La France en marche ! Macron après Marcel Bucard ?

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Emmanuel Macron est-il aussi vierge de toute pollution idéologique qu’il le dit ? Son mot d’ordre : « En marche ! » est-il vraiment inédit, original ? Pas tout à fait.

Scrutée de près, l’histoire de France, peut réserver des surprises.

Marcel Bucard est le fondateur d’une variante française du fascisme italien. Ce normand a 19 ans en 1914, il se prépare à la prêtrise. Mais son patriotisme est tel qu’il s’engage comme simple soldat. Il finira la guerre capitaine, blessé deux fois, croix de guerre, dix citations.

Il renonce à la soutane et s’engage en politique. Admirateur de Mussolini, il fonde un petit parti, le « Francisme » qui réunit quelques milliers de militants. Chemise bleue, béret, ceinture et bottes, salut « franciste », ils se donnent des allures militaires et paradent beaucoup. On les voit à l’œuvre le 6 février 1934. Mais Bucard n’a rien d’un Jacques Doriot ou même d’un Marcel Déat, les chefs « fascistes » les plus en vue dans les années 30. L’idéologie clamée par le Francisme est aussi confuse que péremptoire, mystique ultra-catholique, ouvriérisme, internationalisme fasciste et culte du chef…

Le 18 juin 1936, le Francisme est dissous comme ligue factieuse. Il renaît après la débâcle. Désormais, le héros de la Grande Guerre, le patriote, collabore. Il réunit autour de 10 000 adhérents, peu opérants. Mais Bucard proclame : « Nous n’avons aucun goût pour l’esclavage ! » (5 octobre 1941). En août 1944, il fuit en Allemagne. On le retrouve à Sigmaringen. Après la capitulation de l’Allemagne nazie, il cherche à gagner l’Espagne de Franco. Il est arrêté, jugé pour haute trahison et condamné à mort. Bucard est passé par les armes le 21 février 1946.

Un itinéraire pitoyable, affligeant surtout lorsqu’on a eu comme slogan : « Le Francisme remettra la France en marche ! »

Emmanuel Macron a-t-il entendu parler de Marcel Bucard ? C’est très peu probable. A l’ E.N.A. on s’occupe de choses beaucoup plus sérieuses. Voilà donc notre sémillant candidat porté par un mot d’ordre qu’il a cru « très chouette » et qui sonne mal.

Autre souci : Marcel Bucard a une descendance, deux filles, des petits enfants. Des « ayant droit » qui pourraient bien engager des poursuites pour vol de la propriété intellectuelle. Cela ferait une « affaire » de plus. O tempora, O mores !

Jean Heurtin

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

4 Commentaires

  1. […] Qui connait encore Marcel Bucard ? Un homme ayant fait la guerre de 14/18, blessé et décoré plusieurs fois et qui finit devant un peloton d’exécution après la guerre. Un homme, un collabo qui, lui, n’a pas échappé à la mort pour trahison. Je ne ferai aucun commentaire sur cet homme. Il fut sans doute la victime d’une époque comme beaucoup d’autres. Lui paya son engagement. D’autres, plus protégés, n’ont rien réglé ! Pire, ils ont obtenu souvent des situations envieuses, comme beaucoup de hauts fonctionnaires, des magistrats, des artistes, écrivains et ces fameux députés socialistes qui approuvèrent les pleins pouvoirs à Pétain. […]

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