29/04/2017- 08H15 Nantes (Breizh-info.com) – Jean Messiha était le 27 avril à Nantes, invité par le Front national de Loire Atlantique pour présenter aux cadres du mouvement les 144 engagements présidentiels de Marine Le Pen. Peu connu du grand public, énarque d’origine égyptienne, Jean Messiha est un haut fonctionnaire du Ministère de la Défense. Il a intégré le FN au début de 2016 et est devenu rapidement le principal animateur et porte parole des Horaces, ces experts qui conseillent la candidate à la Présidence de la République. «Oriental élégant et volubile» tel que le décrit Valeurs actuelles, Messiha assure le service après-vente du projet de Marine Le Pen . « Je fais de la pédagogie en interne, tourne dans les fédérations, donne des éléments de langage aux militants, explique-t-il.

« La France n’est pas une race (…) c’est une adhésion, une culture, une façon d’être », explique Messiha qui décrit ainsi son engagement : « Marine est la seule à incarner la France dont j’ai toujours rêvé».

« Le système veut gouverner directement, c’est Macron, il n’a plus besoin de pantin à la Hollande ! »

Tout de go l’orateur s’en prend à Margaret Thatcher et à Ronald Reagan qui sont selon lui à l’origine du « sans frontièrisme, du nivellement des cultures et du grand marché mondial ». Mais cette parenthèse de 30 ans se referme : « on est allé trop loin dans une logique dangereuse pour la nation ». Les Français doivent reprendre leur destin en main, d’individus citoyens et non de vecteurs économiques. Pour l’emporter, le grand marché des mondialistes doit abattre les cultures et imposer un nivellement massif par l’immigration.

Jean Messiha s’inspire des thèses du philosophe scientifique américain Thomas Samuel Kuhn, qui a mis en avant la notion de paradigme, modèle à suivre qui, pour un temps, fait autorité, puis sera remplacé par un autre. C’est ainsi que la démocratie devient notre dernier rempart par la loi du nombre : « quand les gagnants du système deviendront moins que les perdants, le système craquera », explique Messiha. Selon lui   un nouveau monde apparaitra, qui sera celui de la France avec le retour du politique que la France a inventé. Pour lui, actuellement « le système veut gouverner directement, c’est Macron, il n’a plus besoin de pantin à la Hollande ! »

La France, rappelle-t-il, est totalement dans les mains des technocrates de Bruxelles, elle n’a plus de politique monétaire et commerciale indépendante. Les parlementaires ne font que transposer à 80 % les directives de la Commission européenne. Il en résulte une perte des libertés collectives et un appauvrissement de la démocratie. La France est comme un mineur à qui ses parents donnent son argent de poche. Elle doit « sortir du confort de la tutelle pour choisir le vertige de la liberté », reprendre en main sa destinée. Pour Messiha : «  ces gens n’aiment pas la France car on ne peut que l’aimer libre ». Les patriotes eux ne peuvent se résoudre à l’impuissance.

« Toute nation digne de ce nom doit avoir une volonté de puissance »

Pour cela il lui faut retrouver des frontières, rétablir la priorité nationale, « notion scandaleuse » car si on en parle c’est que la nation a disparu. Il faut aussi casser les ressorts du communautarisme, mais pour Messiha ce «projet n’exclut personne, il est inclusif » et, dit-il, «nous dirons ‘bienvenue’ à tous ceux qui voudront participer à notre nouvelle aventure nationale collective».

L’orateur insiste sur la notion de citoyenneté – creuset républicain – qui doit être réintégrée dans l’identité nationale. S’il fait référence à l’ouvrage d’Eric Zemmour Le suicide français, c’est pour regretter que « tous les vecteurs de l’assimilation aient été détruits depuis 1981 » il refuse de faire sienne la notion de ‘ Grand remplacement ‘ popularisée par Renaud Camus : «  je ne sais pas ce que ça veut dire » tout en reconnaissant d’ailleurs que « dans des zones de plus en plus importantes ce n’est plus le même peuple ».

Opposant la France du renoncement de Macron à celle « qui se bat et veut » de Marine Le Pen, Messiha affirme que « toute nation digne de ce nom doit avoir une volonté de puissance ».

Et pour les Français, Macron ce pourrait être Don Salluste ( Louis de Funès dans le film La folie des grandeurs) pour qui : « il est bien que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres !»

Jean Messiha conclut ainsi : « Pour Emmanuel Macron la France n’est qu’un pays dans lequel on vit, pour Marine La France est un pays qui vit en nous ».

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9 Commentaires

    • Ça vous regarde, mais ne depossédez pas les autres de leur seule PATRIE, SOUS PRÉTEXTE QUE VOUS VOUS SENTEZ MONDIALISTE !

      • Mondialiste, moi? C’est la meilleure de l’année! J’ai juste du mal à comprendre pourquoi le FN doit faire appel à un égyptien (même si celui-ci est très brillant, j’en conviens).

        • Car la partie française n’a pas de base ethnique. Nous Bretons passons notre temps à nous demander qui est le plus breton. Nous sommes des puristes, nous concevons notre nationalité bretonne comme un joyau que nous chérissons, quelque chose qui nous rend à part. À l’inverse tout le monde peut être français. Une langue , un drapeau , quelques références communes , le goût de l’étatisme: les conditions pour être reconnu comme excellent français sont finalement assez simples. Je dirais même plus pour les toqués de la France la terre entière a vocation à être francaise, car c’est implicitement le meilleur certificat d’homme civilisé ! Nous autres Bretons mettons notre fierté dans notre différence et les Français dans leur capacité à attirer et à assimiler. Leur symbole devrait être la pie plutôt que le coq…

  1. « La France n’est pas une race (…) c’est une adhésion, une culture, une façon d’être »
    Toujours bon de le rappeler! Est français qui veut, est Breton qui peut (O. Mordrel).

  2. La France c’est un peuple hybride uni par un amour commun celui de la Nation; ceux qui veulent dissoudre la Souveraineté du peuple Français dans celle d’une Europe ultra libérale ouverte aux quatre vents et sous influence extérieure sont de dangereux idéalistes ou simplement des affairistes sans âme ni conscience.

    • J’ai plutôt l’impression que la France ne sera jamais unie car justement hybride. Contrairement au Japon par exemple. L’édifice est fragile (voir son affaissement total en 1940 et en 1958). Sa survie repose essentiellement sur un mélange de flicage (bâton) et d’assistanat (carotte) orchestré par un État omniprésent que dirige une caste (« les grands serviteurs de l’état ») soudée par l’intérêt partagé d’avantages particuliers (« l’intérêt général »). Avec en prime le lavage de cerveau pour les petits Bretons et autres depuis la plus tendre enfance.

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