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29/12/2016 – 07h00 Londres (Breizh-info.com) – Une dose puissante de kétamine en injection unique pourrait éliminer la dépendance à l’alcool en « effaçant » les souvenirs agréables liés à l’alcool. C’est la théorie qu’avancent des scientifiques anglais de la Clinical Pharmacology Unit de Londres, qui se sont lancés dans des tests à ce sujet.
Les psychologues de l’UCL ont lancé des appels afin d’effectuer des tests cliniques rémunérés pour déterminer si une injection de kétamine peut conduire une personne à réduire sa consommation d’alcool en modifiant sa mémoire. C’est le journal « Le Guardian » qui a évoqué l’affaire.
Le principe ? La kétamine permettrait aux sujets alcoolodépendants de réduire leur consommation en effaçant les souvenirs et notamment les souvenirs de récompense- liés à la boisson. Exit donc, si les tests s’avèrent concluant, la pensée satisfaire concernant l’apéritif du soir, ou le besoin de tenir un verre dans la main. Pour rappel, la kétamine a déjà fait ses preuves dans la prise en charge de la dépression mais également de la fibromalgie.
Seul hic, à la base, la kétamine est utilisée pour les anesthésies humaines et vétérinaires. Elle est par ailleurs considérée comme une drogue hallucinogène et l’on imagine déjà la levée de boucliers qui pourrait résulter des conclusions de ces tests, s’ils s’avéraient positifs.
Selon le site Santélog (professionnels de la santé) : « L’usage médical de la kétamine est réduit, en raison de son caractère addictif cependant de plus en plus d’études* suggèrent son intérêt dans plusieurs indications, comme la dépression sévère, dans la prise en charge de la douleur chronique et de la fibromyalgie. En particulier, dans cette indication, la kétamine, administrée par voie intraveineuse a été évaluée comme un analgésique plus puissant que la morphine .
Dans une étude, plus de la moitié des patients traités avec de la kétamine rapportent une réduction de plus de 50% des niveaux de douleur (3). Une troisième étude montre une certaine durabilité de son effet analgésique, soit au-delà de 8 semaines, chez des patients fibromyalgiques . D’autres études ont tenté d’affiner les dosages pour plus d’efficacité (1). Encore considérée comme un traitement expérimental, la kétamine constitue donc une piste très prometteuse pour différentes pathologies.».
Le premier essai va être réalisé sur 90 personnes alcoolodépendantes qui vont devoir :
– Consommer par semaine 30 unités d’alcool au moins pour une femme et 40 pour un homme,
– Consommer de l’alcool plus de 4 fois par semaine,
– Souhaiter sérieusement arrêter de boire,
– Etre âgé de 18 à 65 ans et en bonne santé,
– Etre disponible pour 3 séances d’étude à l’UCL,
– Ne pas être enceinte ou allaiter,
– Etre bien entendu d’accord pour recevoir une dose unique de Kétamine ou de placebo.
Lors du test, les scientifiques déclenchent intentionnellement un souvenir lié à l’alcool chez les participants en posant une pinte de bière devant eux. Puis ils tentent de perturber la mémoire, en « surprenant le cobaye », indiquent les chercheurs, sans préciser comment, pour ne pas biaiser les résultats.
Ils leur injectent ensuite par intraveineuse un placebo ou une forte de dose de kétamine. Puis ils suivent les « patients placebo ou kétamine » pendant un an pour déterminer si leur consommation d’alcool baisse.
«Si vous êtes alcoolique, vous avez probablement des souvenirs très forts liés à l’envie de boire dans certaines circonstances ou certains lieux » explique au Guardian Ravi Das, l’un des principaux chercheurs de l’expérience. « Le problème principal de l’alcoolisme, c’est le taux de rechute très élevé après un traitement. Des personnes peuvent se sevrer avec succès pendant un temps, par exemple quand elles sont à l’hôpital, puis re-sombrer très rapidement quand elles retournent chez elles et qu’elles sont exposées à ces ‘déclencheurs' ».»
40 personnes ont déjà commencé le test. Nikki, 31 ans, est l’une d’entre eux, elle explique au Guardian ce qu’elle a ressentie au moment de prendre la kétamine: « C’était « écrasant » et intense sans être désagréable. C’était assez psychédélique, j’avais l’impression que je sortais de mon corps.». Une semaine après, elle se sentait « de super bonne humeur et positive »
Même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, les scientifiques espèrent que leur approche puisse être à la base d’une nouvelle forme de thérapie qui permettrait de lutter contre l’alcoolisme.
Photos : DR
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Une réponse à “La kétamine en injection un remède à venir contre l’alcoolisme ?”
Je suis sceptique ! La kétamine je l’utilise à faible dose pour diminuer la douleur en post-opératoire, pour potentialiser les autres antalgiques. Mais n’oublions pas que c’est un produit utilisé par les toxicos…. maintenant si une étude démontre qu’après une seule injection on peut diminuer la dépendance à l’alcool alors tant mieux !