La droite « souriante » de Maël de Calan

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21/10/2017 – 12h00 Morlaix (Breizh-info.com) – « Homme à tout faire de la politique », voilà la mention qui devrait figurer sur la carte de visite de Maël de Calan (LR), conseiller départemental de Saint-Pol-de-Léon depuis mars 2015 et conseiller municipal de Roscoff. Mais ce beau départ a été brisé net par Sandrine Le Feur (LREM), agricultrice bio, totalement novice en politique, lors des élections législatives de juin 2017 dans la circonscription de Morlaix. De Calan se voyait succéder dans un fauteuil à Marylise Lebranchu (PS), mais, au second tour, Mme Le Feur lui a mis 1561 voix dans la vue (19 001/17 440). L’amateur, paysanne, a envoyé dans les choux le professionnel (Sciences Po et HEC).

A 37 ans, Maël de Calan a beaucoup donné de sa personne : secrétaire national à la prospective au bureau politique de l’UMP, président de la section UMP de Sciences Po, responsable des jeunes UMP de Paris, refondateur de l’école des cadres de  l’UMP, rapporteur du groupe économie du projet présidentiel (Nicolas Sarkozy), directeur de campagne d’Agnès Le Brun, maire de Morlaix, pour les législatives de 2012, fondateur de la Boite à idées, un think tank de droite en 2014, directeur – adjoint du pôle projet lorsque Alain Juppé s’était lancé dans la primaire, aujourd’hui candidat à la présidence de « Les Républicains ». Bien entendu, de Calan est prêt à tout pour se faire élire : « le 30 mai, raconte Alain Juppé à ses proches, je suis allé soutenir en Bretagne mon ancien conseiller Maël de Calan. Et qu’est-ce qu’il met sur ses affiches ? ‘La Droite ouverte pour réformer avec Macron’ » (Le Canard enchaîné, 07/06/2017). En attendant, ce sont les électeurs qui se sont chargés de « réformer » de Calan.

Têtu et obstiné, de Calan continue à croire en son destin national ; il est donc candidat à la présidence des Républicains le 10 décembre. Même s’il ne se fait guère d’illusions : » Je sais que j’ai peu de chances de remporter cette élection » (Bretons, octobre 2017).

Dans un entretien à ce magazine, il disserte longuement sur les idées de la droite. Simple blabla qui ne risque pas de parler à la base électorale des Républicains. Pourquoi est-il candidat ? « Parce que la ligne, les idées dans lesquelles je me reconnais, n’étaient pas portées dans cette campagne pour la présidence des Républicains. Ces idées, ce sont celles d’une droite ouverte, modérée, fière de ses valeurs, équilibrée sur le fond. Une droite européenne, sociale. Sur la forme, une droite qui renouvelle ses pratiques politiques, qui essaie de débarrasser les Républicains du cynisme, du sectarisme, de la mauvaise foi, des excès de langage, des transgressions gratuites, qui ruinent notre image et qui font que notre parti est de plus en plus impopulaire. »

La recette du sieur de Calan s’appelle « droite bretonne ». A l’entendre, « la droite bretonne incarne une des traditions de la droite, une droite humaniste, européenne, sociale et modérée qui est historiquement dominante dans la droite française, mais qui est de plus en plus marginalisée, de moins en moins entendue au sein de notre famille politique. Ça m’inquiète et me donne envie de m’engager. Mais il est clair que c’est la droite bretonne qui part à l’attaque de la droite parisienne pour défendre sa conception de la pratique politique. » Fermez le ban.

Il est certain que M. de Calan aurait pu faire simple. Quelques lignes auraient suffi pour préciser que son positionnement et ses « valeurs » : libéral, européiste, mondialiste, libre-échangiste, et culturellement « parisien ». C’est-à-dire un homme qui ne demande qu’à trouver une place bien au chaud au sein du Système.

Comme de Calan a la mémoire courte, il ignore que dans les années 60, la Bretagne votait gaulliste. C’est-à-dire pour une droite qui n’avait rien d’«ouverte» ni d’«européenne». Cette remarque concerne également le RPR de Chirac.

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Avant de voter gaulliste, la Bretagne votait MRP, c’est-à-dire pour une droite catholique et conservatrice même si portée sur le social. Et la Bretagne a été l’un des derniers bastions du royalisme.

    La droite bretonne s’est forgée dans la confluence du catholicisme social et du conservatisme avec une base paysanne forte. Il est vrai que nombre de Bretons aiment l’Europe et le libéralisme, mais ne se reconnaissent pas dans l’ouverture aux quatre vents du progressisme à la Macron.

    Parler de droite bretonne sans mentionner l’attachement grandissant des Bretons à leur culture, à leur langue et à leurs diverses spécificités relève aussi de la forfaiture. Maël de Calan devrait aller visiter la Bretagne d’en bas avant de vouloir briguer une place parmi la gente parisienne.

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