Il s’appelle Macron, mais son nom est Personne

A LA UNE

Il s’appelle Macron. Mais son nom importe peu car, il y a quelques années encore, personne ne le connaissait. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre : Emmanuel Valls, Manuel Macron, François Juppé ou Alain Bayrou, peu importe. Tous interchangeables. L’oligarchie a choisi Emmanuel Macron car il est jeune, ambitieux et présente bien. Mais Macron n’est en lui-même personne sinon le porte-parole de l’oligarchie.

C’est-à-dire le porte-parole d’un pouvoir impersonnel et hors sol : celui de l’argent, de la finance, des grandes firmes mondialisées, des bureaucraties bruxelloises et des bobos cosmopolites.

Personne, l’élu de l’oligarchie

L’oligarchie a choisi M. Personne pour continuer d’exercer, à travers lui, son emprise sur la France et donc sur l’Europe. Elle l’a choisi pour éviter que l’élection présidentielle de 2017 ne permette de changer une politique qui lui réussit si bien. Elle l’a choisi pour empêcher que le peuple français ne se réveille, à l’issue de la calamiteuse présidence Hollande, de sa mortelle dormition.

Elle a donc mis à la disposition de M. Personne trois moyens d’action essentiels pour gagner une élection en Occident : le pouvoir de l’argent, le pouvoir des médias et celui des juges. Trois pouvoirs qui marchent de concert : l’argent achète les médias et les juges agissent avec les médias. Trois pouvoirs qui ont transformé, en quelques mois, l’ambitieux banquier devenu ministre en candidat à l’élection présidentielle.

Parce qu’en France nous ne vivons plus en démocratie, mais sous un régime de post-démocratie.

Le pouvoir de l’argent au service de M. Personne

La post-démocratie ne repose plus sur le principe « un homme = une voix » comme autrefois, mais sur le principe « un euro = une voix ».

Le pouvoir de l’argent a permis au jeune M. Personne de créer en quelques mois un mouvement de toutes pièces. L’argent lui permet de mobiliser les meilleurs cabinets de communication pour peaufiner sa stratégie, son style, sa com. L’argent lui permet d’être visible partout et de louer les plus belles salles pour tenir ses meetings. L’argent lui permet aussi d’acheter les bons sondages.

Comme l’avouait sans fard Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique de l’institut de sondage IFOP à l’émission C dans l’air : « On a installé progressivement qu’il [Macron] pouvait être au second tour » de l’élection présidentielle (1).

L’argent a permis la promotion de la marque Personne comme on le ferait de n’importe quel autre produit de marketing. Dommage que l’on s’en aperçoive.

Le pouvoir médiatique au service de M. Personne

En post-démocratie le pouvoir passe aussi par les médias. Les médias mainstream, publics ou privés, ne sont plus des contre-pouvoirs mais des rouages du pouvoir. Car l’onction médiatique sert à préparer dans l’opinion l’élection politique.

Les médias mainstream appartiennent aux puissances d’argent en France et c’est pourquoi, au classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté des médias, notre pays se trouve en 2016 en 45e position derrière… le Burkina Faso, le Bostwana et Trinité et Tobago…

Soumis au pouvoir de l’argent, les médias mainstream ont donc fait la promotion permanente du candidat Personne : ils ne parlent que de lui, ne le critiquent jamais et ne lui posent aucune question qui pourrait le mettre en difficulté. Avec M. Personne, on ne risque pas de voir une Christine Angot venir l’invectiver sur un plateau télévisé. Et même la revue L’Histoire trouve une occasion de donner la parole au candidat Personne (2) ! Pas aux autres évidemment.

Les journalistes et les éditorialistes ont tous bien mérité de M. Drahi : la propagande médiatique pro-Personne est totale, omniprésente et manifestement tout sauf spontanée. Dommage qu’on finisse par s’en rendre compte.

Le pouvoir des juges au service de M. Personne

La post-démocratie se caractérise enfin par le gouvernement des juges, c’est-à-dire par la soumission des législateurs amovibles au diktat des juges inamovibles et idéologisés.

Les élections présidentielles de 2017 voient ainsi pour la première fois dans notre pays l’intrusion délibérée du gouvernement des juges dans le processus électoral lui-même, au mépris de la traditionnelle période de « réserve républicaine ».

L’opération avait pour nom de code Pénélopegate. Car ces juges, tous plus « indépendants » les uns que les autres, ont pour mission de mettre des bâtons judiciaires dans les roues de l’obstacle politique principal à l’élection du candidat Personne : François Fillon.

Car les sponsors d’Emmanuel Personne ne veulent qu’une chose : qu’il se retrouve au second tour face à Marine Le Pen, pour ensuite espérer bénéficier, comme le pitoyable Chirac en 2002, du déchaînement de la tempête médiatique contre la candidate issue du Front national. L’extrême gauche, c’est-à-dire le service action de l’oligarchie, s’y prépare déjà avec entrain, comme on l’a vu à Nantes ou à Bordeaux.

Le Monsieur Va-tout de l’oligarchie

L’oligarchie joue en réalité son va-tout sur M. Personne. Après le vote britannique pour le Brexit, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou le rejet du référendum de Matteo Renzi en Italie, l’oligarchie ne cesse en effet d’accumuler les déconvenues en Occident. Il ne faudrait pas que le peuple français sorte au surplus de sa léthargie en 2017 !

C’est pourquoi l’oligarchie fait de très gros efforts pour promouvoir M. Personne et aussi pour tenter de cacher ses lacunes, de plus en plus visibles. Car le marketing ne suffit pas à faire un homme d’Etat crédible. Dommage que l’on commence à s’en apercevoir.

Personne et M. Bulle

Personne pensait ainsi se soustraire à l’obligation de présenter un programme cohérent : des formules bien choisies par Proxem pour séduire les gogos et les banlieues devaient suffire.

Pour l’oligarchie, le programme importait peu, en effet : puisqu’au sein de la zone euro, les présidents ne président pas plus que les gouvernements ne gouvernent. Simples mandataires des lobbies et de l’oligarchie, ils ne font que ce qu’on leur dit de faire ou de ne pas faire.

Grave erreur de perspective, car le peuple veut aujourd’hui des gouvernants qui gouvernent !

Dommage pour l’oligarchie. Dommage surtout pour Emmanuel Personne qui risque de rester ce que l’on a fait de lui : une bulle financière et médiatique.

Michel Geoffroy, via Polemia
4/04/2017

Notes :

  1. Emission I média du 31 mars 2017 sur TV Libertés.
  2. Histoire de France : la grande querelle, hors-série, en kiosque le 23 mars ; article d’E. Macron « Réconcilier les mémoires » !

Correspondance Polémia – 5/04/2017

Image : Monsieur Personne

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7 Commentaires

  1. L’idée qu’on peut « acheter les bons sondages » me paraît excessive. L’industrie du sondage est concurrentielle et les sondages politiques ne représentent qu’une faible part de son chiffre d’affaires. L’institut qui se permettrait de vendre des sondages bidonnés risquerait de perdre sa clientèle commerciale. En revanche, comme la ligne de sécurité maximale pour un sondeur est de ne jamais afficher des résultats trop différents de ceux des autres, on peut s’interroger sur d’éventuels « redressements » qui iraient tous dans le même sens (il y a toujours un « vote caché », comme dit l’entourage de François Fillon, mais on peut chercher ou non à en tenir compte, et c’est là que la science du sondeur peut céder la place à ses convictions).

    En revanche, d’accord sur le fait que la presse a globalement choisi Macron, même si la majorité des journalistes pencheraient plutôt pour Mélenchon ou Hamon. Fragilisée économiquement, la presse s’est lancée depuis au moins une dizaine d’années dans un examen de conscience dont elle sort par le bas : au lieu de chercher à rétablir son prestige par une plus grande exigence, elle se met au service de calculs politiques. Plus d’un journaliste politique ne cherche pas à informer mais à « faire barrage à l’extrême-droite et à la droite extrême », et tant pis si ça l’oblige à avaler des couleuvres. (Sa douleur étant éventuellement atténuée par des espérances professionnelles : la sociologie des patrons de presse étant ce qu’elle st aujourd’hui, faire le bon choix aujourd’hui peut mener à des avancements rapides demain.

    Le choix de la presse n’est pas une garantie. La presse était partagée entre Mitterrand et Lecanuet en 1965, c’est quand même de Gaulle qui a été élu. Et l’effet sondage pourrait provoquer un basculement rapide si jamais Mélenchon parvenait au même niveau que Macron. Une bonne partie des journalistes voleraient volontiers au secours de l’extrême-gauche !

  2. Si c’est la république des juges c’est aussi celle des
    escrocs car l’un ne va pas sans l’autre.

    Depuis de nombreuses années, les politiques de tous bords ont pris des accommodements avec les lois et avec l’argent du contribuable. Quand il y a « mise en examen », il y a déjà suspicion de fraude avec
    quelques éléments à l’appui autrement il n’y a pas mise en examen.

    Regardez bien les affaires judiciaires qui touchent nos politiques, ils sont très rares ceux qui bénéficient d’un non-lieu ou qui sont blanchis par un procès car souvent leur non condamnation vient a d’autres
    raisons.

    Il y a d’abord ceux qui sont condamnés et exemptés de peine, cela devient monnaie courante la liste s’allonge tous les ans. Ceux qui bénéficient des vices de procédures (volontaires ???), ceux qui bénéficient d’un délai de prescription car les affaires ont trop traînées (volontairement également ???), ceux qui ont bénéficié d’une auto amnistie (la gauche couvre la droite et vice et versa) et certains les plus rares qui sont condamnés et exécutent leur peine (ils sont très très rares) … Derrière chaque cas il y a au moins trois noms de politiques connus publiquement.

    Une simple règle, quand on est mis en examen on ne devrait plus avoir le droit de faire de la politique: Déchéance des mandats en cours et inéligibilité temporaire tant que les affaires ne sont pas traitées et que vous n’êtes pas blanchis.
    Comme cela les politiques redeviendront de simple citoyen et seront traités comme tel. Votre honnêteté est mise en cause : vous êtes écartés des affaires de l’état.

  3. Pour Luten qui conclue « Une simple règle, quand on est mis en examen on ne devrait plus avoir le droit de faire de la politique ».
    Pour moi, Sarkozy est une marionette de l’oligarchie et il a trahi tous ses électeurs. Cependant, toutes les « affaires » qu’on lui a mis sur le dos d’une manière tout aussi illégale que celles que subi Fillon ont abouties à des non-lieu car aucune charge ne pouvait être retenue contre lui. Mais cela l’a désingué dans l’opinion publique, ce qui était le but (pour moi, ce sont ses trahisons qui m’ont convaincu).
    De même Fillon n’aura que des non-lieu, bien sur après les élections, car il n’a strictement rien fait d’illégal car tous les députés se sont voté les mêmes subsides sans avoir à rendre de compte et tous salarient un(e) assistant(e)? Quel est celui ou celle qu’avait Fillon pendant 24 ans jusqu’en 2005 ? et pourquoi cela sort juste avant les élections ? et pourquoi le sercret de l’instruction est-il violé en toute impunité ? et pourquoi la justice se met en branle en 2 heures ?
    Etc., etc.
    Bref, comment faire élire une persone dont 80% des électeurs ne veulent pas ?

  4. Pour Pschitt qui pense que l’on ne peut pas acheter de « bons sondages » :
    Depuis Pompidou, Pas un seul sondage n’a prévu le candidat qui a été élu.
    Et que dire du lapsus révélateur de Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique de l’institut de sondage IFOP à l’émission C dans l’air : « On a installé progressivement qu’il [Macron] pouvait être au second tour » de l’élection présidentielle. Si ce n’est pas de la méthode Qoué, …
    Et que dire de Macron toujours présenté comme le favoris des sondages après les « débats » télévisés alors que dans toute les presses étrangères, pourtant plutôt favorables à Macron comme à Hilary Clinton, il est jugé « décevant, fade et plat ».
    De plus, les sondages sont commandés et payés par des partisans de Macron comme BFM, propriété de Mario Draghi à qui Macron a rendu de très grands services (affaires SFR, Asltom, etc.) du temps où il était ministre des finances.

    • Monsieur Hervé de Gromard, vous ne connaissez que la partie émergée de l’Iceberg et vous avez la mémoire courte. Remontez dans l’histoire et voyez comment Longuet, Woerth, Lagarde, Juppé … s’en tirent sans souci !!!
      La justice est clémente avec les politiques; pour le reste,
      Sarkozy est toujours impliqué dans des affaires, dont une pour trafic d’influence et corruption active, sans parler du financement de sa campagne électorale. Ces affaires traînent malheureusement et dans quelques années on apprendra qu’il est condamné mais exempté de peine…
      Quant à Fillon, rebaptisé François de Solesmes par les sarthois, ce sera pareil, il passera en cati-mini au tribunal et sera condamné ou bénéficiera d’un vice de procédure ou d’une prescription mais sur le fond si un chef d’entreprise, un gestionnaire d’association ou autre avait fait la même chose, il serait condamné.

      Responsable d’associations, j’ai côtoyé pendant plus de 25 ans les politiques et j’ai vu de quoi ces messieurs sont capables et des FF il y en a beaucoup. C’est une ruine pour la France. Voter pour FF c’est être comme un crapaud devant un serpent: hypnotisé alors que l’on va être bouffé ou à moins que l’on fait parti de cette caste de rapetout.

      C’est insupportable leur impunité.

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