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05/05/2016 – 06H50 Carhaix (Breizh-info.com) – Un diagnostic mené sur l’usine Synutra de Carhaix, dont l’inauguration était prévue fin septembre 2016, met en avant un problème de sécurité sur un bâtiment en cas d’incendie. C’est Le Télégramme qui l’a révélé ce mercredi 4 mai 2016. Ce bâtiment , qui fait 31 m de haut et 110 de long, a été agrandi en cours de chantier, sans autorisation administrative préalable. Il présente, selon les experts qui ont établi le diagnostic à la demande des services de l’État, un problème de résistance au feu. En cas d’incendie, et dans l’hypothèse où le système d’extinction par pulvérisation d’eau ne fonctionnerait pas, l’effondrement de la structure se ferait vers l’extérieur et non vers l’intérieur comme l’exigent les règles en vigueur.
Nonobstant ce problème qui pourrait avoir des conséquences particulièrement grave en cas d’incendie, notamment pour les salariés, les dirigeants Chinois demandent une dérogation à l’État afin de pouvoir passer outre les travaux de mise aux normes, estimés à 20 millions d’euros. « On voit bien avec cette demande que la sécurité des personnes travaillant sur le site n’est pas la priorité de ces industriels Chinois, qui sont là uniquement pour faire de l’argent et qui ne veulent pas payer 10% de l’investissement total en plus » nous indique un proche du dossier, effaré par la demande de dérogation.
Reste à suivre désormais comment les services de l’État répondront à cette demande de dérogation. Personne n’imagine qu’elle sera accordée, à moins de passer outre les risques potentiels liés à un éventuel incendie, dont personne ne voudrait par la suite porter la responsabilité juridique.
Néanmoins, les Chinois seraient à l’oeuvre (au niveau gouvernemental directement) pour faire avancer rapidement ce dossier et ne pas avoir à s’acquitter de cette somme ; ils mettent sur la balance la deuxième, et peut être même la troisième usine qu’ils construiraient sur place, et les centaines de millions d’euros d’investissement supplémentaires. Le dossier est particulièrement sensible, alors que par ailleurs, beaucoup de petits producteurs de lait et de locaux voient d’un mauvais oeil – hormis pour la perspective de la création d’emplois – la construction de cette usine gigantesque.
D’autres soucis sont également évoqués depuis plusieurs mois concernant l’usine d’incinération , qui est en passe d’être reliée à l’usine Synutra afin de la fournir en énergie. Des agriculteurs et des riverains, emmenés par Yves et Christian Le Bras, s’opposent en effet à cette « valorisation » de l’usine d’incinération de Kervoazou. La raison ? « Un impact négatif et dangereux sur les élevages voisins » nous confie M. Le Bras, que nous avions rencontré au mois de février 2016, alors qu’il était venu nous montrer les eaux usées qui – en période de fortes pluies – se répandaient sur les terres autour de la station d’incinération, avec toutes les conséquences que cela pouvait avoir sur l’environnement. Ils demandent donc la fermeture de l’incinérateur, sachant que ce type d’installation est appelé à fermer en 2019, selon une directive européenne.
« Ni les associations de défense de l’environnement, ni les associations de défense des droits de l’homme, ni les syndicats ne se sont mobilisées ou intéréssés au dossier carhaisien jusqu’ici » regrette un militant écologiste local qui estime « que si la création de nouveaux emplois est une bonne nouvelle, il faut être vigilant sur les conditions de fonctionnement de cette usine. Les Chinois ne sont pas réputés pour leur engagement en faveur de l’environnement ou pour leur engagement social en faveur des salariés ».
Le feuilleton continue …
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Carhaix. Synutra veut déroger à la sécurité de son usine de lait”
Le comportement des Chinois dans cette affaire traduit parfaitement le vrai visage de la »mondialisation heureuse ». Le TAFTA, s’il est adopté, va multiplier les problèmes de ce type en ajoutant la possibilité qu’auront les multinationales d’avoir des recours juridiques contre les Etats. Le démantèlement total de toutes les règles et normes (sociales et environnementales en particulier) sera alors possible conformément au souhait des dites multinationales et des idéologues libéraux.
Encore heureux que ce soit un état ouvrier !