Synutra à Carhaix. Le NPA tacle Christian Troadec et la CGT

synutra

25/11/2017 – 05h00 Carhaix (Breizh-info.com) – Les choses vont mal pour les salariés de Synutra Carhaix. Pas étonnant de lire des écriteaux dans Carhaix « Synutra recrute », puisque l’entreprise chinoise subit une vague de départs constants depuis plusieurs semaines et passe même des annonces sur des sites espagnols de recrutement…

Au centre du problème, outre ceux que nous avions évoqué avant même l’inauguration – des conditions de travail manifestement « à la chinoise » , qui effraient les salariés.

Face à cela, et tandis que la direction reste silencieuse, la CGT, seule organisation syndicale présente sur place, est loin de monter au créneau contre le patronat, comme on en a l’habitude partout ailleurs à longueur d’année. Cela suscite de nombreuses interrogations, y compris du NPA Kreiz Breizh qui tacle le syndicat, mais aussi les élus locaux dont Christian Troadec, dans un long communiqué rédigé le 16 novembre.

« On l’annonçait comme le poumon de l’emploi en Centre Bretagne, mais un an plus tard la réalité est tout autre : en 2017 il y a eu, tous secteurs, tous niveaux hiérarchiques et tous motifs confondus, 70 départs. Le quatrième DRH depuis le début du recrutement du personnel vient de faire son arrivée. Ironie de l’histoire : Synutra signifie « le grand départ ».». Le ton est donné, voici la suite du communiqué :

Climat social délétère

Les raisons : un climat social délétère, un management basé sur la peur et la délation, du personnel intérimaire majoritairement, jetable comme des mouchoirs en papier, sans explication, sans motif hormis un délit de sale tête, aussitôt remplacé par d’autres intérimaires, des licenciements, des cadres en burn-out… Les salariéEs se rendent au travail la peur au ventre. Un délégué du personnel dont la procédure de licenciement est refusée par l’inspecteur du travail est parti peu après par une rupture conventionnelle : sous quelle pression ?

Pauses cigarettes interdites, pour les arrêts pipi il faut traverser toute l’usine car certains sanitaires ont été fermés, pression permanente pour dénoncer les autres salariéEs qui ne seraient pas assez productifs… Et pendant ce temps des offres d’emplois sont publiées sur des sites en Espagne. 

L’usine de Carhaix, c’est aussi un syndicat CGT élu avec un score digne du comité central du PC chinois, 96 % des suffrages, et de fait seule organisation syndicale représentée qui, dans un premier temps ne réagit pas aux plaintes, aux craintes et au désarroi des salariéEs, qui se sont alors tournés vers la seule vraie force de gauche implantée localement : le NPA. Deux communiqués à la presse et les langues ont commencé à se délier, la CGT se retranchant derrière un : « nous réglons ça en interne ». 

Silence des élus locaux

Suite à ces révélations l’inspection du travail est intervenue sur le site le 18 octobre, et à la même période la direction de l’usine a réuni les salariés pour leur dire : « Soyez fiers de ce que vous avez fait depuis un an », les encourageant à le dire sur les réseaux sociaux.

Après de nouvelles publications dans la presse locale, la CGT rompt le silence, et l’on apprend que les ordonnances Macron étaient appliquées avant l’heure avec une délégation unique du personnel. La CGT reconnaît que tout ce qui a été relaté dans la presse est le quotidien des travailleurEs, qu’ils sont des représentants du personnel avec pas ou peu d’expérience… L’UL CGT semble depuis reprendre les choses en main, avec distributions de tracts aux salariéEs devant l’entreprise, réunions afin de faire le point des griefs en vue d’un CHSCT extraordinaire programmé le 23 novembre.

Quant aux élus locaux, silence radio du maire, président de la communauté de communes et conseiller départemental, Christian Troadec, qui pourtant fut le grand promoteur de l’usine. Pas un mot de la part du député macroniste, ex-PS, Richard Ferrand, hormis pour dire qu’un politique n’a pas à s’immiscer dans le fonctionnement d’une entreprise – sauf pour casser le code du travail. Pourtant ce sont bien ces deux-là qui ont vendu Synutra comme un nouvel eldorado, le rêve armoricain… Les salariéEs ont bien compris vers qui se tourner pour défendre leurs intérêts, et bien entendu le NPA a répondu présent.

Sur Carhaix, beaucoup commencent à revenir du fameux Eldorado promis ici et là par les promoteurs de cette quasi annexion chinoise en Centre-Bretagne. Toutes les personnes que nous avons interrogées n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement. La peur règne. Et le seul syndicat chargé de défendre les salariés semble lui aussi bien mal à l’aise.

Comme pour Tilly Sabco à Guerlesquin, les pouvoirs publics et les élus – qui pensent aussi à leurs postes et à leurs carrières professionnelles -n’ont-ils pas ouvert la mauvaise porte, prêts à tout au nom du sacro-saint « maintien de l’emploi », sous n’importe quelle condition ?

Crédit photo : DR
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  • An

    Ce n’est que le début.
    La Chine investit à tour de bras dans l’agriculture en Hexagone.
    Pourquoi les blâmer ? La République française a choisi depuis longtemps d’abandonner ses agriculteurs et autres exploitants en dehors des gros.
    Quant à la CGT, elle est aussi en voie de figuration qui annonce une folklorisation du monde syndical.
    Et ce ne sont pas les imbéciles du NPA qui chérissent la mondialisation qui va changer quoi que ce soit.
    Un syndicat régionaliste comme les Bonnets rouges auraient pu l’être aurait été l’option.
    Force est de constater que cela a échoué, à cause des syndicats présents et sans aucun soutien des gauchistes politiques.
    Il n’y a rien à espérer. Nous sommes simplement face à un cas d’étude sur l’évolution à court terme. Et ce n’est que le début. La prochaine pénurie de beurre va durer bien plus longtemps. Et sera accompagné de celles des yaourts et crème.
    Tout ça à cause de la financiarisation mondialiste de l’agriculture.
    Sans parler de la sécheresse.
    Quant un nouveau clown finira par ouvrir les yeux à l’Élysée, la sanctuarisation de l’agriculture ne sera plus possible. Des milices privées seront bien mieux équipées par les Chinois ou autres pour faire face aux flics ou à l’armée française.
    Mais ce n’est pas la faute des Chinois. Les Chinois peuvent représenter la meilleure opportunité du monde. Seulement s’ils respectent leurs partenaires.
    Or, oser leur reprocher de mépriser la France ne ferait qu’ajouter au déshonneur.
    Les Chinois n’y sont pour rien dans cette situation, la France pour tout.