Nantes : aux Dervallières, les habitants du Building en ont marre des coupures à répétition

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30/08/2017 – 12h30 Nantes  (Breizh-Info.com) – Le Building, c’est le nom officiel de la barre de 12 étages qui domine l’église des Dervallières, un quartier sensible à l’ouest de Nantes. Elle vient d’être rénovée. Ses couleurs pimpantes, son isolation extérieure inspirent l’optimisme. Vu de loin. Vu de près, les bulles de l’enduit, l’adduction d’eau en plastique ou encore les joints défaillants démentent la première impression. Ou encore les coupures d’eau.

Depuis le début de l’été, le surpresseur – pourtant neuf – qui permet la desserte en eau courante au-dessus du 6e étage, a des faiblesses. Le vendredi 18 août, l’eau a disparu complètement des appartements situés aux 12, 14 et 16, rue Edmond Bertreux, et au 38, rue Antoine Watteau. Devant la colère légitime des locataires, l’agence Watteau – qui a juré que la casse du vase d’expansion et du surpresseur, pourtant neufs, était « exceptionnelle », a distribué des packs d’eau à plusieurs reprises. Et l’eau, à peine rétablie le 22 août, a été coupée à nouveau dans la nuit du 28 au 29 août, de 1h15 à 9h30, suite à une panne nouvelle due au surpresseur.

Galère pour les locataires, notamment ceux qui sont chargés de famille. Ainsi, Mme Briand, qui trouve que « c’est n’importe quoi. Il y en a marre. Certes, on pouvait aller se doucher à la piscine des Dervallières, à des créneaux bien précis en plus, de 9 à 11 le matin mais c’est la galère ». Mme Kébé qui a plusieurs enfants en bas âge, trouve ces coupures « dures. La semaine dernière, j’ai transporté beaucoup d’eau du rez-de-chaussée jusqu’à mon appartement, pour la vaisselle, la toilette des enfants etc. Ce n’est pas normal surtout que l’immeuble vient d’être rénové ».

Quelques étages plus haut, M. Maghri trouve que « depuis la rénovation, y a des problèmes ». Son voisin corrige : « depuis qu’ils ont cassé l’ancienne chaufferie. La semaine dernière c’était la merde ». Un peu plus haut, un locataire ironise : « je suis africain, donc je fais ma toilette à l’économie ; mais en France je ne m’attendais pas à ça ».

Les coupures d’eau chaude sont habituelles dans les ex-pays de l’Est, l’été servant à l’entretien de réseaux souvent archaïques et abimés par les rudes hivers. Les habitants des immeubles collectifs en Russie , Biélorussie, Moldavie ou en Ukraine y sont habitués – sauf ceux, nombreux, qui ont un chauffe-eau à gaz ou électrique.

L’agence Watteau gère, pour Nantes Habitat, les logements HLM situés dans un large secteur du centre-ouest de Nantes, depuis le parc de Procé jusqu’aux Salorges, en passant par les Dervallières et la Durantière. Le Building, au cœur du problème, construit entre 1958 et 1961, abrite 252 logements. Il a été rénové en 1985, puis en 2015-2016. C’est cette rénovation qui suscite les critiques : « ça a l’air neuf mais en fait ils ont tiré sur les matériaux et les prix. Les choses qui ont été mises sont pas chères et de mauvaise qualité », nous explique une locataire. « Par exemple les joints sont tous mous, ils fuient – notamment ceux des portes des douches. Ils ont fait venir un plombier qui ne disait pas autre chose. Tout est à reprendre ».

Au chapitre des malfaçons aussi, « l’électricité. Au neuvième, une dame s’est prise des châtaignes par sa prise, elle a carrément valdingué dans le mur ». D’autres problèmes sont signalés : des prises qui ne tiennent pas aux murs, des installations de chauffage  » montées à l’envers, il a fallu les faire refaire « . Clairement, le Building semble avoir été rafistolé à la va-vite, « ils nous ont rendu des appartements qui n’ont pas été nettoyés après le chantier, il a fallu qu’on le fasse nous-mêmes », se récrimine un autre locataire.

Ce mardi 29 août avait lieu, dans les locaux de l’agence, une réunion entre locataires et gestionnaires, avec notamment un représentant de Nantes Métropole. C’est peu dire que la réunion était houleuse. Outre le problème de l’eau, étaient évoquées aussi les malfaçons et les incivilités qui participent à plomber l’image du quartier, sans oublier l’insécurité. Dans le building, comme dans d’autres immeubles « On veut que cela ne soit qu’un mauvais souvenir, et qu’on reparte sur de bonnes bases », résume en fin de réunion l’un des locataires. Un autre nous confie son inquiétude : « on vit dans l’incertitude, on ne sait pas, quand on se lève le matin et qu’on tourne le robinet, s’il y aura de l’eau ».

Et l’attitude de l’agence Watteau est dénoncée : « ils ne nous ont toujours pas proposé de réduction pour l’eau vu que ça fait plus d’une semaine que le service est défaillant ». Une pétition de locataires a réuni 46 signatures. Du côté de l’agence Watteau, on annonce des travaux dans trois semaines, avec une nouvelle demi-journée de coupure de l’eau le temps de les faire. « Des tuyaux de cuivre ont été commandés », croit savoir un locataire. D’autres mettent en avant un « préjudice moral » et sont en train de monter un « collectif de défense pour défendre nos intérêts et déposer plainte contre la gestion désastreuse de nos logements. On ira jusqu’au bout ! ».

Louis-Benoît Greffe

Crédit photos : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 Commentaires

  1. Pour avoir vécu toute ma jeunesse sans eau courante je trouve que ces locataires sont trop exigeants. Cela d’autant plus que leur loyer dans ces immeubles boit être minime.

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