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12/02/2017 – 07H30 Paris  (Breizh-info.com) –  Le 16 février 2017 sortira « Richard Coeur de Lion », de l’un des plus grands historien et médiéviste de notre époque, Georges Minois. Le livre paraitra aux éditions Perrin. Nous avons pu nous procurer le livre en avant-première, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’une biographie de grande qualité ; Georges Minois publie d’ailleurs une bibliographie et un nombre de notes qui en disent long sur son travail de recherche historique à propos de l’un des personnages marquant du Moyen-âge.

Richard Coeur de Lion, né en 1153, fut le moins anglais des rois d’Angleterre, où il ne résida que six mois, régnant sur d’immenses territoires allant de l’Ecosse aux Pyrénées, et qu’il passa sa vie à défendre. Fils préféré de sa mère, Aliénor d’Aquitaine, il est le souverain le plus admiré et le plus redouté de son temps, incarnation des valeurs et des excès de la chevalerie médiévale. Eduqué au milieu des troubadours aquitains, il est capable de faire des vers, mais c’est à la guerre qu’il forge sa réputation. Guerre contre son père, Henri II Plantagenêt, contre son frère, Jean sans Terre, contre le roi de France, Philippe Auguste, contre les barons poitevins.

Et surtout guerre sainte, contre Saladin, au cours de l’épopée de la troisième croisade (1190-1194), lors de laquelle il se révèle un stratège hors pair. Terreur des musulmans, dont il gagne le respect, il est trahi par les souverains chrétiens, qui jalousent ses exploits. Retenu prisonnier en Autriche, puis libéré contre rançon, il bat Philippe Auguste, édifie en deux ans Château-Gaillard (1196-1198), avant d’être tué au siège de Châlus, en Limousin, par un trait d’arbalète, en 1199. Inhumé à Fontevraud, cette figure de proue du Moyen Age reste dans la mémoire collective comme l’invincible paladin, dont Walter Scott fera un héros romantique, alors qu’il l’était si peu.

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Nous avons eu l’honneur de pouvoir interroger à nouveau Georges Minois sur son ouvrage – comme nous l’avions fait précédemment pour présenter son « Histoire du Moyen-Âge ».

Breizh-info.com :Richard Coeur de Lion « fût le moins anglais des rois d’Angleterre dites vous ». Comment un homme ne parlait pas anglais, a-t-il pu se faire un tel nom, une telle renommée auprès des anglais, mais pas que ?

Georges Minois :  Certes, Richard ne parlait pas anglais, mais depuis la conquête normande c’était le cas de toute l’aristocratie anglaise, qui ne parlera que le français jusqu’au XIVe siècle.

De plus, même s’il est surtout angevin, il est fils d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre. Même s’il a beaucoup de possessions en France, son titre essentiel, celui qui fait de lui un égal du roi de France, c’est le titre de roi d’Angleterre. Il a été sacré à Londres, et comme il est en guerre contre Philippe Auguste, les Anglais le considèrent comme l’authentique roi d’Angleterre.

Breizh-info.com : M. Minois, Richard Coeur de Lion constitue-t-il, avec le Roi Arthur, le mythe du chevalier le plus important de de l’histoire Européenne ? Qu’est ce qui différencie les deux personnages ?

Georges Minois :  Il y a une différence essentielle entre Arthur et Richard: le premier appartient au mythe, c’est un personnage à demi légendaire et qui appartient à tout le monde celte; Richard est un personnage historique, sur lequel nous sommes bien renseignés. Richard n’atteint pas le niveau d’Arthur dans l’opinion européenne, car il a les limitations qu’impose la vérité historique, alors qu’on peut attribuer à Arthur un tas d’aventures extraordinaires, avec pour seule limite l’imagination.

C’est toute la différence entre le super héros et le héros tout court. D’autres chevaliers seront aussi considérés comme de vrais héros, comme Guillaume le Maréchal ou le Prince Noir, mais ce qui donne un avantage à Richard, ce sont ses exploits de croisé.

Breizh-info.com : Outre les guerres menées en Europe pour assurer sa domination, l’un des fils conducteurs du roi Richard fût la croisade et la défense de Jérusalem face à Saladin. Etat-il un roi pieux ? Comment expliquez vous cette envie permanente d’aller conquérir d’autres terres, envies témoignant d’une impossibilité de rester en place ?

Georges Minois :   Richard est évidemment pieux: Qui ne l’est pas au Moyen Âge ? Mais c’est une piété médiévale, simple, rude et mêlée à bien des croyances superstitieuses. Il vit dans un monde où la croisade est un idéal allant de soi depuis plus d’un siècle déjà; la croisade, c’est bien sûr pour ces chevaliers le désir de délivrer Jérusalem, mais c’est aussi un pèlerinage, un pèlerinage dangereux, au cours duquel on peut gagner le paradis par le martyre. C’est ce que l’Eglise ne cesse de répéter à ces gens simples et violents que sont les chevaliers. L’idée de la croisade est intégrée dans les mentalités de l’époque. Ce qui n’exclut pas l’appât du gain, bien évidemment, et la recherche du butin. Et enfin, la croisade, c’est pour ces bagarreurs invétérés une occasion idéale de vie d’aventure, où tuer est non seulement licite, mais recommandé.

Breizh-info.com : Quel héritage Richard Coeur de Lion a-t-il laissé en France, en Normandie, en Aquitaine ?

Georges Minois :  L’héritage de Richard, c’est avant tout son image, largement idéalisée par Walter Scott: le bon roi Richard, le vaillant croisé qui reviendra comme le messie pour châtier son méchant frère le prince Jean. Il y a aussi un héritage monumental, dont la plus belle pièce est Château-Gaillard, l’extraordinaire forteresse qui était sa fierté, édifiée en trois ans sur une boucle de la Seine.

Breizh-info.com : Sa relation conflictuelle avec Philippe Auguste s’explique t-elle par les deux fortes personnalités qui régnaient à l’époque sur le royaume de France et d’Angleterre ? Ou bien par une relation plus intime entre les deux personnages ?

Georges Minois :  Le conflit avec Philippe Auguste s’inscrit dans la continuité des guerres entre Capétiens et Plantagenêts à propos des territoires que possédaient ces derniers en France. Pour le roi de France, il est intolérable de voir la moitié ouest de son royaume aux mains d’un personnage qui est supposé être son vassal et qui est beaucoup plus puissant que lui. La guerre ne s’achèvera que deux siècles et demi plus tard, quand le roi d’Angleterre ne possèdera plus que Calais en France. Quant aux relations intimes, on a parlé de relations homosexuelles pendant leur jeunesse, mais les historiens rejettent maintenant cette interprétation. Philippe Auguste est un personnage trouble, peu fiable, qui a quasiment abandonné Richard à la croisade et qui a ensuite poussé l’empereur à le garder prisonnier. Les deux hommes se détestent cordialement.

Breizh-info.com : Est-ce son inconscience au combat qui a tué Richard ? 

Georges Minois :  D’une certaine façon, oui: au cours du siège de château de Chalus en Limousin, trop confiant, il est allé inspecter les défenses sans revêtir son équipement de protection. Un tireur d’élite à l’arbalète ne l’a pas manqué.

Breizh-info.com : Finalement, Richard 1er était-il à sa place en tant que roi – dont le règne fût bref ? Son aura n’aurait-elle pas été plus grande – et son nom potentiellement une légende bien plus importante, s’il n’avait été « qu »un » grand chevalier ou un aventurier, comme Lancelot ou Robin des Bois ?

Georges Minois :  Comme pour Arthur, la réputation de Lancelot ou de Robin des Bois ne repose que sur la légende. Ni l’un ni l’autre n’ont existé, donc il est facile de leur attribuer des exploits extraordinaires. Si richard n’avait pas été roi, il n’aurait été qu’un bon chevalier ordinaire; il n’aurait pas pu déclencher une croisade, commander à des milliers d’hommes, et il n’aurait pas attiré l’attention de tous les chroniqueurs. Si Richard n’avait pas été « le roi Richard », il ne resterait pas grand chose de lui dans la mémoire collective.

Breizh-info.com : Y’a t-il des films selon vous qui valent la peine d’être vus et qui évoquent la vie de Richard Coeur de Lion ? Qu’avez vous pensé de la bande dessinée sortie à ce sujet en 1991 et intitulée l’épée et la croix ? 

Georges Minois :  Dans les films, Richard est avant tout le grand absent, celui dont on attend le retour, le justicier redresseur de torts qui apparaît brièvement à la fin, alors que le premier rôle est attribué à des gens qui n’ont pas existé: Robin ou Ivanhoé.

Quant aux bandes dessinées, j’ignorais l’existence de celle que vous signalez. Dans ce domaine, j’en suis resté à Blake et Mortimer, dont les aventures dans La Marque Jaune valent bien celles de Robin des Bois et de Petit Jean.

Photos : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. « l’un des plus grands historien et médiéviste de notre époque, Georges Minois » Trop drôle ! Attention à la désinformation, Breizh Info ! Georges Minois est un frustré qui modifie l’histoire pour son plus grand plaisir, sans la moindre humilité. Il se vante de la décrire de la façon qu’il lui plaît, en inventant s’il le faut. Il n’y a pas d’historien moins fiable que lui.

    Du haut de sa supériorité il massacre voluptueusement la Duchesse Anne de Bretagne en la traitant de stupide et démontrant qu’elle se fiche de son duché comme de sa première chemise, il décide que toute une famille bretonne est marquée du sceau de la malhonnêteté du 15ème siècle jusqu’à nos jours !

    Son oeuvre est pleine d’approximations, d’inventions et de jugements personnels. Un « historien » à fuir !

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