Présidentielle 2017. Quelles incidences sur les marchés financiers ?

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Alors que le premier tour de l’élection présidentielle française se tient ce dimanche 23 avril, l’incertitude quant à son issue a aussi gagné les places boursières. Quelles sont donc les conséquences possibles pour les marchés financiers ?

2016 en guise d’avertissement

En premier lieu, l’un des faits marquants de la période est la défiance des agents économiques envers les sondages et les tendances « anticipées ». Ainsi, l’année 2016 a échaudé même les plus crédules avec le vote en faveur du Brexit et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Des certitudes devenues obsolètes et une actualité impossible à anticiper, voilà de quoi déboussoler les marchés financiers.

Le Pen/Mélenchon, épouvantail du deuxième tour

La remontée dans les sondages ces dernières semaines de Jean Luc Mélenchon a largement contribué à accroître la nervosité sur les places financières. Une remontée qui vient remettre en cause le scénario assimilé depuis longtemps par les investisseurs : un deuxième tour qui devait voir s’affronter sans surprise Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Un Emmanuel Macron dont l’élection n’inquiétait pas spécialement les sphères économiques. Mais les spéculateurs ont retenu une chose entre temps : rien n’est à exclure. Pas même une finale Le Pen/Mélenchon, match des extrêmes dont la probabilité est estimée entre 20 et 30%.

Ainsi, l’indice Global Economic Policy Uncertainty, indicateur créé en 1997 par des universitaires américains et mesurant l’incertitude économique en compilant données politiques et économiques atteindrait depuis quelques jours des sommets historiques.

Il est vrai que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont pour le moins des eurosceptiques et une sortie de la France de la zone euro voire de l’Union européenne en cas d’arrivée au pouvoir de l’un des deux n’est pas totalement inenvisageable.

« Frexit » = défaut de paiement

Une telle décision accompagnée d’un retour au franc pourrait avoir une conséquence qu’aucun des nombreux candidats à la présidentielle hostiles à l’euro n’a abordé : la France serait alors tout bonnement en défaut de paiement envers l’Union européenne.

Voilà de quoi inquiéter sérieusement les investisseurs internationaux. Traditionnellement amateurs de dette française, les Japonais ont massivement allégé leurs positions puisque la Banque du Japon a avancé le chiffre de 13,4 milliards d’euros d’obligations françaises revendues au cours du mois de février 2017. Une défiance qui conforte dans le même temps l’économie allemande puisque le différentiel entre les taux français et allemands s’est accru fortement à la faveur de ces derniers.

Le risque d’une contagion au sein de l’UE

Dans un moment où l’unité de l’Union européenne est fragilisée par différentes crises et de nombreuses divergences entre les États, une hypothétique sortie de la France de la zone euro pourrait avoir un effet de contagion sur ses pays voisins et ainsi conduire à l’éclatement de l’UE.

Un risque intégré par les bourses mondiales qui se couvrent en achetant des valeurs « refuges » comme les bons du Trésor US, le yen et, bien entendu, l’or. Certaines banques centrales hors zone euro, à l’instar de la Suisse et du Danemark, ont même été obligées de réguler leur devise nationale afin d’éviter une valorisation trop forte face à l’euro en proie à l’instabilité.

Macron et Fillon, candidats « pro-business »

Le choix des marchés financiers va clairement vers les deux candidats les plus pro-européens : Emmanuel Macron et François Fillon. Avec un bémol toutefois concernant Macron car sa capacité à mettre en œuvre son programme avec une majorité parlementaire claire et déterminée ne semble pas acquise pour tous les acteurs économiques. D’autre part, les investisseurs parient sur une revalorisation des actions françaises en cas de victoire de l’un des deux.

Par ailleurs, une présidence Fillon serait favorable aux actions françaises, qui bénéficieraient d’une régulation plus souple selon les analystes. Si les promesses de campagne de l’ancien Premier ministre sont tenues, la relance de l’économie française pourrait effectivement avoir lieu. C’est du moins ce qu’en pensent certains économistes.

Le politique regagne du terrain sur le financier

Tandis qu’un tel intérêt des bourses et des opérateurs économiques pour une élection présidentielle française est une première historique, certains observateurs notent qu’à plus grande échelle, l’influence du politique sur le monde financier serait de plus en plus présente.

Une inversion dans le rapport de force qui aurait eu lieu à partir de la crise économique de 2008. À l’époque, les États sauvèrent les banques de la faillite grâce à leurs interventions. Un interventionnisme qui s’est poursuivi au cours des années 2010 et dont les manifestations les plus visibles furent le Q.E (Quantitative Easing) mis en place à plusieurs reprises par les banques centrales, notamment la Banque Centrale Européenne dans l’optique de « relancer » l’économie européenne et la consommation.

Quoiqu’il en soit, les spéculations vont aller bon train jusqu’au verdict, dimanche soir 20 heures. Et vont se poursuivre selon le résultat dans les deux semaines à venir.

Crédit photo : Pixabay (2015)
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2 Commentaires

  1. Le scénario à risque pour les marché est Mélanchon. Le FN n’effrait pas tant que cela; il devrait s’allier avec une partie de la droite. Mélanchon étant donné gagnant contre Marine Le Pen, c’est précisément ce second tour que les marchés redoutent.

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