L’énorme « Fake News » de L’Obs et France Info sur la différence de taille hommes/femmes

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22/12/2017 – 10h50 Paris (Breizh-Info.com) – C’est un article de Slate qui va faire – on l’espère – l’effet d’une bombe dans les rédactions de L’Obs et de France Info ! Peggy Sastre, journaliste scientifique pour Slate vient de dévoiler que ces deux organes de presse ont propagé une thèse sans fondement scientifique sur la différence de taille entre les hommes et les femmes. Explications sur l’ampleur de cette « Fake News » .

Une opération de propagande idéologique

Tout part de la thèse d’une chercheuse en anthropologie, Priscille Touraille. En 2005, elle publie une thèse proposant d’expliquer la différence de taille entre les hommes et les femmes par la privation de protéine des femmes voulue par les hommes.
Il s’agit là d’une tentative claire de faire passer le culturel – la domination patriarcale – devant le biologique – la sélection naturelle a sélectionné les hommes les plus forts, et donc les plus grands. Rien de nouveau au pays des féministes ligne dure qui voudraient que la science se plie à leurs caprices.

Évidemment, la tendance étant à l’acceptation de toutes les lubies égalitaristes, les grands médias français ont été ravis de donner un écho à cette théorie fumeuse.

En 2014, Arte diffusait ainsi un documentaire sur cette théorie et, en 2017, L’Obs et France Info produisaient deux vidéos très vues sur le sujet. Problème : aucun de ces grands médias n’a jugé bon de contacter des spécialistes de la question pour faire semblant d’avoir un minimum de cohérence journalistique.

L’intox – volontaire ou non – avant tout !

Des spécialistes catastrophés qu’on puisse donner du crédit à cette thèse

Peggy Sastre, elle, a réalisé le travail que France Info et L’Obs (mais aussi Arte il y a 3 ans) auraient dû effectuer.
Ainsi, tous les spécialistes interrogés par cette journaliste scientifique sont unanimes.

David Schmitt, psychologue évolutionnaire à l’université Brunel de Londres et spécialiste de l’étude transculturelle des différences sexuelles, trouve l’hypothèse « vraiment bizarre » selon les propos recueillis par Peggy Sastre.
Michel Raymond, directeur de recherche au CNRS et responsable de l’équipe Biologie Évolutive Humaine au sein de l’Institut des Sciences de l’évolution de l’université de Montpellier qualifie ainsi cette théorie de « fumeuse ».

Peggy Sastre a également interrogé Robert Trivers. Et, pour celui qui est considéré comme « le Darwin du XXe siècle », l’hypothèse de Touraille est du « grand n’importe quoi, du début à la fin. Le dimorphisme sexuel n’a pas commencé avec notre lignée à l’époque paléolithique –les mâles sont plus grands et plus gros que les femelles chez TOUS nos plus proches cousins, que ce soit chez les deux espèces de chimpanzés, les gorilles ou les orangs-outangs. Ce qui équivaut à 17 millions d’années d’histoire, avec un dimorphisme sexuel produit de la sélection sexuelle. Chez les grands singes, seuls les gibbons présentent un dimorphisme sexuel faible –et encore, qui va dans la même direction– et ils sont connus pour être fortement monogames ».

Après une telle démonstration de l’absence de déontologie journalistique de L’Obs et de France Info. Ne reste plus qu’à espérer que la sélection naturelle fasse son œuvre parmi quelques éléments des rédactions coupables d’obscurantisme…

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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1 COMMENTAIRE

  1. L’article précisait que les femmes avaient été privées de protéines et de graisses… expliquant même l’appétence des femmes pour la salade…! Comme médecin et scientifique je ne peux que m’esclaffer devant de telles conneries ! Je suis cependant en accord avec une chose : la consommation de graisses est indispensable à la bonne formation des phospholipides, éléments constitutifs fondamentaux de la matière cérébrale. On voit , hélas, dans cet article et ses reprises journalistiques les résultats d’une telle privation.

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