27/12/2017 – 07h00 Paris (Breizh-info.com) – Mercredi 13 décembre 2017, les trois médiateurs remettent la synthèse de leur rapport concernant le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et ses alternatives au Premier ministre Édouard Philippe ; ce document de 67 pages est intitulé « Où atterrir ? ». Ce qui sous-entend qu’on peut atterrir ailleurs qu’à Notre-Dame-des-Landes !

Voilà qui rebat les cartes puisqu’il était prévu par les élites politiques et économiques qu’il n’y avait pas d’autres solutions que la construction du nouvel aéroport (coût estimé à 940 millions d’euros). Or les trois médiateurs ont présenté deux options « raisonnablement envisageables » : le maintien du projet en l’état (deux pistes) et le réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes – Atlantique (coût estimé à 595 millions).

Après la remise du rapport, tout le monde a compris que l’abandon de NDDL était programmé à l’Élysée et à Matignon. Reste à  imaginer un habillage susceptible de faire avaler la pilule aux décideurs locaux. Conscient des secousses que ce choix provoquera chez les élus, Édouard Philippe a rappelé, à cette occasion, la nécessité de « faire de la pédagogie ». D’autant plus qu’il y aura bien « une décision claire et assumée par le Gouvernement. » (Le Monde, vendredi 15 décembre 2017). Qu’on se le dise !

De la « pédagogie », il en faudra au Premier ministre car les élus appartenant au Syndicat mixte aéroportuaire n’ont pas digéré le rapport des médiateurs en faveur de la solution réaménagement de l’actuel aéroport.

D’où un  courrier courroucé expédié par eux au président de la République dans lequel ils dénoncent « des éléments erronés ». « On ne sait pas qui paiera Nantes – Atlantique. [les médiateurs] n’ont en tout cas aucune légitimité à dire que ce seront les collectivités », soulignent-ils (Presse – Océan, mardi 19 décembre 2017). Bref, les collectivités membres du SMA (Région Pays de la Loire, Région Bretagne, Ville de Nantes, Département de Loire-Atlantique, etc.) sont entrées en rébellion contre le Président et l’État et refusent d’impacter un euro dans l’option réaménagement. C’est Philippe Grosvalet, président du coneil départemental de Loire-Atlantique et président du SMA, qui résume le mieux leur position : « L’option Nantes-Atlantique  est une impasse. D’abord pour le développement du territoire.» Ensuite parce que « c’est une impasse juridique ». Au final, très en colère, M. Grosvalet estime qu’«un président qui ne tiendrait pas compte de cela [les arguments des partisans de la construction de NDDL] ne pourrait pas revendiquer d’être un homme d’État. » (Presse Océan, jeudi 14 décembre 2017). Bigre !

Cette fâcherie relève d’avantage du coup de menton (Retenez-moi où je fais un malheur !) que de la conviction profonde. Car les élus sont les premiers à savoir qu’ils évoluent dans un système centralisé qui réduit les collectivités territoriales à la condition de vassaux. C’est l’État – donc Paris – qui leur verse dotations, subventions, aides diverses indispensables à leur fonctionnement et à leurs investissements. Par conséquent, les élus sont habitués à tendre la sébile. On les voit donc mal croiser le fer avec Édouard Philippe à propos de NDDL.

La phase « pédagogie » initiée par Édouard Philippe se transformera rapidement en exercice de négociation. Il ne peut en être autrement dès lors que Johanna Rolland sait qu’elle aura besoin d’une participation de l’État pour construire une nouvelle ligne de tramway à Nantes. Même situation à Rennes pour Nathalie Appéré : sans financement de l’État, pas d’achèvement de la seconde ligne de métro. La politique c’est d’abord une question de rapport de force et de gros sous.

Bernard Morvan

Photo : Kevin.B/Wikimedia (cc)
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5 Commentaires

  1. Non seulement les élus (une grande partie d’entre eux, du moins) refusaient d’envisager une autre solution que Notre-Dame-des-Landes, mais depuis des dizaines d’années ils ont livré des « informations » toutes destinées à accréditer l’idée qu’il fallait construire de toutes pièces un nouvel aéroport. On dirait que la consommation d’espace naturels est le seul type d’aménagements qu’ils puissent imaginer. Ils sont entrés dans une voie sans issue et ils trépignent sur place à l’idée que le bétonnage de NDDL pourrait leur échapper.
    Derrière leur fureur, il y a peut-être davantage que de l’amour-propre blessé et des intérêts financiers compromis. Ceux qui se sont le plus nettement engagés en faveur de NDDL vont aussi se trouver fragilisés politiquement. L’argument NDDL sera sûrement agité lors des prochaines élections municipales. Si le gouvernement choisit de réaménager Nantes Atlantique et s’y prend promptement, il y aura d’un côté les élus sortants de la vieille droite et de la vieille gauche qui ont agité un projet pendant des décennies sans arriver à rien, et d’un autre côté des candidats « marcheurs », soutien d’un gouvernement qui aura fait quelque chose bien plus vite et pour bien moins cher. Là, pour le coup, François de Rugy aura toutes les chances de devenir maire de Nantes.

    • Absolument n’importe quoi: NDDL se fera pour la simple et bonne raison que c’est la solution la moins chère, qu’il serait trop long d’autoriser Les travaux d’amenagement De NA, qui eux même seraient certainement refusés, et qui fâcheraient la majorité des élus locaux avec le gouvernement. C’est aussi simple que ça et la dernière étude commandée par le SMA auprès d’Ernest and Young est formelle, objective et exhaustive. Penser que tous les élus sont tous pourris ou appartiennent à l’ancien temps, cela s’appelle une caricature! Beaucoup d’elus Locaux pensent avant tout aux intérêts de leur région. En plus dans les 2 cas la Zad sera évacuée, alors le gouvernement aura plus à perdre d’abandonner que d’adouber le projet. C’est factuel.

  2. Et pareil pour le 3e pont de Loire (CG44, région) et le doublement du périph de Nantes de Cheviré à la route de Paris (Nantes, Métropole)…

  3. Comment le Président pourra t il justifier à l Europe le maintien de Nantes Atlantique alors que celle ci vient début décembre dd emander à la France d adopter des actions sur le bruit ambiant?
    Le bruit est source de plus de 10000 décès par an: ce n’est pas un combattant ecologiste bizarre?

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