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Quand France culture oublie d’être un outil de propagande au service des idéologies mondialistes, matérialistes, individualistes, freudiennes ou marxistes, il lui arrive de proposer des émissions exceptionnelles. C’est le cas avec l’annonce, par la directrice de cette radio, qu’André Dussolier lui avait proposé de lire la thèse de médecine de Louis-Ferdinand Céline sur le médecin obstétricien hongrois Ignace Philippe Semmelweis. C’est programmé pour le mercredi 15 avril de 19 à 20 heures. En pleine pandémie du coronavirus, un sujet d’une brûlante actualité.
Un médecin en avance sur ses confrères
Il est souvent oublié qu’avant d’être cet écrivain talentueux au style unique, Louis-Ferdinand Céline était un médecin en avance sur ces confrères dans la promotion des techniques de lutte contre les contagions. Ainsi en 1924 il a consacré sa thèse de fin d’études médicales au docteur Semmelweis. En pratiquant les accouchements, celui-ci avait eu la prémonition que les fièvres puerpérales seraient transmises de malade en malade par le personnel hospitalier. Il avait raison mais n’avait pas d’explication méthodologique de sa découverte : « Faire laver les mains aux personnes touchant les femmes enceintes ».
Dans sa thèse, qu’il publiera en 1936, Louis-Ferdinand Céline le fait s’exprimer ainsi :
« Le destin m’a choisi pour être le missionnaire de la vérité quant aux mesures qu’on doit prendre pour éviter et combattre le fléau puerpéral. J’ai cessé depuis longtemps de répondre aux attaques dont je suis constamment l’objet ; l’ordre des choses doit prouver à mes adversaires que j’avais entièrement raison sans qu’il soit nécessaire que je participe aux polémiques qui ne peuvent désormais servir en rien le progrès de la vérité « .
En effet, le docteur Semmelweis fût victime du refus des médecins et scientifiques qui contrôlaient les institutions de l’époque de valider ses découvertes. Ses observations vont en effet contre l’opinion qui prévaut alors chez les scientifiques, lesquels attribuent ces infections à un déséquilibre dans le corps des « quatre humeurs fondamentales », une théorie connue sous le nom de dyscrasie.
Si ce déni de la communauté médicale de reconnaître cette découverte a condamné à une mort tragique de nombreuses jeunes mères, les idées de Semmelweis ont fini par triompher.
On cite souvent son cas en exemple d’une situation où le progrès scientifique a été freiné par l’inertie des professionnels bien en place.
Ne serait-il pas d’actualité ?
Thierry Monvoisin
Photo : DR
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