France Culture : élasticité des règles du CSA pour « l’Esprit public »

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05/05/2017 – 23H45 Paris (Breizh-info.com) –  Comme à chaque élection, le CSA – Conseil supérieur de l’Audiovisuel – édicte des règles afin d’assurer l’équilibre des temps de parole des candidats sur les chaînes de radio et télévision. Pour la présidentielle de 2017, elle les a ainsi formulées :

Du 1er février au 19 mars : comptabilisation des temps de parole et des temps d’antenne, selon le principe de l’équité.

Du 20 mars au 9 avril : comptabilisation identique, mais en ajoutant une contrainte supplémentaire (programmation comparable de tous les candidats et leurs soutiens dans les quatre tranches de la journée : 6h-9h30, 9h30-18h, 18h-0h, 0h-6h).
Du 10 avril au 5 mai : comptabilisation des temps de parole et des temps d’antenne, selon le principe de l’égalité entre les candidats, avec toujours la même contrainte de la programmation comparable.
La veille et le jour du scrutin : interdiction de toute diffusion à caractère électoral, exceptées les informations pratiques.

La comptabilisation détaillée doit être envoyée chaque semaine au CSA, puis chaque jour, durant la semaine précédant les deux tours.

S’ajoutent à cela les règles du pluralisme qui concernent la politique hors élection présidentielle et qui imposent tout au long de l’année aux chaines de radio et de télévision, une comptabilité différente.

C’est dans ce cadre que le 5 mars dernier, Philip Meyer, producteur de l’émission « l’EspritPublic » tous les dimanches sur France Culture, avait annoncé la fin de la participation de Jean-Louis Bourlanges, pilier de celle-ci. Il appliquait à contrecoeur une décision de la direction de la radio consécutive à la prise de position de ce dernier en faveur du candidat Emmanuel Macron. Selon sa directrice Sandrine Trénier, cela « pose un problème insoluble », avant de poursuivre : « Comment une personnalité déclarée aux côtés d’un candidat pourrait-elle raisonnablement continuer à commenter la campagne électorale et donc son propre candidat et ses adversaires ?  » Elle ajoutait qu’« il va de soi que dès l’élection passée, il  retrouvera toute sa place sur notre antenne. »

Les réticences de Philippe Meyer pouvaient s’expliquer car la mesure à l’encontre de Bourlanges aurait dû s’appliquer à la quasi-totalité de ses collaborateurs, voire à son émission elle-même.

En effet, le CSA précise bien dans ces règles :

S’ajoutent à cela les règles du pluralisme qui concernent la politique hors élection présidentielle et qui imposent tout au long de l’année aux chaines de radio et de télévision, une comptabilité différente.

Pourtant, ni France Culture, ni l’Esprit public ne respectent ce pluralisme.

Les habituels participants de cette émission sont très engagés à commencer par Philippe Meyer. Proche du PSU – Parti socialiste unifié – dans sa jeunesse, il a été candidat du MODEM, le parti de François Bayrou, qui soutient également E. Macron. Par le choix des intervenants, il maintient une ligne idéologique  en phase avec celle de l’oligarchie politico-médiatique

Ainsi, lors de l’émission du 4 octobre 2009 sur  l’« affaire Polanski », Yves Michaud avait pris une position à charge contre le réalisateur franco-polonais. Ce sera sa dernière intervention alors qu’il était jusque là considéré comme un intervenant permanent. Selon Yves Michaud, Philippe Meyer lui a signifié quelques jours après par mail de ne pas venir participer à l’émission suivante

Celle du 30 avril dernier en pleine campagne avait pour thème :  » Le bilan du 1° tour, les enjeux de la campagne ». Comme chacun peut le vérifier en l’écoutant sur le site de France Culture, elle a consisté à dénoncer le danger que représente Marine Le Pen et à souhaiter sa défaite, position cohérente avec les choix des divers participants.

Thierry Pech est l’un des membres fondateurs de Terra Nova dont il est l’actuel directeur général. Cet organisme est un des inspirateurs principaux du Parti socialiste et de la gauche sociétale à laquelle se rattache E. Macron.

Nicole Gnesotto, particulièrement virulente, vient d’achever un mandat de cinq ans comme premier directeur de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, après avoir occupé diverses fonctions de recherche et d’enseignement au ministère des Affaires étrangères et européennes, à Sciences Po, à l’Institut français des relations internationales. Avec Michel Rocard, elle a notamment dirigé l’ouvrage collectif « Notre Europe » (Robert Laffont ).

Nicolas Baverez est membre du comité directeur de l’Institut Montaigne. Ce dernier a été créé par Claude Bébéar, ancien dirigeant d’Axa. Il est présidé par Henri de Castries, qui lui a succédé à la tête d’Axa. Il est financé par 100 des plus grosses entreprises installées en France. Nicolas Baverez est aussi membre  du comité de direction de la revue « Commentaire », au sein duquel il retrouve JL Bourlanges et Philippe Meyer.

Lionel Zinsou, banquier d’affaires, d’origine franco-béninoise, a été premier ministre du Bénin. Il est également membre du comité directeur de l’institut Montaigne. C’est un des plus récents intervenants de l’émission et le seul originaire de la « diversité ».

En effet, contrairement à l’idéologie de l’émission, elle est restée très longtemps le monopole des mâles blancs. La première femme à y collaborer de temps à autre est la journaliste allemande Michaela Wiegel. Depuis quelques mois, Nicole Gnesotto et Sylvie Kauffmann sont devenues des collaboratrices régulières.

Sylvie Kauffmann est  directrice éditoriale du journal Le Monde, dans lequel elle a fait l’essentiel de sa carrière professionnelle. Est-il nécessaire de rappeler les prises de position de ce journal et de son équipe dirigeante?

De plus, de nombreux invités de l’émission ont été ou sont membres ou invités du  » Siècle « , entre autres Philippe Meyer, Jean-Louis Bourlanges, Nicolas Baverez, François Bujon de l’Estang, Lionel Zinsou,.. Ce club est probablement le plus puissant de France. Il compte dans ses rangs tout ce qui compte dans les milieux politiques, universitaires, financiers etc…Il est  » Au coeur du pouvoir  » selon le titre du livre très bien documenté que lui a consacré Emmanuel Ratier aux éditions Facta.

On constate que depuis que Max Gallo n’y participe plus, aucun représentant d’un courant national et souverainiste, à fortiori identitaire, n’y intervient.

Cette exclusion de JL Bourlanges a valu à la station de nombreuses critiques, obligeant le médiateur à intervenir. Celui-ci répondant à l’une d’entre elles écrivait :  » Je suis étonné qu’autant de personnes puissent se laisser manipuler par de fausses informations. Il n’a jamais été question de « censurer » un intervenant. La seule question qui se pose à nous est qu’il a affiché publiquement son soutien (notamment par des tribunes dans la presse) pour un candidat à la Présidentielle. C’est son droit. Mais nous avons alors l’obligation d’équilibrer son temps de parole par d’autres intervenants soutiens d’autres candidats. Et là, chacun devrait comprendre que c’est une obligation légale à laquelle aucun média audiovisuel ne peut se soustraire, au risque de sanctions. Cet équilibre est impossible à respecter au sein de « L’Esprit public ». Certains me disent que France Culture pourrait équilibrer avec les journaux de la station. C’est également impossible: cela déstabiliserait l’équilibre que doit respecter la rédaction et finirait par empêcher toute expression du candidat Macron. Pourquoi? Tout simplement, parce que Jean-Louis Bourlanges participe à une émission « longue »; s’il s’exprime au total pendant 15 minutes, il faut rééquilibrer avec tous les autres candidats. Or, les journaux diffusent des éléments sonores courts; pour équilibrer une douzaine de candidats, il faudrait disposer d’un total hebdomadaire d’environ une heure et demie à deux heures pour eux tous. Les journaux de France Culture se transformeraient en tribune politique permanente. Impensable… Enfin, certains auditeurs s’étonnent que d’autres intervenants dont les préférences politiques sont « devinées » ne soient pas retirés de l’antenne. En effet, tant qu’ils ne soutiennent pas officiellement un candidat, les règles du CSA ne s’appliquent pas. Tout cela est simple et transparent. Dommage que certains préfèrent des thèses  complotistes de « censure » et d’interdiction d’antenne… ». ( sic )

L’absence de réaction du CSA  à l’existence de cette tribune politique permanente en faveur des candidats du système et, plus particulièrement, d’Emmanuel Macron pour ce second tour et à l’absence totale de véritable pluralisme toute l’année ne s’explique t-elle pas par l’appartenance de son président Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin et nommé par François Hollande?

Il avait d’ailleurs été mis en cause lors de la nomination de Delphine Ermotte à la présidence de France Télévisions. Les comités de rédaction de France 2 et France 3 avaient dénoncé  la procédure « opaque et anti-démocratique » mise en place par le CSA pour choisir le nouveau président de la télévision publique. Philippe Bilger avait critiqué cette nomination « dans un climat de connivence et de clientélisme aux antipodes de la transparence que l’audiovisuel aurait exigée. « 

De son côté Jean-Louis Bourlanges a dénoncé cette décision le concernant et ne se laisse pas prendre à ces explications de circonstance. Il la qualifie de « doublement incohérente », d’une part parce qu’il « ne participe pas à cette émission en qualité de journaliste tenu à un devoir de neutralité et d’impartialité […] mais comme ce que Raymond Aron appelait « un spectateur engagé », invité en raison et non en dépit de ses prises de position dans le débat public » et d’autre part du fait du soutien qu’il avait affiché pour Alain Juppé dans la cadre de la campagne précédant la primaire de la droite et du centre. Il pointe également l’incohérence de la limitation d’une telle sanction à la durée de la campagne présidentielle, « alors que la question se posera en des termes strictement identiques pour la campagne des élections législatives « .

Jean-Louis Bourlanges n’aurait-il pas servi de victime expiatoire pour faire croire que le CSA se souciait du respect de ses propres règles? Cela  n’aurait-il pas permis à France Culture de se présenter en garante de la neutralité du service public malgré son engagement partisan tout en prenant ouvertement parti pendant toute la campagne présidentielle?

T.M.

Crédit photo : DR
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