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Façonnés par le milieu
En 2004, des squelettes d’hominidés adultes de moins d’un mètre rencontrés sur l’île de Flores (Indonésie) laissaient penser qu’une nouvelle espèce avait été découverte. Les doutes qui subsistaient sur cette trouvaille se sont récemment envolés grâce à de nouvelles recherches : une nouvelle espèce d’hominidés avait bien été découverte, baptisée Homo floresiensis ou homme de Flores.
Il aurait vécu 600 000 ans sur cette île et aurait disparu il y a 50 000 ans environ. Il pourrait être le descendant des premiers Homo erectus venus s’installer sur l’île. Ce qui étonne, c’est son physique : sa taille très réduite, de même que le volume de sa boîte crânienne (426cm3 alors que le nôtre fait en moyenne 1400cm3), ses longs bras et ses grands pieds. Un physique atypique mais relativement facile à expliquer grâce à la « loi de l’île » applicable à Flores. Sur cette île isolée des autres à cause des forts courants marins, la limitation des ressources (limitation inhérente à l’insularité) a favorisé l’apparition d’individus de petite taille au sein de la population d’hominidés. En effet ceux-ci pouvaient survivre plus facilement avec relativement peu de nourriture. C’est ce qui explique aussi la taille très réduite de leur boîte crânienne, le cerveau consommant chez nous 25% de notre énergie.
Cette loi de l’île s’est aussi appliquée à d’autres espèces cohabitant avec Homo floresiensis. Les ressources limitées de Flores ont aussi conduit les éléphants à réduire leur taille de près d’un tiers. Les rats, eux, par absence de prédateurs, ont au contraire vu leur taille multipliée par deux !
L’étude de cette île est un cas très intéressant pour étudier l’évolution des espèces car ses effets y ont été spectaculaires et la situation d’insularité permet d’isoler plus facilement les causes des transformations observées.

L’insularité, chance ou malédiction ?
Pour peu qu’on n’ait pas à cohabiter avec de nombreux prédateurs, l’insularité présente des avantages certains : le moindre risque d’être dévoré et d’être chassé par de nouveaux arrivants. Mais cette relative tranquillité aura peut-être été une des raisons de la fin tragique d’Homo florensis qu’on impute à des conflits survenus avec une population d’Homo sapiens qui, malgré les courants marins, était parvenue à se rendre sur Flores.
Comment expliquer que l’issue du conflit ait été fatale à Homo floresiensis ? Nous manquons encore d’éléments pour être catégoriques. On peut néanmoins s’adonner à quelques conjectures :
– Le retard technologique de Floresiensis face à Sapiens a pu entrer en jeu. Il semble que durant toute son existence, l’Homme de Flores n’ait pas progressé dans ce domaine ; les pierres qu’il taillait étant les mêmes que celles héritées de son lointain ancêtre, un million d’années auparavant. Sapiens, lui, devait disposer d’outils et d’armes autrement plus évolués. Un climat relativement clément sur Flores ainsi que l’absence de compétition et de sur cette île n’auraient pas encouragé ses habitants à perfectionner leur technique ou à innover. La sélection naturelle des individus aux volumes crâniens faibles n’aidant pas non plus à une complexité technique accrue.
– Sa moindre aptitude au lancer, due à sa morphologie de grimpeur elle-même fruit de son environnement sur Flores, a pu constituer un handicap face à Sapiens lors de conflits.
– Le nombre d’individus d’une population n’étant extensible que dans la limite des ressources offertes par son milieu, Homo floresiensis n’a pas pu compenser son retard technologique par son poids démographique face à Sapiens.
– L’isolement de sa population a pu le rendre sensible aux maladies amenées par Sapiens.
– Enfin, et de manière plus prosaïque, il faut reconnaître que si l’insularité rend les invasions plus compliquées, elle rend aussi la fuite plus difficile ! Ce qui aurait définitivement condamné Homo floresiensis face à Homo sapiens. Si la raison exacte de la disparition des hommes de l’île de Pâques reste incertaine, on peut tout de même penser que leur isolement leur aura refusé, à eux aussi, toute échappatoire.
Tant que les conditions de vie sur une île restent stables, les populations indigènes (qu’elles soient animales, végétales, fongiques ou bactériennes) peuvent connaître une existence elle-même stable. Mais le moindre élément perturbateur peut bouleverser le fragile équilibre des milieux insulaires et isolés.

L’exemple du dodo est particulièrement éloquent. N’ayant jamais eu à fuir de prédateur sur son île (l’île Maurice), il avait perdu la méfiance instinctive qu’avaient probablement ses ancêtres et, de la même manière, sa capacité à voler ou à courir rapidement.
Ainsi, les marins du XVIIe siècle qui faisaient halte sur l’île Maurice pour se ravitailler portaient leur dévolu sur le dodo. Victime de la chasse des hommes mais aussi des nouvelles espèces apportées que ces derniers amenaient sur l’île et qui pillaient ses nids (chiens, chats, rats mais aussi et surtout cochons et macaques crabiers) il lui aura fallu quelques dizaines d’années seulement pour disparaître.
On associe souvent dans son imaginaire l’île perdue avec la tranquillité, la vie sans danger ; l’île paradisiaque en somme. Cela a sans doute été vrai pour les hommes de Flores, ceux de l’île de Pâques, et même pour les dodos… mais une fois le doux équilibre de leur île rompu, leur destin a rapidement été scellé. Comme si cette tranquillité insulaire les avait endormis et que le réveil avait été trop brutal.
Et si, dans notre vieille Europe, nous étions en quelque sorte victimes de cette loi de l’île ? Isolés sur un îlot de paix et d’abondance matérielle et bercés par la tranquillité d’après-guerre, saurions-nous réagir devant une menace extérieure ?
Victor Séchard
Crédit Photo : Wikipedia (cc) et DR
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2 réponses à “Homme de Flores : le peuple nain et la « loi de l’île »”
L’homme de flores n’est qu’un singe des prairies. Quant aux âges avancés il y a de quoi pouffer de rire.
Une fois l’extinction relater quand on vit n’est certes pas celle de l’animal, mais l’hominidé
est certes un cas à part selon les Cavernes tel Lascaux ou ailleurs quand aux ‘Bêtes’ mais en y pensant bien les Bêtes se mangent entre elles, pour l’homme certes serait-il ‘Cannibales’ dans l’évolution ou chasseurs de ‘Bêtes’ ?….