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26/11/2017 – 14h45 Rennes (Breizh-info.com) – Muirgen Rio, 30 ans tout juste, vient de créer une entreprise originale de cosmétiques haut de gamme, MaForêtBio. Tous sont basés sur des substances biologiques extraites des arbres.
Breizh Info : Muirgen Rio, pourquoi avoir choisi de vous spécialiser dans les produits de beauté issus des arbres ?
Muirgen Rio : L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps – depuis toute petite, même. J’ai grandi à Ploemeur, Vannes, Redon et je passais mes vacances chez mes grands-parents à Paimpont, avec la forêt tout autour. J’y construisais mes cabanes. J’ai couru avec passion les lieux magiques des environs, le chêne de Guillotin, la fontaine de Barenton… La forêt est un lieu de liberté et de transparence. J’ai cherché à mettre cet esprit dans mes cosmétiques. Ils sont nés de Brocéliande.
B.I. : Les essences locales ne sont guère présentes dans vos produits, pourtant…
M.R. : Pour le moment, non, hormis le marronnier, assez présent en Bretagne ; l’avocatier pousse aussi très bien si l’on veut s’en donner la peine ! Malgré la richesse naturelle de la forêt, trouver des produits bio issus des arbres est étrangement difficile, j’ai pu m’en rendre compte pendant les deux années de montage de mon projet. Les fournisseurs sont peu nombreux et bien cachés, et ne comptez pas sur moi pour révéler mes sources ! Je ne me limite pas aux forêts bretonnes : le thème de l’arbre est universel, je l’ai constaté en Irlande ou au Canada, où j’ai vécu… et en île-de-France, où je réside actuellement. Mais je songe à de futurs produits à base d’essences plus familières ici, comme le noisetier ou le tilleul.
B.I. : Fabriquez-vous vos produits vous-même ?
M.R. : J’ ai mis mes formules au point dans ma cuisine, je les ai testées avec mon entourage. Au-delà, il faut énormément de rigueur pour produire des cosmétiques qui seront utilisés par les
consommateurs. On travaille en salle blanche, avec des procédures de test, en respectant les normes de l’Union européenne. Le secteur est très maîtrisé, très contrôlé, plus que l’alimentaire. J’ai donc confié ce travail à des spécialistes dans des laboratoires français. Cependant, je contrôle étroitement la composition de mes produits, avec des exigences fortes : je refuse d’utiliser l’huile de palme, les substances d’origine chimique. Et j’applique une démarche écoresponsable : pas de plastiques, pas de suremballages, une aspiration au « zéro déchet ». Mes conditionnements sont en verre, donc recyclables, avec un couvercle en bois de chêne clair qui s’est imposé comme une évidence.
B.I. : Comment avez-vous composé votre gamme ?
M.R. : Je me passionne pour le maquillage depuis des années et j’ai beaucoup d’idées de produits. Il fallait bien commencer quelque part, pourtant. J’ai donc suivi un fil conducteur, la technique du layering, un rituel de beauté venu d’Asie qui est devenu un classique des salons de beauté. J’ai créé des produits pour chacune de ses six étapes : huile démaquillante au jojoba, gommage exfoliant à l’avocatier, lotion clarifiante au bois de Panama, masque réparateur au papayer, sérum embellisseur du regard au marronnier d’Inde, crème protectrice à l’olivier. Cette gamme convient à tous types de peaux. Pour l’avenir, je réfléchis à des produits plus spécifiques. Peut-être aussi à des gammes pour hommes, pour premier âge…
B.I. : Où trouve-t-on vos produits ?
M.R. : Sur le web, d’abord, auprès de notre site MaForêtBio ; nous sommes aussi présents sur Facebook. Mais le virtuel ne suffit pas, il faut un contact avec le public pour savoir ce qu’il désire et évoluer, c’est pourquoi nous avons créé des formules de démonstration, d’atelier à domicile, etc. Et depuis quelques jours, MaForêtBio est disponible dans un premier point de vente, l’hôtel-spa Les Pléïades de Barbizon, juste à l’orée de la forêt de Fontainebleau – toujours les arbres ! Cet établissement de luxe donne le ton : je compte rester très sélective dans la distribution de mes produits.
B.I. : Quand on dit cosmétique et nature en Bretagne, on songe aussitôt à Yves Rocher…
M.R. : Yves Rocher a été une des premières marques que j’ai observées, bien sûr. Toute jeune, j’ai visité son usine à La Gacilly avec des étoiles dans les yeux. Mais je n’ai pas de contact avec Yves Rocher à ce jour. Je vois plutôt MaForêtBio comme une marque alternative et je suis nouvelle dans le métier. Avec les cosmétiques, ma démarche a été personnelle avant de devenir professionnelle, je n’ai pas travaillé avec les autres marques.
B.I. : Des projets dans l’immédiat ?
M.R. : Nous lançons ces jours-ci une thématique de Noël, avec un packaging adapté. Le Père Noël n’est-il pas lui-même un homme de la forêt nordique ?
www.maforetbio.com
MaForêtBio, 35 rue de Fontainebeau, 77760 URY
Illustration : DR, photos MaForêtBio
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