De Tarik Ramadan à Yoann Barbereau : comment la tyrannie médiatique l’emporte désormais sur le droit et la raison [tribune libre*]

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Accusé de viol par deux femmes mais non jugé pour le moment, l’islamiste Tarik Ramadan est actuellement au centre d’un lynchage médiatique massif. Après l’avoir un temps adulé – par islamophilie notamment – voici ce dernier jeté en pâture. Accusé de pédophilie et condamné à 15 ans de prison par la justice russe, Yoann Barbereau vient de rentrer en France, après avoir réussi à s’échapper. A l’inverse de Tarik Ramadan, la presse mainstream française se contente de saluer son retour en France et d’en faire presque un héros.

Ces deux affaires ultra médiatisées à quelques jours d’intervalle appellent à une question toute simple : la tyrannie médiatique l’emporte-t-elle désormais sur le droit et la raison ?

D’emblée, on peut répondre par l’affirmative à cette question, puisque les faits parlent d’eux-même. Avant toute condamnation, avant tout jugement dans des tribunaux qui, malgré leurs errements notamment en France, sont les garants de la souveraineté populaire d’un pays, la presse impose désormais quasiment l’opinion qui sera le bon, et celui qui sera le mauvais. C’est un retour ni plus ni moins à l’Inquisition.

Entendons nous bien. Il ne s’agit ni de blanchir le premier, ni d’accuser le second. Il s’agit d’évoquer le dangereux triomphe de la caste médiatique sur l’institution judiciaire.

De prime abord dans ces deux affaires, on a d’un côté deux femmes qui déposent plainte contre Tarik Ramadan, ce qui a amené l’ouverture d’une enquête pour  « viol, agression sexuelle, violences et menaces de mort » contre le prédicateur musulman. Une enquête, dont par définition PERSONNE ne connait la conclusion, mais dont la simple évocation suffit à faire de M. Ramadan un coupable aux yeux de l’opinion.

Dans le deuxième cas, nous avons un homme, Yoann Barberau, accusé et condamné par la justice russe – terme d’une histoire il est vrai rocambolesque et où il est légitime de s’interroger sur sa réelle culpabilité. Il était accusé d’attouchements sexuels sur mineur, en l’occurrence sa fille, ainsi que de diffusion de contenus pornographiques et pédopornographiques. Il s’en défend et bénéficie par ailleurs de nombreux soutiens dans la presse et dans le milieu culturel et artistique français. Ceci lui permet d’être bien décrit dans l’opinion publique, la presse mainstream étant d’autant plus ravie de pouvoir s’en prendre de nouveau à la Russie.

Ces affaires dans lesquelles la presse mainstream – qui dépend de gros groupes économiques – choisit ses héros et ses salauds et les jette à la vindicte populaire avant tout procès, ont tout de même une odeur assez déplaisante. Roman Polanski accusé de viol et poursuivi en justice ? Défendons le en bloc ! Des actrices, des personnalités accusent un tel ou un tel d’agression sexuelle ? La chasse à l’homme est ouverte !

Il est par ailleurs assez remarquable de constater que les mêmes qui lynchent, jettent en pâture, détruisent parfois des vies (car aucun procès gagné ne viendra compenser un lynchage médiatique en règle : DSK apparaitra toujours, dans la tête du lambda, comme un prédateur sexuel , Patrick Dils comme un meurtrier et François Fillon comme un homme malhonnête, c’est ainsi) sont les premiers à réclamer procès et décisions de Justice lorsque des citoyens menacés décident de se faire justice eux mêmes si leur sécurité est menacée.

Combien pourtant de personnalités internationales, nationales ou locales, exposées médiatiquement, parfois lynchées ou calomniées sur des faits particulièrement graves, finissent par être innocentées, sans que la presse n’en fasse les mêmes choux gras qu’au moment de les jeter dans la fosse aux lions ?

Quelle belle affaire que de voir dans la même semaine, l’association de la presse judiciaire hurler au scandale parce que Paris Match a diffusé deux photos du procès du frère de Mohamed Merah, condamné à 20 ans de prison récemment …et certains journalistes de s’offusquer du non respect du droit à l’image…on croit rêver !

Après, comment s’étonner encore du geste de cet italien d’Ostie, frère d’un membre de la Mafia, agacé d’être harcelé par des journalistes ne cherchant qu’à le livrer en pâture à l’opinion, et qui a assené un violent coup de tête à l’un d’entre eux ?

De la délicate rencontre entre justice populaire et tyrannie médiatique …

Julien Dir

* Les points de vue exposés dans cette rubrique n’engagent que leur auteur et nullement la rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place. 

Crédit photo : DR
Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

  • Armoricaine

    Lapidez-les toutes vous pourrez ensuite _gaillardement_ vous entre gâcher dans un jeu de massacre sans devoir jamais vous pencher sur d’avilissants démons.

  • Eschyle 49

    Voici ce qui circule sur internet : des anonymes , qui se masquent le visage , et qui refusent le débat contradictoire , à visage découvert , en présence d’un modérateur : https://raaf.noblogs.org/

  • Eschyle 49

    Sur le thème de la tyrannie médiatique , faites-vous votre opinion :

    https://www.lesalonbeige.fr/succes-de-la-conference-de-jean-yves-le-gallou-a-angers/#comment-522967

    Idem : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/angers-120-militants-antifascistes-manifestent-contre-une-conference-5401582

    Voici le compte rendu intégral de la réunion du 24 novembre 2017 dans la presse locale :

    – journal « Le Courrier de l’Ouest » numéro 22 291, page 5, du samedi 25 novembre 2017:
    titre : « Extrême droite, antifascistes et CRS à Angers ».
    sous-titre :« Sous haute surveillance, environ 150 militants antifascistes ont manifesté, hier soir, devant une salle municipale où se tenait une conférence d’extrême droite ».
    photographie : « A gauche, CRS en tenue de combat ; à droite, manifestants cagoulés derrière une banderole libellée: Fachos hors de nos vies ! »
    légende de la photographie : « Angers, hier soir, une compagnie de CRS a été déployée pour assurer la sécurité »
    sous-légende de la photographie : « photo CO – Josselin CLAIR »
    signature de l’article : Cyprien MERCIER
    texte : « Le réseau angevin antifasciste avait prévenu. La tenue d’une réunion publique avec Jean-Yves le Gallou « militant d’extrême droite et raciste notoire », dans la salle municipale Paul-Bert d’Angers, ne pouvait pas être passée sous silence.
    « Ce sont donc environ 150 militants antifascistes qui se sont réunis à partir de 19 heures sur la place André-Leroy. À 20 heures, derrière les banderoles, le cortège s’est mis en marche rue Volney, jusqu’à la rue d’Assas, où la conférence avait lieu.
    « Dans la salle, dont l’accès nous a été refusé malgré le caractère public de la réunion, des dizaines de militants proches de l’extrême droite ont assisté à la conférence de Jean-Yves le Gallou. Celui-ci a milité
    dans les rangs de l’UDF avant de passer au FN jusqu’à la création du MNR par Bruno Mégret en 1998. Il est réputé pour être le théoricien de « la préférence nationale ». La conférence était d’ailleurs organisée par le Cercle Anjou Conférences, qui regroupe deux anciens secrétaires départementaux du FN,
    Barbara Mazières et Gaëtan Dirand.
    « Les militants antifascistes sont sortis de leurs gonds en apprenant la tenue d’une telle réunion. « On ne peut pas tolérer l’intolérable » ont-ils déploré hier soir, qualifiant l’invité du soir de « raciste, sexiste et négationniste ». Criant leur mécontentement, ils se sont réjouis : « à Angers, on est en capacité de se mobiliser pour dire non aux racistes ».
    « Si des débordements étaient à craindre, aucun incident n’a été à déplorer hier soir. Il faut dire que la police avait anticipé l’événement dans les grandes largeurs. Plusieurs patrouilles étaient mobilisées, dont la section d’intervention et la brigade anti criminalité. Deux commissaires est également sur place. Ces forces locales ont même reçu l’appui d’une compagnie de CRS, soit environ 80 personnels ».

    – journal « Ouest France» numéro 22 321, page 9, du samedi 25 novembre 2017:
    titre : « La venue de l’ex-cadre du FN échauffe les esprits ».
    sous-titre : « Avant et pendant la conférence de l’ex-eurodéputé frontiste, Jean-Yves le Gallou, une manifestation était organisée, hier soir, par un collectif anti-FN ».
    photographie de gauche : « manifestants cagoulés derrière deux banderoles libellées : Fachos hors de nos vies ! et : Plus chaudes que les fachos ».
    photographie de droite : « Jean-Yves le Gallou, veste prince-de-galles beige, chemise blanche, cravate parme, photographie prise en contre-plongée, de 3/4 gauche, sur fond blanc ».
    légende des photographies : « La conférence de Jean-Yves le Gallou a rassemblé autant de participants à l’intérieur de la salle Paul-Bert qu’à l’extérieur ».
    sous-légende de la photographie : « Sébastien Aubinaud »
    signature de l’article : Benoit Robert et Jean-Philippe Nicoleau
    texte : « La nuit est tombée sur Angers quand les premiers manifestants arrivent place André Leroy, à quelques mètres de l’université catholique de l’Ouest. Emmenés par le réseau angevin antifasciste, ils portent des banderoles :« Fachos hors de nos vies», ou « Oui à la liberté d’expression, non au racisme ».
    « Après une rapide prise de parole dénonçant la conférence de Jean-Yves le Gallou, ancien député européen FN, qui se tient à quelques rues de là, 120 manifestants prennent la direction de la rue d’Assas.
    « Ce n’est pas normal que ce monsieur, plus à droite que le Front National, puisse venir se produire ici, dans une salle municipale, se contient difficilement Chantal, 60 ans. Moi, je me souviens de 2002, quand on manifestait contre Jean-Marie Le Pen. Il faudrait garder cet esprit-là ».
    intertitre : « Une compagnie de CRS en renfort ».
    « La salle Paul-Bert, où sont rassemblés une centaine de participants, est placée sous surveillance policière. À l’occasion, une compagnie de CRS est venue compléter le dispositif. Militant du réseau angevin antifasciste, Gilen s’en étonne presque. « La présence policière est énorme. Qu’importe, il faut montrer qu’à Angers, on n’est pas d’accord avec ce genre de conférences où la parole raciste et négationniste se libère».
    « Jean-Yves le Gallou, qui avait quitté le FN pour fonder, avec Bruno Mégret, le MNR (Mouvement national républicain) en 1998, est un adepte du concept de « réinformation », actif dans les réseaux d’extrême droite.
    « À l’origine de cette conférence, l’association Cercle Anjou conférences et le duo Barbara Mazières et Gaétan Dirand. Le député et vice-président du Front National, Louis Aliot, avait, en son temps, dénoncé la
    défection de ces deux ex-secrétaires départementaux du FN. Qui ont rejoint une ligne identitaire plus à droite.
    « Désormais, il se donnent notamment pour objectif « d’organiser des conférences d’ordre culturel, économique, politique ou historique ».
    « Dans la salle, Jean-Yves le Gallou, « surpris par un tel comité d’accueil », tient sa conférence. Au menu de son discours : la « tyrannie médiatique ». Où l’on a ainsi pu apprendre, grâce à lui, que le « parti
    des médias », le « parti au pouvoir », en l’occurrence, est « l’alliance entre le capitalisme et le gauchisme de salle de rédaction ». L’assemblée est d’accord. Et approuve ».
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