24/11/2017 – 09h00 Paris (Breizh-Info.com) – Dans un édito paru hier 23 novembre dans Le Point, Michel Colomès – ancien directeur de rédaction – évoque la décision de Donald Trump de renvoyer chez eux des réfugiés haïtiens accueillis après un tremblement de terre qui avait détruit le pays. Dans cet édito larmoyant, le journaliste de 75 ans a sorti une énormité.

« La tradition américaine d’accueillir toute la misère du monde »

« Trump renvoie chez eux 60 000 réfugiés haïtiens ». Tel est le titre de cet édito militant. Et le chapeau donne tout de suite le ton : « L’Amérique les avait accueillis après le tremblement de terre de 2010. Donald Trump veut les renvoyer vers un des pays les plus pauvres du monde. »

Le sous-entendu est ici évident : puisque ces réfugiés proviennent d’un pays pauvre, il serait inhumain de les y renvoyer. Voilà donc le ton donné.

« Donald Trump vient de décider de les renvoyer chez eux en supprimant le statut de protection temporaire qui avait été accordé aux réfugiés haïtiens, en vertu d’une loi passée sous la présidence de George Bush en 1990 » écrit le journaliste septuagénaire.
Et Michel Colomès de poursuivre : « Un texte qui, conformément à la tradition américaine d’accueillir toute la misère du monde, avait accordé un statut protecteur à ceux qui, notamment dans la zone américaine, avaient eu à subir une catastrophe naturelle, tremblement de terre ou ouragan. »

C’est ici que se situe l’énormité de cet édito militant. Pour l’auteur, visiblement très mal renseigné ou délibérément menteur, il existe aux Etats-Unis une « tradition américaine d’accueillir toute la misère du monde. »

Mensonge éhonté visant à faire passer Donald Trump pour le mal incarné. Une pratique courante dans une presse mainstream qui n’hésite pas, par exemple, à passer sous silence le fait que le mur – tant honni – existe déjà et que sa construction s’est poursuivie sous Barack Obama.

La réalité ? Une immigration toujours étroitement filtrée

Avant 1965, l’immigration vers les USA était déjà extrêmement contrôlée bien qu’ ultra-majoritairement européenne. Depuis 1965, il n’est pas question d’accueillir aveuglément « toute la misère du monde ». En effet, l’immigration aux Etats-Unis est évidemment choisie. L’accueil des immigrants est basé sur le mérite, pas sur la misère.

Pire, lors du vote de la fameuse loi de 1965, les parlementaires américains ne voulaient pas voter une loi ouvrant les vannes de l’immigration extra-européenne. Pour eux, les Etats-Unis devaient rester ethniquement homogènes, c’est-à-dire Européens.

Dominique Daniel, Maître de conférences à l’Université François-Rabelais de Tours, note d’ailleurs ironiquement dans son article La politique de l’immigration aux Etats-Unis, que les législateurs se sont bien trompés.
« Insistant surtout sur la nécessité d’abolir un régime dépassé et discrédité, les partisans de la réforme affirmèrent que le nouveau système n’allait pas augmenter les flux ou modifier leur composition. Tromperie délibérée dans le souci de rallier à la réforme les sceptiques et les conservateurs ou simple erreur sur les conséquences pratiques de leur projet, cette affirmation allait en tout cas s’avérer profondément erronée : sous le régime mis en place en 1965, le nombre total d’admissions a plus que triplé et l’origine nationale des nouveaux venus a radicalement changé, l’Asie et l’Amérique latine remplaçant l’Europe comme source principale de l’immigration. »

Barack Obama aussi expulsait de nombreux réfugiés

Dans un article de Courrier International de mai 2016, on apprend que cette fameuse tradition d’accueil de toute la misère du monde était également inconnue de Barack Obama. Selon le média, Barack Obama menait une politique d’expulsion des immigrés illégaux originaires d’Amérique centrale et d’Amérique latine tout en renâclant à accueillir des réfugiés syriens !

Il semblerait donc que cette longue tradition d’accueil de toute la misère du monde soit rien de moins qu’une énorme « Fake News ».

Cela tombe bien, les Bobards d’Or sont en pleine sélection pour leurs nominés 2018 !

Crédit photo : DR
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3 Commentaires

  1. Rien d’étonnant à cela : depuis qu’il est élu , ces médias déçus que leur vieille haridelle ( la Clinton ) n’ait pas été élue , passent leur temps à lui cracher dessus .
    Nos forces d’occupation mentales franchouillardes ne sont pas en reste et n’hésitent pas à le salir , que ce soit lui ou même Poutine . Affligeant ce microcosme médiatique partisan qui s’étonne de sa perte de crédibilité .

  2. Tout comme la majorité de nos mainstreams, Le Point se moque éperdument de mentir car très peu de gens s’en apercevront.

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