si loin dans leurs accommodations » avec ces dérives qu’elles sont coupables, au moins par omission. Pour la haute fonctionnaire, c’est avant tout la peur d’être désignées comme islamophobes ou racistes qui a empêché ces institutions de s’attaquer aux problématiques liées au multiculturalisme.

Le Royaume-Uni est donc mis au pied du mur. La part des immigrés, notamment extra-européens musulmans, dans la population totale augmente rapidement et irrémédiablement. Le multiculturalisme britannique a permis de laisser prospérer sur le territoire national des comportements déviants qui atteignent désormais un tel point qu’il devient impossible de nier leur dangerosité.

La question est simple : comment faire vivre ensemble des populations qui n’ont manifestement pas ce désir ? Personne n’a sans doute la réponse aujourd’hui. C’est dommage car le temps presse.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

5 Commentaires

  1. Les Anglais ont la chance de connaître une sorte d’apartheid, alors que l’Etat français nous impose les classes mixtes dans les écoles. Si le FN passe ce sera pire encore au niveau mixité imposée. Des étrangers non intégrés sont plus faciles à virer que des étrangers considérés comme autochtones. Là encore le FN en pronant l’intégration à coup de trique est la pire chose qui puisse nous arriver.

    • Le néo-FN contrairement à ce que pensent ou espèrent ses électeurs, est très complaisant avec l’immigration dans notre pays.
      Au pouvoir, ils ne changeront strictement rien aux us et coutumes de leurs prédécesseurs, uniquement continuer l’invasion migratoire.
      Actuellement, où sont-ils, que font-ils ? Ils préparent les élections de 2017 ! Pas un programme, non, uniquement trouver, dénicher des candidats pour les législatives afin de récupérer une manne financière.
      Oust, du balai.

  2. Tiens ! Il y a des journalistes qui nous disent les choses comme elles sont. Le mensonge du politiquement correct est-il en train de reculer ?
    Ah oui, mais c’est pas en France.

  3. Cette fameuse Assimilation. Ce mot est radoté par les politiques français. Comme si il suffisait de le dire pour le faire. Se faire élire surement.

    En quoi assimiler les nouveaux venus en UK permettrait de résoudre le problème ? Et à condition d’y arriver, je ne vois pas comment.

    En UK on ne force pas la mixité au contraire on prone leur continuité par la séparation (apartheid). En UK on n’a jamais vécu ensemble. L’assimilation est le déni des cultures. Le respect des cultures par les anglais s’est transformé en Commonwealth. C’est cette obsession francophone (et catholique) de l’assimilation qui a généré les guerres coloniales et maintenant la violence qui règne en France.

    Evidemment l’immigration de plus en plus importante en UK peut toucher le coeur du système. C’est pour cela que les anglais ont choisi le Brexit. Les anglais parient également que la démographie de Londres n’est pas infinie, que l’immobilier et les terres restent sous controle anglais. UK est un système monarchique (avec la reine à la tête de l’église anglicane) conçu pour durer et établir Londres comme 1ere place financière mondiale.

Comments are closed.