Smictom du Centre Ouest d’Ille-et-Vilaine : la chambre régionale des comptes pointe une gouvernance coûteuse et un pilotage à revoir

Publicité

Le Syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères du Centre Ouest de l’Ille-et-Vilaine, plus connu sous le nom de Smictom Centre Ouest, se retrouve dans le viseur de la chambre régionale des comptes de Bretagne. Dans une synthèse, la juridiction financière estime que la structure, compétente en matière de prévention, de collecte et de traitement des déchets pour environ 103 000 habitants répartis sur 63 communes et sept intercommunalités, doit engager plusieurs adaptations importantes en matière de gouvernance, de périmètre d’action et de pilotage financier.

Le rapport souligne d’abord une organisation territoriale jugée peu lisible. Cinq des sept intercommunalités membres ne cotisent en effet que pour une partie de leurs communes. Résultat, certaines adhèrent en parallèle à plusieurs syndicats ou gèrent elles-mêmes tout ou partie des compétences sur une autre portion de leur territoire. Pour les usagers, cette situation crée des différences parfois nettes dans les services rendus comme dans les tarifs appliqués selon la commune de résidence, ce qui affaiblit la cohérence de l’action publique. La chambre régionale des comptes appelle donc à réinterroger le ressort géographique du syndicat.

Autre point mis en avant : une gouvernance jugée trop lourde et trop coûteuse. La chambre relève un nombre élevé de délégués et de vice-présidents, ainsi qu’un niveau d’indemnités supérieur à celui observé dans des structures comparables. En 2023, les indemnités de l’ensemble des élus ont atteint 93 913 euros, ou 98 677 euros charges comprises. Le Smictom se situait ainsi au 20e rang national sur 298 syndicats d’ordures ménagères pour le montant global de ces indemnités, alors que la moyenne nationale s’établissait à 45 000 euros. Là encore, le rapport plaide pour une gouvernance plus compacte.

Sur le plan de la gestion des déchets elle-même, le document reconnaît cependant que le syndicat a conduit depuis plusieurs années une politique active. La mise en place en 2015 d’une redevance incitative d’enlèvement des ordures ménagères a permis de réduire sensiblement les volumes de déchets résiduels. Les déchets seraient aujourd’hui valorisés aux deux tiers, le reste étant encore enfoui. Mais dans un contexte d’interdiction progressive de l’enfouissement, la chambre estime que le modèle doit désormais être repensé pour garantir sa pérennité. Elle demande que le programme local de prévention soit complété par des objectifs intermédiaires plus précis et par une stratégie de long terme, notamment sur les partenariats à nouer pour développer l’incinération.

Publicité

Le point le plus sévère du rapport concerne toutefois le pilotage budgétaire et financier. La chambre note que la situation financière du Smictom est désormais confortable, grâce notamment à la maîtrise d’ouvrage d’une partie des installations de traitement, à la baisse des tonnages et à l’utilisation d’excédents antérieurs. Elle précise même que la redevance incitative demeure inférieure à la médiane régionale, malgré les hausses intervenues au cours de la période. Mais cet équilibre est, selon elle, biaisé par une « prévision budgétaire insincère » et par l’absence d’amortissement de certains équipements, pourtant requis. Cette pratique empêcherait de connaître avec précision les coûts complets du service et de piloter correctement le niveau de la redevance ainsi que le financement des investissements.

La juridiction financière recommande donc la mise en place de tableaux de bord plus rigoureux pour suivre l’exécution budgétaire, une gouvernance financière mieux structurée, ainsi qu’une programmation pluriannuelle des investissements plus aboutie. Celle-ci devrait intégrer les objectifs régionaux de réduction de l’enfouissement, mais aussi une projection de l’autofinancement et du recours à l’emprunt, avec des durées d’amortissement cohérentes avec la durée de vie réelle des équipements financés.

En creux, le rapport dresse le portrait d’un syndicat qui a su obtenir certains résultats, notamment sur la réduction des déchets résiduels, mais dont l’architecture institutionnelle et les méthodes de gestion apparaissent désormais en décalage avec les exigences de lisibilité, de sobriété et de sincérité budgétaire attendues d’un service public local. Pour un territoire rural et intercommunal aussi étendu, l’enjeu dépasse la seule question technique du traitement des ordures : il touche à la manière dont les collectivités organisent concrètement un service de proximité payé par les habitants.

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

A La Une, Religion, Sociétal

Feiz e Breizh : plus de 2 000 pèlerins ont marché de Plaudren à Sainte-Anne-d’Auray

International

Quand l’Afrique du Sud expulse en grande pompe des membres du Black Axe

A La Une, Immigration, International

Interdiction du voile à l’école et toit maximum pour les élèves étrangers : l’hypocrisie de la droite italienne

Santé

Alzheimer : 1 Français sur 2 concerné, mais une maladie toujours mal comprise

E brezhoneg, International

Werner Herzog ar filmaozour alaman a vount pour-glas gant ar sevenadur euskarad !

Economie, International

Pologne. Au 35e Forum économique de Karpacz, souverainistes et conservateurs dessinent l’après-Bruxelles

Sociétal

Sydney Sweeney ou la revanche d’Aphrodite

Sport

Athlétisme. La Bigoudène Agathe Guillemot championne du monde du mile à Copenhague, avec un record d’Europe en prime

Agriculture, Politique, ST-BRIEUC

Le RN et l’UDR débattent sur l’agriculture à Gausson (22)

Suisse

International

Le mirage des blocs contre le modèle suisse : l’Europe a besoin d’un arbitre, pas d’un vassal de plus —————————————————————————————————–

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Economie, Local

Logements sociaux sacrifiés, concurrence faussée, DGS condamné : la gestion de Haute-Goulaine étrillée par la chambre régionale des comptes

Découvrir l'article

RENNES

Rennes. Invasion de rats autour du parc de Maurepas : plus de 50 familles interpellent la mairie

Découvrir l'article

Animaux

Pléchâtel (35). Le parc animalier La Halte du Volcan en redressement judiciaire : une association propose de placer les 150 animaux en refuges

Découvrir l'article

DINARD, Local

Pleurtuit. Après la polémique sur le marché de Noël débaptisé, la maire évoque des menaces, l’opposition condamne mais maintient sa demande

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine

Saint-Aubin-du-Cormier : une projection exceptionnelle du documentaire « Délivre-nous du Mal », consacré aux exorcistes, le 11 octobre

Découvrir l'article

Local

Wokisme à Pleurtuit. La majorité municipale débaptise le marché de Noël en « Village Enchanté », l’opposition monte au créneau

Découvrir l'article

ST-MALO

Saint-Malo : Brittany Ferries et les pompiers d’Ille-et-Vilaine signent une convention pour la sécurité en mer

Découvrir l'article

Gastronomie, Le Mag'

Gastronomie. 3 jeunes d’Ille-et-Vilaine sacrés Rabelais des Jeunes Talents 2026

Découvrir l'article

Economie

Loireauxence (44). Budgets insincères, sous-investissement, cantine mal pilotée : le rapport sévère de la chambre régionale des comptes

Découvrir l'article

RENNES

Rennes. 7 cambriolages de commerces en 3 semaines : 2 multirécidivistes condamnés à de la prison ferme

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.