Des planètes de Gustav Holst aux étoiles de Georges Lucas…

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25/11/2017 – 07h45 Nantes (Breizh-info.com) – Le 13 décembre prochain un nouveau Star Wars sortira, et la célèbre musique de John Williams avec ses cuivres retentissants risque de se rappeler largement à nos oreilles en diverses occasions. Qui donc saurait pourtant que ce compositeur américain s’inspira pour la fameuse saga de Georges Lucas d’une suite symphonique intitulée Les Planètes ?

Mardi soir 21 novembre, à la Cité des Congrès de Nantes, Pascal Rophé et Nicolas Dufetel l’avaient bien à l’esprit. L’un est directeur musical et chef d’orchestre de l’Orchestre National des Pays de la Loire (ONPL), le second est un musicologue averti ayant à cœur de transmettre sa passion. Transmettre, tel était le sujet. C’est devant un auditorium rempli d’étudiants (mais pas que !), que l’ONPL a joué les quatre premiers mouvements de cette œuvre majeure du compositeur anglais Gustav Holst, écrite entre 1914 et 1917. Entre chaque passage, musicologue et chef d’orchestre s’adressaient au public pour lui présenter la construction de l’œuvre, dans un échange plein d’humour et avec grande pédagogie. Nous n’assistions nullement à une dissection froide et sèche d’un morceau d’art, mais plutôt au dévoilement privilégié des ingrédients mystères qui composent toute bonne recette gastronomique, sans oublier le coup de main propre à chaque grand cuisinier. Le chef d’orchestre Pascal Rophé prenait d’ailleurs un malin plaisir à filer la métaphore culinaire dans ses explications, à s’en lécher les babines !

On aura donc compris que Gustav Holst souhaitait décrire dans une grande peinture musicale les personnalités de chaque planète du système solaire, largement influencées par les mythologies grecque et romaine. « Chaque » n’est pas tout à fait exact, Les Planètes se composant de seulement sept mouvements : Mars, Vénus, Mercure, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. Manquent donc à l’appel notre chère bonne vieille Terre, puisqu’elle a l’insigne privilège d’être… le public, ainsi que Pluton, découverte en 1930, bien après la composition de cette suite symphonique, élevée au statut de planète et détrônée depuis.

Nicolas Dufetel nous rappelle que lorsque Gustav Holst entame l’écriture du premier mouvement « Mars », la Grande Guerre commence, l’orchestre fera donc vibrer la salle de notes belliqueuses. Mars, « celui qui apporte la Guerre » selon l’auteur, ne peut donc le faire qu’en utilisant toute la puissance des instruments rassemblés, en scandant un rythme agressif et inexorable, marqué notamment par le gong précise Pascal Rophé. Quelques mesures isolées demandées par le chef d’orchestre démontrent rapidement que les tentatives d’harmonie essayées par les bois ne pourront longtemps résister face à une tension si menaçante. La fin du mouvement n’est rien d’autre qu’une terrible mise à mort. Et notre esprit ne peut s’empêcher de rapprocher Mars de Dark Vador, tant la ressemblance musicale est frappante…

L’Orchestre National des Pays de Loire jouera ce soir-là les quatre premiers mouvements des Planètes, « Mars », « Vénus », « Mercure », « Jupiter », ponctués d’exemples musicaux destinés à illustrer les propos de Pascal Rophé ou de Nicolas Dufetel. Le public peut actionner ses cellules grises quelques instants pour s’initier à la construction d’une œuvre, puis se laisser vibrer et emporter par cette symphonie dont on ne s’étonne pas qu’elle ait inspiré tant de musiques de films. Un bel éveil.

L’ONPL organisant régulièrement de tels concerts commentés, ainsi que des concerts familles adressés aux plus jeunes, et si l’on ajoute que le tarif étudiant est à 3€, tous les arguments sont bons pour suivre la programmation  !

ALG

Crédit photo : Breizh-info.com
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